DISCO EXPRESS #2 : Beastie Boys

DISCO EXPRESS #2 : Beastie Boys

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music! Licensed To Ill (1986) : “here’s a little story i’ve got to tell about…” Ça commence par un riff bien gras, ça sample les Clash, Led Zep… Une évidence : les Beastie ne sont pas comme les autres. Alter egos blancos de Run DMC, anciens punks chapeautés par Rick Rubin qui va les propulser dans une autre dimension, les trois MCs sont avant tout des potes avec une gouaille d’enfer et ce disque, avec ses imperfections, ses délires à la con (« Girls » qui postule parmi les textes et l’instru les plus débiles de l’histoire), ses tubes immortels (« Fight For Your Right », « No Sleep Til Brooklyn », « Brass Monkey ») est surtout un énorme kiff basique, sans calcul, rentre dans le chou. JUBILATOIRE. Paul’s Boutique (1989) : franchement enchainer là-dessus, c’est la grosse classe. Après la machine à tubes et la popularité soudaine, les Beastie se maquent avec les Dust Brothers, samplent à tout-va et ne se fixent aucune limite (ils pillent même les Beatles sur « Sounds Of Science »). Résultat, c’est moins accessible, fourre-tout à mort, beaucoup plus groovy/funky que rock teigneux mais toujours aussi génial. Les délires sont toujours là (improbable « Egg Man », le country « Johnny Ryall »), la folie est palpable (« Hey Ladies »), le génie est partout (« Shake Your Rump », « Shadrach »). Ultime preuve, cette “Bouillabaisse” finale de plus de 12 minutes qui part dans tous les sens, et toujours dans le bon. On a déjà compris que les Beastie et nous, c’est pour la vie. Check Your Head (1992) : ce n’est clairement pas celui que j’ai le plus écouté et je ne me l’explique pas vraiment (moins aventureux que Paul’s Boutique ? Ah bon. Moins tubesque que Licensed To Ill et Ill Communication. Vraiment ?) car objectivement… QUELLE TUERIE ! Que ce soient les sensationnelles « Pass The Mic », « So What’cha Want », la punky « Time For Livin’ », les instrumentales groovy en diable « Something’s Got To Give », « In 3’s », « Groovy Holmes »… Rien ne ressemble plus à un morceau des Beastie Boys qu’un autre morceau des Beastie Boys et pourtant il n’existe aucune formule magique tant leur spectre est large. Ill...

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DISCO EXPRESS #1 : Sonic Youth

DISCO EXPRESS #1 : Sonic Youth

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music! Sonic Youth (1982) : je suis toujours surpris de me rappeler que les débuts du groupe sonnaient très post punk. Les lignes de basse de « The Good and The Bad », « Burning Spear » et « I Dreamed I Dream » (peut-être le meilleur morceau), on pourrait prendre ça pour du PIL ou du early Cure. À part ça, ça ne déborde pas de mélodies (doux euphémisme) et le chant est peu présent. Il y a un côté cauchemar hitchcockien sur « I Don’t Want To Push It » avec des grattes hyper intenses et anxiogènes qui passeraient volontiers pour des violons. Ça triture, ça divague, ça fait mumuse avec les tournevis, ça se paluche sur Glenn Branca et Andy Warhol… Intéressant, c’est le mot. Pas non plus captivant. L’album ne comporte que 5 morceaux mais j’ai écouté la version rallongée avec les lives et on ne va pas se mentir, j’ai eu un peu de mal à réfréner les bâillements. Confusion Is Sex (plus Kill Yr Idols EP) (1983) : « (She’s In A) Bad Mood » est d’emblée plus percutante, les guitares s’affirment davantage. « Protect Me You » est assez hypnotique avec une Kim qui chuchote. Ils arrivent aussi à faire plus crade que des enregistrements pirates de « I Wanna Be Your Dog » et Iggy passe pour Elvis à côté des vociférations de Kim. La basse de « Inhuman » matraque, le chant est sous-mixé comme pas possible. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir (morceau-titre assez éprouvant). J’ai relevé la tête et l’ai agitée compulsivement sur « Brother James » (on est donc passé à l’EP Kill Yr Idols) mais il est probable que ce soit parce que j’ai poncé 1991, The year punk broke. En résumé, moi : « Je peux entrer ? » Le groupe : « non, mon petit, il va falloir encore patienter ». Bad Moon Rising (1985) : pas (encore) de révolution. Longs errements de Thurston pendant que les guitares tricotent autour de lui (« Society Is A Hole »), c’est toujours très expérimental et couvert de bruit, de la musique quasi hallucinogène sur « I Love Her All The Time ». Cela reste très arty mais on entrevoit des éclaircies mélodiques (« I’m Insane » bien qu’un brin...

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