5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

  Nous avons eu l’immense plaisir d’interviewer Lee Ranaldo à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Electric Trim. En plus de pouvoir laisser libre cours au fan qui sommeille en nous, ce à quoi l’artiste s’est plié avec beaucoup de sympathie, il s’est prêté au jeu de notre interview 5 chansons 5 disques. Par manque de temps, malheureusement, journée promo oblige, nous n’avons pas pu parler de disques de son choix. Néanmoins, il n’a pas été avare en anecdotes sur les morceaux que nous avions choisis. D’après lui-même : « Oh, c’est vous qui choisissez les chansons ? C’est encore mieux, ça rend la chose super facile pour moi ! »   Lee Ranaldo – From Here To Infinity (1987) Je n’ai pas vraiment pu choisir un morceau sur ce disque, on va donc commencer avec un album complet. Vous comprenez pourquoi ? Oui (rires). Je m’en rappelle très bien. C’était une période où j’expérimentais beaucoup avec des boucles de cassette. On était chez Blast First, on devait faire Sister, à l’époque, on avait déjà sorti Bad Moon Rising et Evol et je disais au mec du label, en Angleterre, que j’expérimentais avec des enregistrements bizarres et que je ne savais pas quoi en faire. Il m’a répondu : « Pourquoi on n’en ferait pas un disque ? ». Je venais de New York, et en Angleterre c’était beaucoup plus facile de sortir un disque, du coup je lui ai répondu « Vraiment ? On peut faire ça ? » et lui « Oui, ramène tes cassettes et on va en faire un album solo. » Ça s’est monté ainsi. Je voulais vraiment garder l’idée de boucles de cassettes, donc chaque piste finit sur un locked groove, de manière à ce qu’elle soit potentiellement de durée infinie (NDR : un locked groove est un enregistrement sur le sillon qui sert à bloquer le bras, en général à la fin d’une face, ce qui crée une boucle de moins de 2 secondes qui se répète tant qu’on ne relève pas le diamant). J’ai fait les enregistrements à New York et quelques-uns dans les deux semaines où j’étais en Angleterre, et d’une certaine manière, c’était juste un projet expérimental. D’abord pour présenter mes enregistrements sonores, et en faisant des boucles. Pour faire ces boucles sur un vinyle, tu es en studio et le type doit appuyer sur le bouton qui crée la boucle, et tu ne sais jamais comment ça va sonner avant d’avoir écouté le pressage final, car tu ne peux rien changer une fois qu’il a fait ça. C’est vraiment tout ou rien. Du coup, c’était un projet vraiment sympa. Un des morceaux, « Lathe Speaks », a été fait pendant qu’ils gravaient la matrice du vinyle, je bougeais la bande entre les têtes de...

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Interview – The Richmond Sluts

Interview – The Richmond Sluts

Manu démarre: « Ok guys, my friend Marlon is gonna… » « …fuck us !! », m’interrompt un Sluts. Gros rire gras backstage. S’ensuit une discussion inédite sur les penis de scorpions qui se trouveraient à la base de leur dard, etc. Bonne intro ! Comment va la tournée jusqu’à présent ? (John Tyree, batteur, passe une tête et les autres lui disent de rappliquer pour l’interview. John semble dans un état second, ca promet… Back to the questions.) Excellent ! Ça se passe très bien. On revient d’Italie où on était pour la première fois. On a fait beaucoup de petits clubs avec toujours une très bonne interaction . Et après on débarque en France et là, c’est l’explosion ! » Pourquoi en France ? Je ne sais pas ! A toi de me le dire ! Peut-être avec notre premier LP dans les meilleurs albums selon Rock and Folk. Mais vous vous attendiez à cette popularité en Europe? Non pas du tout. On ne fait rien de nouveau en fait mais la seule différence est qu’en 2001, personne ne faisait ce qu’on faisait. Mais tout le monde s’en foutait. Nous, on répétait 3 fois par semaine. Et… on n’a fait qu’un album (rires). (Shea précise qu’il est batteur à la base mais qu’il s’est mis au chant et à la gratte après qu’on lui ait montré 2 accords de Chuck Berry, accords qu’ il joue tout le long du mythique premier album. Chris le vanne en expliquant que Shea est maintenant un incroyable guitariste. Ambiance bon enfant…) Que pouvez-vous dire du nouvel album ? Quand on est rentrés d’Europe il y a 3 ans, on a réalisé qu’on avait des fans et qu’on pourrait faire un nouveau LP (NDLR : 12 ans après le premier). On avait quelques chansons mais ça a mis du temps, avec des membres du groupe à L.A. et d’autres à San Francisco… En plus, ce n’est pas comme si on avait un label qui nous poussait. (Shea explique qu’il a monté son label pour l’occasion, que Mauvaise Foi Records allait aider et donc que les choses se sont mises en place.) Ce n’est pas trop difficile en concert de placer les nouveaux morceaux alors que tout le monde attend ceux de 2001 ? Les Sluts confirment que c’est un vrai sujet mais qu’avec 2 albums (et même 3 en comptant Big Midnight, version des Sluts avec juste Shea et Chris, ils peuvent maintenant jongler avec la setlist et jouer plus longtemps. Une conversation sur Big Midnight plus loin, ils expliquent que leur premier batteur résume la discographie des Sluts ainsi : « Le premier album était du sexe, le second de l’héroïne et le troisième, un bon gros joint ». (rires) On...

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5 chansons, 5 disques par François Corbier

5 chansons, 5 disques par François Corbier

À l’occasion de la sortie du documentaire « Des Traces Dans La Mémoire Des Masses » le 18 octobre et avant de pouvoir enfin revoir l’artiste à Paris (à la Sorbonne) le 24 du même mois, nous avons encore eu le plaisir d’échanger par téléphone avec Corbier sur 5 de ses chansons et 5 chansons d’artistes qu’il aime.     1 – Sans Ma Barbe (single, 1988) Cette chanson est partie d’un gag. Je cherchais des idées de chansons et celle-ci est venue facilement. J’avais envie de dire des âneries et ce thème s’y prêtait assez bien. À partir du moment où je n’ai plus de barbe, le monde est différent, c’était une blague. J’étais persuadé que quand j’allais montrer cette chanson au producteur Jean-Luc Azoulay, il allait la mettre de côté car elle ne voulait rien dire et qu’il prendrait plutôt les autres. Pas du tout, c’est l’inverse qui s’est produit. Il m’a dit « celle-là est vraiment rigolote, on va l’enregistrer. » Je suis tombé des nues, j’avais écrit une chanson pour déconner et c’est celle-là qui a été gardée. Il parait que ça arrive assez régulièrement qu’une chanson écrite sans conviction soit retenue par rapport aux autres. C’est assez cocasse.   Il y a un nombre de jeux de mots phénoménal dans cette chanson. J’aime bien faire des calembours, sans être un grand spécialiste. Pour cette chanson, je voulais surtout jouer sur les prépositions et les verbes, là où il devrait y avoir une préposition, j’ai mis un verbe ce qui crée un décalage un peu bizarre. C’était pas très compliqué à faire, c’était juste pour s’amuser. C’était l’idée de créer quelque chose d’assez surréaliste. Il n’y a pas de sens profond, mais ce qui est assez rigolo, c’est qu’il m’est arrivé de me faire engueuler par des gens qui me reprochaient un sens caché dans la chanson, de dire par exemple « il n’y a plus de consensus » en voulant dire « con sans suce », ce qui était tout à fait voulu. On me disait « vous devriez avoir honte de dire ça dans une chansons pour enfants ! », mais les gens qui me disaient ça sont des gens qui n’ont aucune connaissance du folklore, qui ne savent pas que les enfantines historiques sont 9 fois sur 10 destinées à des adultes. Il y a toujours eu et il y aura toujours des chansons destinées aux adultes qui tomberont dans les oreilles des enfants, qui s’ils sont bien élevés ne comprendront pas. Si les enfants comprennent, les parents ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.   J’avoue que le « Cuba sans cacao » m’a laissé perplexe pendant longtemps. Tu veux dire que ça te faisait rire ? Ah non, tu ne comprenais pas. Et bien, tu vois....

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Interview – Mogwai

Interview – Mogwai

Jour de fête de la musique, le soleil tape fort sur la capitale. Ce n’est donc pas tout à fait un jour comme les autres au sein d’un été parisien globalement bien pourri. Et ce n’est décidément pas un jour comme les autres puisque l’occasion nous est donnée d’interviewer les légendes post rock Mogwai dans un hôtel parisien. A l’époque on était encore un peu juste pour mesurer la pleine réussite qu’est leur nouvel album, Every Country’s Sun, mais on avait pu se rendre compte que derrière leur musique complexe se cache deux joyeux lurons qui se prennent très peu au sérieux.   « Il est temps qu’on ait des chansons pop, on en a marre de vivre dans l’obscurité de la classe moyenne, on a besoin d’argent pour s’acheter des châteaux »   Vous venez de jouer votre nouvel album en entier à Primavera lors d’un concert surprise. C’était la première fois que vous jouiez un album entier que personne n’avait encore écouté ? Martin Bulloch (batteur) : Non, ça nous est arrivé une fois avant. Stuart Braithwaite (guitariste) : on l’avait fait au Japon pour Hardcore Will Never Die, But You Will mais c’était le jour de la sortie. Martin : c’était le jour de la sortie donc les gens s’étaient réveillés tôt le matin exprès pour l’écouter avant d’aller nous voir jouer (rires). Cette fois personne ne l’avait entendu probablement.   Ça doit être une sensation particulière. Vous étiez un peu nerveux ? Comment le public a réagi ? Stuart : oui, j’étais nerveux. Mais le public était super, les gens ont aimé, je pense que ça a aidé que la scène soit assez loin. Les gens sont donc venus de loin pour nous voir jouer, ils n’avaient sans doute pas envie de repartir ensuite ! C’était bien, une expérience marrante ! C’était bien aussi pour nous parce que généralement on ne joue pas toutes les chansons d’un album donc c’était intéressant de le faire. Ça nous a mis en bonne position avant d’entamer une tournée normale. Martin : c’est bien aussi d’être face à des gens qui ont bon goût parce qu’il y a tellement de bonne musique à Primavera ! On n’y était pas allé depuis quelques années donc c’était – enfin je croise les doigts – une bonne surprise pour le public. Ils ont été prévenus trois heures avant. En tout cas j’ai aimé, et les gens ont applaudi (sourire).   Et maintenant vous savez que vous pouvez jouez tous les morceaux de l’album. Que vous en êtes capables ! Mais vous n’aviez pas de doutes à ce sujet j’imagine ? Stuart : certaines chansons sont vraiment calmes, je ne pense pas que ce soit...

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Interview – Slaves

Interview – Slaves

Slaves, à ne pas confondre avec le groupe américain de post-hardcore expérimental… Slaves c’est le vrai punk britannique ! Le duo de Kent, formé par Laurie Vincent (guitare/basse/chant) et Isaac Holman (batterie/chant), a la parole libre et bien des choses à dire. Leur album Are You Satisfied? nous avait comblés… Il en a été de même avec le dernier en date, Take Control, qui comprend une collaboration avec Mike D des Beastie Boys. Du pur punk rageur et abrasif qui crache allègrement sur notre société contemporaine. Il nous tardait donc de les questionner. Et nous avons sauté sur l’occasion lors de leur venue au festival This Is Not A Love Song.   « Le Brexit ? Un vrai pas en arrière pour l’humanité. La politique dans notre pays est complètement niquée… J’ai le sentiment d’être gouverné par des idiots »   Salut les gars, bon déjà… Cool vos tatouages !  Laurie :  j’ai commencé à me faire tatouer quand j’avais 16 ans.   Et c’est comme manger des cerises, une fois que tu commences tu ne peux plus t’arrêter ! Laurie : ahah oui je suis bien d’accord.   Vous vous êtes rencontrés comment ? Isaac : on jouait des concerts chacun avec nos groupes et on appréciait respectivement notre musique. Laurie nous a rejoint dans mon précédent groupe mais on n’aimait pas la direction que ça prenait donc on a fondé Slaves.   C’est comme dans une relation, chaque membre doit avoir une approche similaire pour parvenir à un bon résultat. Isaac/Laurie : oui, exactement !   J’adore ce que vous faites sinon je ne serais pas là… et votre musique me rappelle cette devise : fais ce que tu veux, c’est ta vie !  Isaac : oui il s’agit juste de s’exprimer de la manière qui te convient, on a suivi nos rêves et finalement ça montre que tout est possible. S’amuser tout simplement, et montrer aux gens que tu peux apprécier ta vie plutôt que de faire partie du système.   Ça se tient ! Qu’est-ce que vous ressentez vis-à-vis du Royaume-Uni actuellement ? Laurie : je suis fier que le parti travailliste (Labour Party) ait obtenu son meilleur résultat historique auprès des jeunes début juin, même si le parti n’est pas arrivé au pouvoir… Le parti écologique, le parti travailliste… Avec nos amis nous sommes ouverts d’esprit et plutôt fiers de notre pays. On est anti-Brexit et le fait de faire ce festival ça m’énerve encore plus vis-à-vis de ça parce que je pense à ce que ce sera dans le futur. C’est un vrai pas en arrière pour l’humanité… Il y a beaucoup d’émotions contradictoires mais il reste de l’espoir, Jeremy Corbyn semble plus fort qu’il ne l’a jamais...

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5 chansons, 5 disques par The Madcaps

5 chansons, 5 disques par The Madcaps

Auteurs cette année d’un nouvel album aventureux, où son garage pop 60s se voit mâtiné de cuivres et d’ambiances soul so New Orleans, les Madcaps demeurent une des valeurs sûres de Howlin Banana. Thomas Dahyot, guitariste-chanteur du groupe, est également une valeur sûre en interview, pas du genre à te laisser dans la panade après une question pourrie mais plutôt à se montrer des plus affables et précis quand il s’agit d’évoquer sa musique et celle des autres, qui le fait vibrer. On l’avait constaté l’an dernier, on l’a de nouveau vérifié avec cette interview 5 chansons, 5 disques où il était accompagné de Léo Leroux, batteur fraichement débarqué  dans l’aventure.     1 – Cool Threads (The Madcaps EP – 2014) The Madcaps by The Madcaps C’est un des tous premiers morceaux que vous ayez composés ?  Thomas Dahyot (guitariste-chanteur) : oui, carrément. C’est un des trois premiers que j’ai composés pour les mecs qui n’étaient pas encore les Madcaps, j’avais fait des démos et je leur avais balancé ce morceau-là. Avec « Impossible Love » et « Emily Vandelay ». C’est ce que j’avais montré au départ et qui les avait botté a priori. Aujourd’hui c’est un morceau qu’on ne joue plus du tout. Il est même probable que des gens qui font partie de ce groupe ne le connaissent même pas (rires). Léo Leroux (batteur) : pour te dire, moi il me l’a même pas fait écouter. Thomas : ben t’as le disque, t’es un grand garçon ! Léo : oui bien sûr je l’ai écouté a posteriori mais quand je suis rentré dans les Madcaps c’est pas ça qu’il m’a fait écouter.   Tu parlais d’ « Emily Vandelay », celui-là s’est retrouvé en revanche sur le premier album. Thomas : Exactement. C’était une chanson pas trop Madcaps dans ce qu’était l’idée de départ, c’est à dire de faire du rock’n roll de type garage, un peu nerveux, un peu véloce. Donc j’avais proposé trois morceaux qui étaient trois versions un peu différentes de la pop music et…   Genre « choisissez votre direction ! » (rires) Thomas : Non mais c’était pour montrer le genre de trucs que je faisais. C’était pas trop réfléchi, ça sortait comme ça, un morceau rapide, un lent, un triste. Celui-ci était donc un morceau avec presque un bout de Pink Floyd dedans, une progression comme on peut trouver sur le premier album de Pink Floyd « Astronomy Domine » (il chante le passage en question).   Tu étais dans une tentative de reproduction de Pink Floyd c’était déjà ambitieux ! (Léo se marre) Thomas : Non, absolument pas ! Je me suis juste dit « ah c’est cool, ça me fait penser à ça. » C’est pas la même chose ! Mais...

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Interview – The Coathangers

Interview – The Coathangers

The Coathangers, trio féminin garage-punk, vient de sortir Parasite, nouvel EP des plus chaotiques chez Suicide Squeeze Records – un pur label de Seattle, sans compromis, sur lequel on trouve aussi Audacity. Pour défendre cette nouvelle sortie, elles étaient de retour en France pour quelques dates dont une à TINALS où nous étions. L’occasion de constater qu’elles sont toujours aussi douées pour la scène et de vérifier si elles ont toujours des choses à dire après plus de 10 ans de carrière. L’interview se déroule pendant le ravitaillement nourriture et alcool du groupe, qui a donc souhaité rester en backstage… ce qui ne fut pas du goût de tout le monde. Interview express. // ENGLISH VERSION BELOW “On n’a pas à craindre la réaction des gens, ça ne plaira pas à tout le monde de toute façon donc on n’en a rien à foutre, on fait ce qu’on a à faire »   Première question, parce que je suis curieuse à ce propos, j’ai lu que votre groupe s’est formé comme une blague. Comment ça a fini par se produire ?  Julia Kugel (guitare/chant) : Bon ce n’était pas vraiment une blague non plus, mais ce n’était pas très sérieux… On avait l’habitude de prendre des cuites ensemble. Meredith Franco (basse/chant) : et simplement de trainer ensemble. Julia : on allait aux Margarita mondays (tradition consistant à s’enfiler des litres de margaritas pour oublier qu’on est le lundi, pire jour de la semaine, ndr), et on rentrait chez moi, Stephanie avait une batterie, et on a commencé à jouer de la musique. On s’amusait, on se soulait la gueule, et on s’est retrouvé à jouer des concerts. La première fois qu’on a joué les gens nous disaient « vous devriez faire d’autres concerts » et on leur disait « non, non, non merci !« . Meredith : oui, on répétait chez Julia. Julia : et puis Mark (de Suicide Squeeze Records) nous a fait « vous voulez sortir un disque ?« , puis quelqu’un d’autre « vous voulez sortir un autre disque ? » et je me suis dit… Et merde déjà le deuxième album !   Ça s’est fait tout à fait naturellement, tout s’est passé comme sur des roulettes. Meredith : oui et on n’aurait jamais pensé que ça puisse durer. Stephanie Luke (batterie/chant) : « on n’y arrivera jamais ! » (rires)   C’est peut-être ça la clé. Stephanie : oui parfois, peut-être. Ne pas se prendre trop au sérieux.   Et qui écrit les paroles ? Vous faites ça ensemble ? Julia : ça dépend des chansons, de l’humeur et du moment… Quelqu’un a une idée et on se met à travailler dessus ensemble.   Un travail d’équipe, donc. A propos de vos paroles justement elles sont...

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5 chansons, 5 disques par Emboe

5 chansons, 5 disques par Emboe

On avait déjà taillé le bout de gras avec Emmanuel Boeuf lorsqu’il officiait encore au sein de feu Sons Of Frida. Aujourd’hui Sons Of Frida n’est plus mais Emmanuel Boeuf est toujours plus qu’actif au sein de ses nombreux projets. Et il reste un immense passionné de musique devant l’éternel. Bref, le monsieur avait le profil idéal pour une interview 5 chansons, 5 disques.   1 – Mirinda (Sons Of Frida – Tortuga – 2013) On commence par du vieux… Je crois que c’est mon morceau préféré que vous ayez fait. Déjà il y a cette trompette qui je trouve apporte un vrai plus, c’est venu comment cette inspiration ? Cette histoire de trompette est venue très naturellement dès le départ. En fait, Ben le guitariste et chanteur a fait de la trompette au conservatoire. 10 ans de trompette, un truc comme ça. Même sur notre premier album y a de la trompette. Sur tous, en fait. Un jour il nous a dit « j’ai fait 10 ans de trompette au conservatoire, ça m’a soulé… », on lui a dit « tiens, ramène ta trompette ! ». Et puis, ouais sur « Mirinda », la trompette est fantastique. Ça fait vachement bien. On avait un processus de composition qui était plus sur de l’improvisation, moi j’avais trouvé cet espèce de riff qui est là constamment sur tout le long du morceau. Ben jouait aussi de la guitare, il savait pas trop quoi faire. On continuait pendant un quart d’heure, et puis Ben sort la trompette et commence à jouer ça. Oui, donc tu me dis que c’était là au départ mais vous n’aviez pas imaginé dès le début d’inclure de la trompette sur le morceau ? Non, au début on était là, deux guitares, une basse, une batterie. On chante, on joue et un morceau, il savait pas quoi faire, il a pris la trompette et c’est parti. Il a trouvé les quatre lignes et c’était cool. Puisqu’on est sur Sons Of Frida, on peut parler d’un RIP forever ou il y a un potentiel retour envisageable… Ah toi t’as vu l’annonce sur Facebook. Oui, j’ai vu passer un truc qui m’a intrigué. Oui, il y a une rumeur. Mais il n’y aura pas de reformation, y a Clément le bassiste qui est parti en Suède. S’il devait y avoir une reformation, ce serait de la dernière version de Sons Of Frida donc avec Clément à la basse, sinon ça n’aurait aucun intérêt. On y a pensé mais ça va pas être jouable. Mais on a pas mal de matière encore pour sortir des choses. Ah oui, donc pas de reformation mais de nouvelles sorties. Voilà. On va faire un peu comme Sonic Youth, on...

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5 chansons, 5 disques par Edam Edam

5 chansons, 5 disques par Edam Edam

On vous a déjà parlé à plusieurs reprise d’Edam Edam, le projet musical de Shyle Zalewski. Cette fois, c’est lui qui parle. Et comme l’artiste touche à tout est aussi volubile qu’il est productif, on se contentera de cette courte introduction ! 1 – King Of Nothing – This Is Life (2013) En écoute ici Très bonne musique, composée en 2013… (rires) Non, en plus, j’aime bien cette musique, c’est une de mes préférées. Elle est assez spéciale dans le sens où c’est une période où je venais de me séparer, je voyais encore Benjamin, l’autre Edam avec qui j’ai fondé le groupe à la base, et on faisait des soirées. Très bizarrement, on a fini une de ces soirées chez lui avec un autre pote, Sean, qui fait l’oiseau dans certains concerts, on s’est mis à faire de la musique, on a composé plein de trucs qui n’avaient pas grand intérêt, des musiques un peu non-sens, et à un moment j’ai posé ce texte-là sur ces accords-là que je trouvais cool, c’était ultra spontané, la dernière musique qu’on jouait, il devait être 4 heures du matin, avant de prendre le premier métro, vraiment sur un coup de tête. Avec le temps, elle prend vraiment une tournure d’hymne personnel alors que je l’ai couchée sur papier comme ça. (On sonne à la porte, il ouvre et revient) Ouais, c’est un hymne personnel, les paroles me parlent vraiment. Et le titre « The King Of Nothing », c’est une locution que j’utilise souvent quand j’écris et que je n’ai pas envie d’écrire « je », ça me semble être une bonne analogie de ce que je suis, une belle métaphore.   Tu l’utilisais déjà avant ou c’est venu avec ce morceaux ? C’est venu avec cette musique, ouais. Et je le fous dans mes BD, je trouvais ça beau cette idée de roi qui n’a rien, qui est roi simplement parce qu’il est un meilleur être humain. Et que c’est déjà être royal d’être un meilleur être humain que les personnes qui nous entourent.   En fait, ce « I’m a better human being » final, c’est en comparaison à celui qui critique le narrateur, pas à ce qu’il était avant ? Oui, c’est ça, tout le morceau c’est un truc assez triste sur ce sentiment de ne pas avoir fait assez de choses dans sa vie, notamment quand j’ai eu 20 ans, je déprimais déjà, je me trouvais vieux, et un pote m’avait envoyé un texto en me disant « à ton âge, Bob Dylan était déjà bien divin ! » et c’est vrai que des fois, je me dis qu’effectivement, je n’ai rien fait, je chante des chansons qui ne parlent pas de grand-chose, mon art est un art...

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Interview – Sweat Like An Ape!

Interview – Sweat Like An Ape!

Dans le flot continu de nouveautés que nous apporte la scène bordelaise, difficile de passer à côté de Sweat Like An Ape. A l’écoute de son deuxième album sorti chez Platinum Records on ressent immédiatement une capacité à séduire des publics avec des gouts différents. L’envie de poser quelques questions au chanteur, Sol Hess, fût-ce par email, nous est alors apparue comme une évidence.   « Lorsqu’un artiste s’épuise, c’est que son désir s’est ramolli et qu’il se résigne à ses habitudes, sans feu et sans joie. Nous, nous sommes gorgés de désir, de feu et de joie »   Salut Sweat Like an Ape!, comment définiriez-vous votre musique ? Sol : Il se dit qu’on fait du post-punk dansant, et c’est sans doute ça : un rock à fleur de peau qui groove et qui cherche à atteindre un état de transe. Sur cette base on se laisse une belle part de liberté pour y intégrer tout ce qu’on a envie : afro, noise, free… en somme un festin joyeux qui se réserve le droit de faire appel à notre boulimie musicale.   Vous existez depuis 2013, avez deux LP et un EP à votre actif, avez fait pas mal de concerts, jouez dans d’autres formations, d’où tirez-vous cette énergie ?! Etes-vous hyperactifs ? Sol : C’est vrai que la musique occupe une majeure partie des vies des membres du groupe. Et on  joue tous dans d’autres projets car on aime vraiment explorer d’autres pistes artistiques, et que malgré ce que certaines personnes pensent, ce n’est pas s’éparpiller que de jouer dans plusieurs groupes. Au contraire, on se rend vite compte que plus on sollicite son énergie artistique plus elle est inépuisable. Et même que chaque projet se retrouve nourri par cette diversité. Je crois qu’il y a une confusion assez populaire sur l’idée que l’inspiration est tarissable, or je suis convaincu que lorsqu’un artiste s’épuise, ce n’est pas forcément qu’il en a trop fait, c’est juste que son désir s’est ramolli et qu’il se résigne à ses habitudes, sans feu et sans joie. Nous, nous sommes gorgés de désir, de feu et de joie.   Ces compos qui donnent des envies de déhanchés, c’est intentionnel ou pas ? Sol : Oui. Si tout se passe au mieux, le déhanché sera le préliminaire d’une transe endiablée, mais un déhanché langoureux est toujours un bon début.   Comment jugez-vous votre ville, Bordeaux, et comment la comparez-vous par rapport aux autres où vous avez pu aller ?  Sol : Bordeaux est une belle ville pour un musicien, avec beaucoup de bons groupes, de structures, de labels, de disquaires… en ce sens une ville qui tire la vie musicale vers le haut. Et elle a sa belle part d’artistes...

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