Nine Inch Nails – Add Violence EP

Nine Inch Nails – Add Violence EP

Alors qu’il avait mis en sommeil pendant quelques temps l’entité Nine Inch Nails, préférant s’adonner aux plaisirs moins exposés de la bande originale avec son ami Atticus Ross (ou même avec Mogwai sur le documentaire de Di Caprio, Avant le déluge), Trent Reznor a depuis la fin de l’année dernière décidé de donner une suite à la carrière de son groupe mythique. Une nouvelle enthousiasmante pour un résultat bien mitigé. L’EP Not The Actual Events renouait avec des chansons certes plus torturées que sur Hesitation Marks mais oubliait de nous inviter dans son univers. Il n’y avait rien de foncièrement mauvais là-dedans, mais trop peu qui nous incitait à la réécoute, le tout demeurant très impénétrable. Add Violence étant annoncé comme la deuxième partie d’une trilogie (bouclée en principe à la fin de l’année) on était en droit de nourrir des inquiétudes légitimes. Atticus Ross est toujours de la partie et on peut aisément l’imaginer en partie responsable de ces chansons qui oublient d’en être, lui le tisseur d’ambiances, dont la musique est davantage faite pour accompagner des images. Le premier morceau de cet EP balaie d’entrée de jeu cet état de fait. « Less Than » ressemble à du pur NIN : synthé tapageur, guitares en arrière-plan avant de reprendre leurs droits sur un refrain destiné à être scandé (un peu trop peut-être). Indéniablement efficace, ce single pêche toutefois par son manque d’audace tant il sonne comme du « vieux NIN ». Mais du vieux NIN plutôt bien foutu est toujours mieux à prendre que du faux NIN. « The Lovers », lente complainte de Trent sur fond de bidouillages synthétiques, fait retomber notre niveau d’excitation. Rien d’infamant mais il ne s’y passe pas grand chose. La vraie perle de cet EP, et sans doute le meilleur morceau depuis quelques temps, se nomme « This Isn’t The Place ». Un décor qui se plante lentement mais sûrement, un univers captivant et la voix de Reznor, délicate et touchante. De la belle ouvrage, vraiment. Un morceau qui porte bien son nom puisqu’il aurait très bien pu figurer sur The Fragile par exemple, où il n’aurait pas dépareillé et aurait été bien mieux accompagné. A côté de ça, « Not Anymore » renoue avec un univers indus mais ressemble à du « vite écrit, vite plié », quand « The Background World » parait tout aussi paresseux et dérive sur un final bruitiste de près de 7 minutes parfaitement inutile. Moins avare en mélodie que le trop rustre Not The Actual Events, Add Violence ajoute surtout un peu d’intérêt à ce Nine Inch Nails qui se cherche encore mais qu’on finira peut-être par retrouver totalement sur le troisième EP....

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Jason Loewenstein – Spooky Action

Jason Loewenstein – Spooky Action

Dans la famille Sebadoh, je demande le petit frère, celui qui est arrivé après, qui a appris avec les deux grands et qui mine de rien a fini par apporter sa touche et composer certains des meilleurs morceaux du groupe (on citera au moins « Careful »). Visiblement enthousiasmé par les retours sur sa contribution au dernier album du groupe, Jason Loewenstein s’est remotivé à composer pour lui-même et nous offre donc un nouveau disque solo. Quatre ans plus tard, certes, mais on peut quasiment être certain que celui qui a les mêmes initiales que notre rédac chef a tout peaufiné ou presque de ses petites mains, délicatement, comme un humble artisan, pour nous offrir ces 12 titres + 1 intro. À l’instar de son partenaire, la musique de J-Loe est très personnelle, et on reconnait sa patte dès les premières notes de « The One ». Et de fait, les chansons de Spooky Action sont dans la parfaite lignée de ce qu’il fait avec Sebadoh : le pendant plus punk et écorché du groupe, des petits brûlots pliés en 3 minutes, jamais dénués de mélodies subtiles ni de maitrise de la guitare. Le problème qui en découle, c’est qu’on pourra facilement en déduire que Loewenstein ne prend aucun risque, reste dans sa zone de confort et se contente de reproduire 12 fois la même formule. Pour ma part, mais c’est peut-être le fan qui parle, proposer un disque entier de titres aussi cool que ceux qui agrémentaient Defend Yourself, c’est déjà énorme. Et il faudrait vraiment jouer les fines bouches pour snober un plaisir pareil. Pire, une grande force que partagent les deux compères de Sebadoh, c’est que leurs chansons marchent encore mieux à rebours. Vous écoutez le dernier Sebadoh, vous laissez reposer et, un peu plus tard, vous vous rendez compte que vous avez encore pas mal de morceaux dans la tête. Quelque mois après, vous vous rendez compte que c’est un des meilleurs albums de l’année. Quelques années après, vous êtes forcé d’admettre que le groupe a encore lâché un classique qui vous suit au fil du temps. Aujourd’hui, Spooky Action n’est qu’un album très sympa que je prends un grand plaisir à écouter. Depuis quelques temps, je me rends compte que « Machinery », « Superstitious » ou « Hey Hey » me trottent inlassablement dans le crâne. D’ici décembre, il est fort possible qu’il se retrouve dans mon top 3 !...

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Body Count – Bloodlust

Body Count – Bloodlust

Voilà un disque qui a le mérite de traumatiser les esprits et de régaler les amateurs de sensations fortes. Âmes sensibles s’abstenir. Je scinderai en deux parties la fougue dévastatrice que Body Count nous jette à la gueule. D’une part, la brutalité extrême qui ressort de certains titres, notamment lorsque les pontes du métal viennent leur prêter main forte. Car oui il y a du beau monde sur ce Bloodlust. Commençons par « Walk With Me… » où Randy Blythe de Lamb of God apporte une sacrée dose d’adrénaline. Vous sentez des palpitations cardiaques, rassurez-vous c’est normal ! Rien de tel également qu’une bonne reprise, certes très conventionnelle mais toujours aussi efficace de Slayer (« Raining Blood »), on le verra plus comme un hommage, à un groupe qui compte énormément pour Ice T. D’autres invités de taille sont là, ni pour blaguer ni juste pour faire figuration. Max Cavalera que l’on ne présente plus, scande le refrain de « All Love Is Lost » puisé au fond de ses entrailles. Pas d’amour là-dedans. La violence est de mise, et Body Count nous le fait savoir dès « Civil War », premier titre de cet album qui voit le leader de Megadeth pondre un solo comme il sait les faire. Qu’on aime ou pas, on valide cette entrée en matière. Voilà pour la partie la plus dark et trash. Une autre facette plus commune à Body Count car elle définit beaucoup mieux le style du groupe depuis ses débuts, une fusion rap/métal au groove imparable qui n’apaise pas pour autant nos tympans. Oui Body Count s’en sort très bien sans guest et tant mieux, à commencer par l’excellent et accrocheur single « No Lives Matter ». La police en prend pour son grade sur  » Black Hoodie », petit clin d’œil à un grand nom du rap cette fois-ci, KRS-One, qui s’est vu subtiliser avec brio son légendaire refrain « Woop-woop! That’s the sound of da police!« . Un titre encore une fois méchamment puissant et addictif. Autre bombe « This Is Why We ride », Ill Will y martèle ses fûts au rythme des balles, Ice-T a déclaré la guerre, on assiste à un véritable carnage dans les rues de L.A. Ice-T et sa bande n’ont pas perdu l’énergie des débuts, et prouvent que l’alliance du rock et du rap que l’on pensait totalement enfouie sous terre depuis au moins 15 ans, a finalement encore de beaux jours devant elle. Dans la même veine, Prophets Of Rage, réunissant des membres de Cypress Hill, Rage Against The Machine et Public Enemy, commence à faire bon usage de leurs forces respectives, certes dans une mouvance moins hardcore que Body Count, mais aux discours toujours aussi engagés. En tout cas une chose est sûre Body Count...

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Kyuss – Blues For The Red Sun

Kyuss – Blues For The Red Sun

Un bourdonnement au loin, une tornade qui approche. En plein milieu du désert. Puis la déflagration « Thumb ». Kyuss se pointe en 1992 avec son deuxième album qui va en secouer plus d’un. Embauché à la prod, la brute aux doigts de fée Chris Goss (Masters Of Reality) les propulse dans une nouvelle dimension. Le son de Blues For The Red Sun pèse six tonnes sans négliger pour autant la finesse et la sophistication. L’époque Wretch est révolue, Kyuss boxe désormais dans la catégorie très lourds. Josh Homme ne se prend pas encore pour Elton John, il ne pense qu’à faire cracher à sa gratte un son pachydermique. Branchée sur un ampli de basse, accordée « plus bas que ça tu meurs » elle le lui rend bien et cause de sérieux dégâts alentour. Brant Bjork fracasse du fût tel un bûcheron bien décidé à faire un massacre, John Garcia gueule comme un forcené avec la rage d’un vieux punk vissée au corps et Oliveri complète la dream team avec des lignes de basse gargantuesques ou rondouillardes, selon l’humeur. Le red sun tape fort sur la casaque de ces rockeurs complètement stoned et se voit offrir des compos qui sentent la poudre, les trips enfumés et la Corona trop chaude. Blues For The Red Sun possède un quota (un QOTSA huhu) de bombes assez inhumain. Ne sens-tu pas tes enceintes vrombir sur l’intro de « Green Machine » ? Et comme une envie irrépressible de headbanger seul au volant de ta décapotable quand la cavalcade s’amorce, portée par la frappe lourde de Bjork et les beuglements de John Garcia ? « I’ve got a war inside my head » clame-t-il (coucou Mike Muir) et nous, on a pris un méchant coup sur la casaque avec ces deux fabuleux premiers titres. Mais la démonstration de force ne s’arrête évidemment pas là. « 50 Million Year Trip (Downside Up) » coche toutes les cases : riff surpuissant, pont groovy, lentes divagations psychées finales. Tu vois, ça mon enfant, c’est du stoner. Et ça poutre. On ne se remettra jamais vraiment non plus de cette intro monumentale de « Thong Song » que d’aucuns jugeraient la plus cool de l’univers. John Garcia dit avoir horreur des « slow songs », ses comparses ne lésinent pourtant pas sur les longs jams hypnotiques (« Apothecaries’ Weight », « Writhe », « Freedom Run », l’instrumentale « Molten Universe » joyeusement heavy). En fin d’album le riff carnassier de « Allen’s Wrench » ferait passer bon nombre de groupes metal burnés pour des petits joueurs. Ici il passerait presque inaperçu après s’être fait ravager par les monstres sus-cités. Soutenue par les cris étouffés de Garcia, l’habitée « Mondo Generator » (qui donnera son nom au prochain groupe de Nick Oliveri), conclut de manière épique un disque qui ne l’est pas...

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DJ Shadow – The Mountain Has Fallen EP

DJ Shadow – The Mountain Has Fallen EP

DJ Shadow nous balance un nouvel EP, il fut un temps où j’aurais sauté de joie, et me serais empressé de l’écouter. Sauf que le Monsieur ne m’a pas époustouflé depuis un bail… Ça doit remonter à The Private Press. Oui je sais je suis vache, mais pour le coup quand j’écoute Shadow avec plaisir c’est avec ce dernier et Endtroducing. Voilà donc un EP de 4 titres, je me suis laissé tenté après avoir lu quelques éloges. Et puis Nas en featuring, je me suis dit que ça pouvait être classe… Faux départ avec « Systematic ». Nas a beau faire le taf, a beau être l’un de mes rappeurs préférés, pourtant capable d’enflammer une salle a capella, il se heurte ici à une instru qui ne mérite pas son talent. Totale déception. Au tour de Danny Brown de poser (« Horror Show »), je ne le connais pas trop, et j’avoue que la surprise est de mise. Un flow bien particulier qui n’est pas sans rappeler le rap froid et hybride de Cannibal Ox et les sommets du label Definitive Jux. Shadow pour le coup semble retrouver une belle inspiration. Encourageant. On aurait aimé meilleure nouvelle que ce « Good News » qui n’aura pour effet que de vouloir se coller la tête dans le mur, Si vous pensiez que la MPC et Dj Shadow ne faisaient qu’un, il s’avère que la machine a fait des siennes sur ce coup là, la montagne n’est pas la seule à être tombée… Sur « Corridors » on retrouve l’âme profonde du DJ capable du meilleur, quand il veut. On y est, là où on veut que sa musique nous emmène. Fermer les yeux et avoir des étoiles plein la tête (vous me direz normal après avoir pris un mur en pleine face…) et cerise sur le gâteau il nous offre même un final complètement fou. Bilan très mitigé tout de même… Et oui Monsieur Shadow, on ne peut qu’être exigeant avec un Maître. Je vais de mon côté aller écouter du Danny Brown qui, lui, ne m’a pas laissé de marbre....

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La Canaille – 11.08.73

La Canaille – 11.08.73

Avis aux amateurs d’histoire dont la culture hip hop laisse à désirer. La Canaille nous offre avec « 11.08.73 » un récit de la naissance du genre sous la patte de Kool Herc, lors d’une block party dans les rues du Bronx. Un titre brillant à la hauteur de son ambition, sur une instru chaloupée et saccadée. Avis aux amateurs d’histoire de France qui ne la connaissent qu’à travers les manuels à haute dose patriotique. La Canaille nous dresse un portrait peu reluisant de cette répugnante République, revenant sur le passé peu glorieux de notre chère nation (« République »). Et c’est pour le moins salutaire. Avis à ceux qui portent un regard critique sur les forces de l’ordre, La Canaille nous délivre un texte acéré sur les violences policières (« Sale Boulot ») sans jamais verser dans le racailleux ou la facilité. Avec justesse. Avis aux amateurs d’oeuvre collective, La Canaille invite ici d’autres MCs (Mike Ladd, Bukowski, JP Manova) qui partagent sa vision, que d’aucuns jugent désuète. Comme une belle équipe de résistants, clamant haut et fort sa différence à l’égard de la merde ambiante qui monopolise les ondes et les bacs (« On partage les mêmes bacs et c’est pas faute de l’reprocher/Des sous-labels de sous-labels de vendeurs d’illusions/Et tu prends toute la place dans le canal de diffusion/Tu mets d’la merde dans les oreilles à force on s’habitue/Ça commence tôt le formatage, à qui l’dis-tu ? » sur « Du Bruit »). Avis à ceux qui cherchent un peu d’émotion dans ce monde brut, La Canaille vous ravira avec le magnifique « Accalmie » qui clôt l’album sous la voix de Sofiane, auditeur assidu du groupe qui leur a adressé une lettre des plus poignantes, remerciant leur musique de panser ses plaies. La Canaille nous offre donc beaucoup encore une fois, porté par la plume virevoltante d’un Marc Nammour qui n’abandonne pas le combat. Ton posé, discours militant, les textes brillent par leur intelligence et demandent du temps pour être digérés. Marc Nammour n’a pas besoin de s’égosiller ou de partir à la quête d’une punchline vide de sens. Il est au-dessus de la mêlée, de ce rap à gober à la vitesse d’un épisode de Bref. Et à oublier aussi vite. Musicalement, les machines sont un peu plus en avant que les instruments (rappelons que Marc Nammour est accompagné d’un groupe de musiciens, ô combien talentueux soit dit en passant). Peu d’instrus sortent ici du lot (exceptions faites des formidables « Connecté » et « Parler Aux Inconnus ») celles-ci préférant sans doute s’effacer devant le poids des mots. Avis aux amateurs de vrai rap à la recherche d’authenticité, La Canaille fait toujours partie de cette catégorie à part et il vient encore de le prouver....

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe

King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe

La fin du monde approche ! Ce n’est pas moi ou Paco Rabanne qui l’annonce mais les King Gizzard & The Lizard Wizard en personne. Pour nous en persuader, ils nous livrent le 2e de leurs 5 albums prévus cette année, Murder Of The Universe, aux allures de récit de héroïc fantasy en trois tomes. Et effectivement, il y a de quoi flipper à l’écoute de ces 3 contes terrifiants lus/chantés/hurlés par Stu McKenzie, accompagné de ses habituels comparse chtarbés et d’une narratrice (Leah Senior) qui prend sa tâche très au sérieux. Fuyez jeunes fous, mais avant cela, écoutez ce disque. Le premier récit prend très vite la forme d’une cavalcade effrénée pour s’arracher des griffes de cet abominable « Altered Beast ». Après l’escapade orientale Flying Microtonal Banana moins barge (encore que), King Gizzard nous refait le coup des boucles interminables (relire les chapitres I’m In Your Mind Fuzz et Nonagon Infinity) à base de guitares déchainées, de rythmique hystérique et d’harmonicas hurleurs. La folie qui émane de ces compos est très contagieuse, l’oeuvre est haut perchée et on a envie de soutenir corps et âme Stu qui ne se dégonfle pas face à l’Altered Beast (« I see you/I want to/Seize your brain/I’d like to/Put it in my head »). Mais l’objectif de l’Altered Beast n’est pas de terrasser Stu mais de prendre possession de lui, de rentrer dans son esprit. Et à la fin de cette lutte de tous les instants aussi éprouvante pour lui qu’exaltante pour nos esgourdes, le combat est perdu comme le lui rappelle l’Altered Beast (« You lost your will and your sanity/You certainly lost your humanity/Now it’s your turn to give back to the Earth/May you return to the ground and ossify/It’s time for you to die, die, die »). C’est l’heure du second récit. Nouveau duel fratricide, qui met aux prises cette fois « The Lord Of Lightning » à « The Balrog ». Un nom tiré du Seigneur des Anneaux, auquel on pense fort d’ailleurs dans cette aventure épique face à des forces supérieures. L’ambition des King Gizzard n’a plus de limite, leur son, qui passe sans complexe à la moulinette metal, space rock, et psychédélisme, fracasse tout et efface presque à lui seul leurs précédentes oeuvres déjà protéiformes (malgré des réminiscences en forme de clins d’oeil appuyés à Nonagon Infinity). Après ce raz-de-marée dévastateur, il ne reste plus grand chose sur terre. La narratrice a été balayée et remplacée par une voix robotique pour ce troisième et ultime conte. La voix d’un cyborg du nom de Han-Tyumi (anagrame de Humanity, qui, elle, semble avoir disparu au profit de l’ère technologique). « Digital Black » annonce la couleur, carrément metal. L’heure de l’extermination. On pense alors que King Gizzard va verser...

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Ten Years After – Cricklewood Green

Ten Years After – Cricklewood Green

J’ai machinalement lancé la lecture du LP de 1970 de Ten Years After sur une de ces horribles plate-formes digitales « all you can eat » avant d’aller changer la couche sale du petit dernier. Concernant ces plate-formes, je crache dans la soupe, je sais que ça permet des decouvertes – la preuve ! – et alors ? ‎On n’a plus le droit d’etre empêtré dans ses contradictions ? Une autre ? Avoir toujours été attiré par les sorties de 70 et 71 sans avoir jeté une oreille à ce Cricklewood Green. Bref, j’en étais au 2nd pipi-fontaine sur mes pompes quand mon oreille se tend. Qu’entends-je ? On dirait « Sympathy For The Devil » sans l’être. Après un début plutôt floydien, après un petit pont au clavecin, la section rythmique attaque réellement, c’est parti, « 50,000 Miles Beneath My Brain » ! C’est pompé à mort, même structure épique, le mot « Lucifer » est remplacé au même moment par « Jupiter », manque que les Woo Wooo. Alvin Lee enchaine les solos et on voudrait que ça ne finisse jamais mais ça se finit et j’explore le reste, en chaussettes. « To No One » est du pur Blue Cheer mieux produit et plus rapide. Les cris d’Alvin pendant les solos s’entendent à peine, on dirait un condamné criant son désespoir depuis des oubliettes. « Sugar The Road », intro géniale de dénuement, la basse ne débarque qu’en 48ème seconde. « Working On The Road », la grande cavalcade, un morceau « 130 » comme dirait un ami, à savoir : n’ecoute pas ça en conduisant parce que tu seras forcément au-dessus de 130 à la fin. Puis, cet orgue omniprésent sur ces deux morceaux en « Road »… ‎ Voilà pour l’essentiel, le reste est bien foutu et se laisse écouter. « Love Like A Man » notamment, même si c’est censé être un peu le single du LP mais pas le plus percutant, je trouve. Écoutez ce Cricklewood Green pour ce qu’il est, un excellent album d’un groupe trop connu pour le très niais « I’d Love To Change The World ». Voilà, ça me fait une revue Classic Rock au compteur, peut-être d’autres dans un avenir indéterminé !.....

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Ride – Weather Diaries

Ride – Weather Diaries

Voilà qui est embarrassant. On a tellement adoré Ride qu’on aurait bien aimé ne pas avoir à sortir la sulfateuse pour parler de leur nouveau disque. Mais là, ils ne nous ont pas laissé trop le choix. Comment voulez-vous qu’on passe sous silence un refrain aussi lourdaud que celui de « Charm Assault » (qu’ils ont même osé envoyer au front, en single. Courageux.) ? Comment tolérer une intro aussi hideuse que celle de « All I Want » (tentative électro calamiteuse, qui nous suit, comble de l’horreur, tout le morceau…) ? Comment ne pas capituler face à ce « Rocket Silver Symphony » qui sonne comme du mauvais Air ? De l’air, il nous en faut un peu et, heureusement, ce disque offre quelques bouffées d’oxygène salvatrices, nous rappelant que Ride a écrit de très grandes chansons et qu’il est encore capables d’en composer quelques bonnes. Comme ce « Lannoy Point » accrocheur en ouverture, même s’il reste plus gentiment confiné dans la catégorie dream pop que shoegaze. « Cali », en sus du rire nerveux généré par son titre, nous offre une mélodie enthousiasmante. Poursuivons la distribution des (rares) bons points avec la rêveuse « Home Is A Feeling » ou « Weather Diaries » qui ose enfin sortir des rails pour partir explorer le royaume du bruit (qui leur était si familier auparavant). Ouf le marasme n’est donc pas total. Mais, alors qu’on pensait pouvoir éviter le jugement fatidique de justesse, le dernier morceau, « White Sands », lénifiant à souhait (s’étalant laborieusement durant 6 longues minutes) nous en dissuade. Non vraiment on ne sait pas trop quoi faire de ce disque, mais on sait au moins quoi en penser : il vaut mieux l’oublier....

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Personal and the Pizzas – Personal and the Pizzas

Personal and the Pizzas – Personal and the Pizzas

L’intro/speech du chanteur marquera l’histoire du punk à la sauce Little Italy. Ambiance « J’les mets sur la table et j’vais t’apprendre la vie, ya lil’ square!« . Et ça continue sur tout l’album. Genre, quand le mec fait son solo de gratte, il peut pas s’empêcher : « So, wha dya think ’bout that, uh?!« . Ça sent un mélange d’origan et de bibine bon marché, de mozza et de sniffin’ glue. Mes préférées font penser aux Zeros avec ce côté lo-fi et répétitif, je pense à « Rock and Roll » et « Joey Quit the Pouch ». Ça serait réducteur (et bateau) de citer le MC5 (« Brain Damage ») et Joey Ramone (« Bored Outta my Brains »). « Concentration Camp » est dans la lignée des Forgotten Rebels avec leur « Nazis », de très bons tracks avec du vrai mauvais goût dedans. Puis, ce moment de grande tendresse, « Joanie » à la fin de laquelle une Peroni traverse le studio et va s’éclater contre le mur… « The greatest freakin band in the world« ! Ils le disent eux-mêmes. En attendant, le « world » les attend de pied ferme, mais pas dans une belle salle aux normes et avec de beaux verres en plastique, non… plutot dans un sous-sol mis à dispo par le cousin du voisin de la belle-soeur du patron qui a un petit arrangement avec les flics locaux. Finissons par leurs propres paroles de sagesse, « you ready to learn something? So listen up, you little brat. All you gotta do is start smokin, start drinkin, start fightin and keep on eatin pizzas, lotsa pizzas. And one day, ya’ll be just like us, Personal and the Pizzas!!! » Manu...

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