5 chansons, 5 disques par It It Anita

5 chansons, 5 disques par It It Anita

Lundi 12 novembre, It It Anita nous fera l’honneur de venir jouer au Klub pour notre soirée Exit Musik for a night, en compagnie d’Equipe de Foot et Emboe. A peine remis de la série d’uppercuts administrés par Laurent, on aura l’occasion de vérifier si sur scène les dégâts sont aussi importants, même si on a notre petite idée sur la question… Comme on aime bien connaître nos invités, on a échangé avec Michael Goffard, chanteur-guitariste du groupe, à propos de 5 chansons d’It It Anita choisies par nos soins, avant de l’écouter nous parler de 5 albums qui ont une grande valeur à ses yeux. Interview 5 chansons, 5 disques.     1 – Tacoma (It It Anita EP, 2014) IT IT ANITA by It It Anita Un classique. Toujours un classique de vos setlists aussi ? On le joue beaucoup moins maintenant parce qu’avec le nouvel album on joue beaucoup de nouveaux morceaux et il ne fait pas toujours partie des vieux morceaux que l’on joue. On le joue encore mais ça devient un peu plus rare. J’aime ces morceaux qui évoluent constamment et nous emmènent là où on n’imaginait pas. Vous aimez bien aussi je crois… Oui et dans ce morceau y a vraiment des parties complètement différentes. C’est sans doute pas le plus simple à écouter mais c’est un de ceux que j’aime vraiment parmi les anciens. Et il y a ce passage très math rock à mi-morceau. Comment ça vous est venu ? C’est parti d’une sorte de jam en répète, notre ancien bassiste avait cette fibre math rock et structures plus compliquées. On a joué un jour ce truc-là en boucle, ça nous a mis en transe et on s’est dit « gardons-le sur le disque ! ». Ça amenait bien la partie de fin un peu plus criarde et on a adoré ce truc. Finalement malgré le changement de line up que tu évoquais, je troue que ce morceau résume bien votre son. L’énergie, la mélodie, les changements de rythme très fréquents. Oui, je pense que c’est un des morceaux les plus aboutis qu’on a faits. Beaucoup de nos influences sont regroupées dans ce morceau, c’est un bon condensé de It It Anita. Et il y a ce pont où vous chantez d’ailleurs « we cross the bridge we’re safe ». Il colle super bien et j’ai presque l’impression qu’on pourrait le mettre au milieu d’autres morceaux qu’il passerait nickel aussi… Oui je vois ce que tu veux dire. On voulait alterner ce côté orage et screamo avec un truc beaucoup plus calme et posé. J’aime vraiment les mélodies – tu le verras dans les disques que j’ai choisis -, la dissonance ça me parle...

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Interview – LANE

Interview – LANE

Deux fratries : Belin et Sourice. Deux groupes angevins emblématiques, pour ne pas dire mythique en ce qui concerne le second : Daria et Les Thugs. Et un nouveau supergroupe issu de cette rencontre : LANE. Pour Love And Noise Experiment. En quatre petits titres, le premier EP, Teaching Not To Pray, nous replonge immédiatement dans l’époque bénie des années 90 et nous fait déjà trépigner en attendant l’album. Alors on s’est dit qu’une conversation skype avec deux des têtes pensantes de LANE ne serait pas du luxe pour patienter. Dès l’élimination des Allemands en coupe du monde actée, Etienne Belin, l’un des trois guitaristes (!) du groupe, et le bassiste Pierre-Yves Sourice (appelez-le « Piwaï ») apparaissent dans ma webcam. Entretien avec un jeune groupe très expérimenté.   “Il y a eu un gros creux de la vague. Entre 2000 et 2010, fallait pas avoir un groupe de rock. Ces dernières années, les choses se sont simplifiées, fluidifiées. On remplit pas les stades, mais c’est plus agréable d’être artisan d’un groupe de ce genre-là.” Vous êtes tous les deux à la base du projet LANE. PY j’imagine qu’avec Les Thugs, on vous a proposé 250 fois de vous reformer. Qu’est ce qui fait que l’an dernier, vous vous êtes dit « montons un groupe ! » ? Pierre-Yves Sourice (basse) : Le pognon ! (Rires) Effectivement on nous a souvent proposés de nous reformer avec Les Thugs. On l’a fait en 2008, pour aller jouer aux Etats-Unis notamment. Mais c’était clair pour nous qu’après c’était fini de chez fini. Ça suffisait. Si dix ans après on a eu envie de recommencer un truc, c’est dû aux rencontres, au fait de voir les groupes sur scène et de se dire « c’est ce que j’ai envie de faire ». En même temps, j’ai toujours continué à jouer de la guitare chez moi, enregistrer des conneries et à me dire « c’est quand même couillon d’avoir ça sur un ordi et de pas jouer ». Et puis j’avais pas envie de jouer le samedi après-midi, de faire de la musique comme si j’allais jouer au foot. À partir du moment où je commence un truc, j’ai envie que ça devienne sérieux et comme je suis un grand fan de Daria depuis très longtemps, de lui (il se tourne vers Etienne) et son jeu de guitare, on s’est dit « est-ce qu’on n’essaierait pas de faire des morceaux ensemble ? ». Vous aviez d’ailleurs déjà fait une date ensemble. Etienne Belin (guitare) : Oui, exact en 2008 à la Maroquinerie (Paris) lors de la reformation des Thugs. Pour ce qui est de la formation de LANE, on avait dû discuter de ça en buvant un coup et en mangeant de la...

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Interview – L7

Interview – L7

Actives depuis le milieu des années 80, les L7 se sont vite imposées comme un groupe de référence de ce qu’on allait regrouper sous l’étiquette grunge. En six albums et 15 ans de carrière, elles ont marqué leur époque avec leur musique singulière, mélange d’agressivité et d’humour, énergique et rentre-dedans, reconnaissable entre mille. Depuis quatre ans qu’elles ont repris les affaires, elles semblent ne pas avoir oublié la formule et prévoient de nous le prouver en enregistrant cet été un nouveau disque. Le 7ème. C’est par téléphone, alors qu’elle est en plein déménagement, que nous avons eu le plaisir d’interviewer Donita Sparks. L’artiste nous a parlé de musique, évidemment, de leur nouvelles sorties, de ce qui l’énerve, et en a profité pour nous rappeler qu’il ne faudrait pas réduire L7 à un groupe de filles !   “Nous ne sommes pas un groupe politique. On a fait des œuvres de charité et on a monté des associations, mais on est un groupe de rock’n roll.”   Vous avez été le premier groupe féminin à signer chez Epitaph. Était-ce difficile d’être un groupe de filles dans un milieu majoritairement masculin ? Donita Sparks (chant-guitare) : On ne faisait pas partie de cette scène. On venait de la scène Art Punk de Los Angeles, pas de la scène Epitaph. On connaissait Brett Gurewitz, qui tenait le label, et il nous a signés parce qu’il aimait ce qu’on faisait. Mais nous n’avons jamais eu de problèmes avec les autres groupes, masculins ou féminins, qu’ils fassent du punk, du hard rock ou du métal. Ils nous aimaient bien, pour la plupart. Nous n’avons eu de problème avec personne à part les squares (NdT : les gens coincés, conformistes). C’est pour ça que vous vous appelez L7 (NdT : L7 est une manière argotique de désigner les squares) ? Non, en tout cas ça n’a rien à voir avec la réaction au fait qu’on soit un groupe de filles. Donc vous ne faisiez pas partie de la scène punk. Vous vous considériez comme punk ? Ou juste comme un groupe de rock’n roll ? Non, on faisait carrément partie de la scène punk, mais la scène Epitaph est venue après. Oh, pardon. Je veux dire, ils ont eu le vent en poupe à la fin des années 80, alors qu’on était plus un groupe punk de la fin des années 70, début 80. Notre disque chez Epitaph est sorti en 1987, ce qui est tard, pour du punk ! Le punk rock, c’est en 1977 ! Oui, on est complètement des punk rockeurs, du fond de nos cœurs. On aime les Ramones, X-Ray Spex, les Sex Pistols, la première vague du punk. Donc vous ne vous identifiez pas aux groupes Epitaph...

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Interview – Peter Kernel

Interview – Peter Kernel

Difficile de ne pas éprouver de sympathie à l’égard du duo helvético-canadien qui forme Peter Kernel. Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti sont de fervents adeptes du DIY, se révèlent aimables, affables, drôles et, accessoirement, ils viennent de livrer un excellent 4e album, bien moins immédiat que ses prédécesseurs mais qui s’offre aux plus méritants. Exit les tubes incendiaires, The Size Of The Night se révèle progressivement, dévoilant moult nuances et richesses enfouis derrière des arrangements plus poussés que jamais. Un prolongement logique de la parenthèse Peter Kernel & Their Wicked Orchestra, finalement. De retour sur les routes françaises pour prouver à tous que ce disque se défend très bien sur scène, Peter Kernel faisait un petit crochet par la capitale mi avril. Pas question de les rater… Même quand leur van tombe en rade, ils ne se pointent qu’avec 10 petites minutes de retard au rendez-vous sur la terrasse du Point Éphémère. Malgré un amour certain pour les « idées stupides », Peter Kernel fait les choses avec sérieux et application. Y compris répondre aux questions sous un soleil de plomb alors qu’on avait presque oublié son existence à Paris.   “On est dans les bouchons, on n’avance pas et on commence à faire ‘tadadadidadada’ et on enregistre cette idée stupide et on va en studio, on commence à improviser sur ça. Mais c’est vraiment des idées stupides !”   Désolé de commencer par un sujet pas très joyeux… L’enregistrement du dernier album a été marqué par le décès de votre ingé son de toujours, qui était également un ami proche. Qu’est-ce que ça a changé pour vous ? Vous avez songé à laisser tomber ou du moins à mettre un peu en stand-by l’enregistrement de l’album ? Aris : Oui, quand il est décédé, on a fait une pause. On s’est arrêté pendant deux semaines parce qu’on n’arrivait pas à imaginer comment continuer. On ne savait pas quoi faire… Barbara : À ce moment-là on jouait beaucoup avec l’orchestre, donc c’était bien d’avoir des gens autour de nous. Aris : Après on s’est dit qu’on pouvait essayer d’enregistrer. On se souvenait des conseils de notre ami Andrea. On a acheté des micros, du matériel et on a commencé à essayer… Et à la fin on a découvert que l’enregistrement c’était un peu comme un autre instrument. On s’est appuyé sur beaucoup de possibilités lors de l’enregistrement, on a essayé des choses. Refaire, couper, changer… On était libre de faire ce qu’on voulait, on n’avait pas de limites d’argent dans un studio. Pas de limites, et ça c’était cool. On a découvert une nouvelle façon d’écrire et d’enregistrer de la musique. Barbara : Oui on a beaucoup changé le process qu’on utilisait auparavant...

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Interview – Zenzile

Interview – Zenzile

Plus de 20 ans de carrière pour Zenzile et pas un faux pas à déplorer. Étendard de la scène dub française pendant les années 90, le groupe a très vite creusé son propre sillon, suivi ses envies, quitte à s’éloigner de ses racines et s’aventurer en territoires krautrock ou post punk. Sans jamais perdre la passion ni l’authenticité. En 2018, Zenzile souhaite renouer avec son passé avec une tournée logiquement intitulée “Dub Unlimited”. Ça commençait fin mars à Paris dans une Maroquinerie comble et en fusion. Quelques heures avant la tempête, rencontre avec le plus punk des groupes dub français.   Ce live « Dub Unlimited », c’est une sorte de retour aux sources ? Vous n’allez jouer que des vieux morceaux ? Alex Raux (guitare): Pas que, non. Pas mal de nouveaux morceaux aussi qu’on va sortir dans un 5+1. Trois ou quatre. Et aussi des vieux morceaux qu’on a un peu réadaptés. En revanche, vous avez posté une setlist sur vos réseaux sociaux qui devrait ressembler pas mal à celle de ce soir, il n’y a pas de morceaux de Berlin et Elements ? Matthieu Bablée (basse) : Il y aura un morceau d’Elements qu’on a rajouté. Ça signifie aussi que ces albums-là collent moins avec le Zenzile d’avant que vous cherchez à retrouver ce soir. Matthieu : Ce qui est clair c’est qu’avec Elements, on a poussé le truc à son paroxysme. Pour nous c’est toujours la musique du groupe et, personnellement je trouve que les connexions sont toujours évidentes avec le corpus d’influences du groupe et la musique qu’on veut jouer. Mais c’est clair qu’on a poussé l’expérimentation, on est allé de plus en plus loin du dub. Après il y a des passerelles, ça reste contemplatif. Ça a plus à voir avec ce qu’on faisait sur Berlin même si je pense que le vrai retour aux sources avant ça, c’était de se retrouver à 5. Pour la première fois depuis le début du groupe. Alex : Et il n’y avait pas de chant. Matthieu : Et c’est même au-delà puisqu’au début du groupe on a toujours répété instrumentalement mais lorsqu’on a enregistré des disques on a toujours eu des featurings. Même sur Sachem In Salem et sur le premier maxi, Dub Promozione, on avait des samples de voix. Et paradoxalement c’est sur Berlin que vous avez le plus exploré les territoires rock, avec du krautrock, rock progressif… Matthieu : Complètement. Alex : C’était aussi vachement lié au film, parce qu’il nous inspirait ça. Matthieu : Je pense qu’il n’y aurait pas eu Elements sans Berlin mais on n’a jamais eu de plans pré-établis. Les morceaux déboulent à la suite parce qu’on baigne dans une certaine ambiance,...

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5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

Changement de bassiste ou pas, certaines choses sont immuables. J.C. Satàn t’en met toujours plein la tronche sur scène. Et les nouveaux morceaux du fraichement sorti Centaur Desire, font le poids avec les hymnes (le mot est lâché) précédents. Avant cette nouvelle démonstration de force à La Clef (St-Germain) où ils partageaient l’affiche avec Jessica93, on a parlé autour d’une bouteille de Jack de 5 chansons de J.C. Satàn puis de 5 albums de leur choix. Et on a disgressé. Beaucoup. C’est bien parfois de disgresser. 1 – Loin De Moi (Satan EP, 2010) C’est le seul écrit en français. Parce que c’est hyper chaud d’écrire en Français ? Arthur (guitare, chant) : parce qu’elle était italienne et ne parlait pas encore aussi bien le français que maintenant. C’était vachement plus charmant je trouve, son texte est vachement plus touchant dit comme elle le dit que n’importe quel français qui l’aurait écrit comme un français. Paula (chanteuse) : c’est trop gentil. C’est toujours plus compliqué de trouver de la musicalité dans le français. C’est pas un obstacle qui s’est présenté par la suite ? Arthur : j’aime pas comment les français utilisent la langue dans la musique, sauf dans certains styles où ça marche. Je trouve qu’un étranger est beaucoup plus touchant. Paula : c’était vraiment un des premiers morceaux qu’on a faits, peut-être le 2 ou 3e. On savait même pas que c’était un groupe, on faisait juste des choses pour rigoler. Et je parlais encore plus mal le français parce que j’habitais pas encore en France. Vous étiez que tous les deux à la base ? Paula : quand on a fait les tout premiers morceaux, oui. Le but n’était pas de faire un groupe, c’était juste pour s’amuser entre potes. Lui avait déjà de la musique enregistrée, il savait pas quoi faire avec. Il m’a demandé de chanter dessus. (A Arthur) Même pour toi c’était difficile de chanter en français. Arthur : oui, tu te rappelles ! C’était hyper dur. Moi quand je chantais ses textes, j’avais envie de faire les mêmes fautes de français pour se détacher. Le français c’est une langue qui se regarde écrire, parler, qui s’écoute beaucoup parler. Il y a une vraie poétique dans l’écriture du français. Romain (batterie) : en anglais, tu chantes beaucoup plus du nez et en français c’est beaucoup plus dans les basses. Du coup en termes de fréquence, c’est pas du tout facile à mixer. Dorian (claviers) : ça ressort moins. Arthur : le français a souvent été mieux utilisé par les belges. Ça se déclame, y a une écriture dans la métrique, la façon de placer les mots. Il y a des accents en anglais...

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Interview – Shame

Interview – Shame

Shame, nouveau phénomène post punk venu d’outre Manche, vient de sortir Songs Of Praise, un premier album qui confirme tous les espoirs placés en lui. Fin novembre, la veille de leur premier concert en tête d’affiche à Paris (au Point Ephémère), nous avons eu la chance de pouvoir les interviewer. Les deux Charlie et Josh sirotent un verre de vin, il est environ 6h de l’après-midi. On se joint à eux pour un verre. Interview avec un des jeunes gens qui savent où ils vont et ne perdent pas de temps pour s’y rendre.   “L’album est très différent et contradictoire de ce que notre nom laisse supposer. On pourrait croire qu’on fait de l’emo-heavy metal, on essaie de créer un peu de détachement et d’humour.”   Salut les gars, c’est cool de vous rencontrer et merci pour le vin ! Charlie Steen (voix) / Josh (basse) / Charlie Forbes (batterie) : à la tienne !   Ça fait trois ans que vous avez commencé à jouer et tout semble s’être débloqué en 2017. Une année incroyable pour vous ! Charlie Steen : oui on n’a pas arrêté cette année. On a fait 47 festivals cet été mais on a aussi trouvé notre producteur et on a pu sortir des singles (“Concrete”, “Visa Vulture” et “One Rizla”, ndr). On n’a pas arrêté de bosser, avec la sortie de notre album qui arrive. On espère que ça va se poursuivre avec l’album l’année prochaine et revenir dans certaines salles où on a jouées. Josh : on a eu une progression graduelle. On a commencé il y a trois ans et on n’a rien sorti avant l’an dernier… Donc oui cette année 2017 a été un peu folle.   Cet été, j’ai dû vous voir au moins 4 fois et je me disais “ces 5 gamins ont tant de passion et d’excitation sur scène, ce n’est pas si courant de nos jours.” J’imagine que vous n’êtes pas seulement un groupe mais aussi une famille, je me trompe ? Charlie Steen : on se connait depuis qu’on est gosses, on était tous à l’école ensemble… Josh : des racines profondes. Charlie Steen : oui, beaucoup trop profondes ! Le groupe s’est formé de façon très naturelle et n’a jamais été quelque chose de programmé. On se connaissait depuis longtemps et au bout d’un moment on a décidé de commencer un groupe. Kiko (leur manager de tournée/ ami proche, donc également membre de la “famille Shame”) : désolé d’intervenir… Ce ne sont pas 5 mecs de Londres qui se disent “formons un groupe !“… Ils ont grandi ensemble, c’est ça le plus important. Josh : je pense que le fait de se connaitre...

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5 chansons, 5 disques par We Insist!

5 chansons, 5 disques par We Insist!

Après un concert toujours réjouissant à La Cave d’Argenteuil en compagnie de leurs nouveaux comparses de label Lysistrata, on a échangé avec les trois membres de We Insist!, auteur d’un nouvel excellent album cette année, à propos de 5 de leurs morceaux puis de 5 disques de leur choix. Un échange passionnant quelque peu perturbé par un impératif de rangement de matos et de déguerpissement des lieux en toute hâte. Interview fleuve, et pourtant contre-la-montre.     5 chansons   1 – Grieved (Inner Pond, 2002) Inner Pond (2002) by We Insist! Eric Martin (guitare) : on a mis peut-être 2 ans à faire ce morceau, c’est un des plus longs en gestation, vraiment une catastrophe ce morceau ! Julien Divisia (basse) : quelque part s’il a pris autant de temps c’est que c’est le moment où on commençait à chercher ce qu’on voulait faire. C’est passé beaucoup par ce morceau-là. Ça a pris un temps fou. Je pense qu’il a posé les bases de ce qu’on voulait faire plus tard. C’est un très bon choix ! Eric : c’est un morceau pour moi qui est assez raté, mais essentiel dans le sens où on a essayé de faire quelque chose de nouveau. Etienne Gaillochet (chant-batterie) : c’est vraiment le morceau où on a voulu sortir de ce truc instrumental et faire quelque chose avec les voix qui dictent le truc. C’est pour ça que je l’ai choisi. Même si c’est le 2e album, mais le premier a quasi disparu des radars, on ne le retrouve même plus sur internet… Eric : c’est interdit ! (Rires) … et c’est un de ceux qui est le plus « carré », accessible en tout cas, où le chant est effectivement plus en avant et qui ressemble un peu plus à la suite. Le reste est plus expérimental à la Zappa ou quelques projets de Mike Patton. Celui-là est plus… Julien : plus pop ! C’est tout à fait ça. On essayait d’en faire une chanson, avec un truc un peu construit. Et la voix qui porte le bazar. C’est vrai que ça a commencé avec ça. Et à l’époque c’était presque une prise de risque de miser sur la voix ? Etienne : moi je l’ai pas réécouté depuis des siècles mais je pense que si je le réécoute, je vais sans doute être surpris par ma voix. Eric : je sais pas si c’était une prise de risque mais en tout cas c’était nos premières velléités, malgré les structures complexes, de mettre la voix en avant. Julien : un peu comme un groupe de pop mais derrière ça tricote. Mais c’est vrai qu’on tâtonnait, on savait pas… Du coup Etienne s’est mis...

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Interview – Mark Lanegan

Interview – Mark Lanegan

On est forcément un peu impressionné quand on s’apprête à rencontrer le grand Mark Lanegan. Grand par sa stature, grand par son talent, immense par sa carrière et sa voix rauque inimitable. Alors quand, quelques heures avant un énième concert magique au Café de la danse, on se rend dans sa loge de 3m2, qu’on lui demande si on peut fermer la porte et qu’il nous répond “si tu veux mourir de suffocation, à toi de voir“, on se dit qu’on va soit se faire bouffer tout cru par le grand méchant Mark soit se retrouver face à un bonhomme posé, capable de bienveillance et de traits d’esprit. Et c’est à la deuxième facette que nous avons eu droit. Interview.   “(Mes influences électro/new wave) C’est plus marrant à chanter, c’est le genre de musique que j’aime écouter. Je suis content d’avoir survécu pour pouvoir faire des disques que j’aime !” Gargoyle semble être une évolution logique de ce que tu avais entamé sur Blues Funeral puis poursuivi sur Phantom Radio. Tu sembles de plus en plus dans ton élément avec ces atmosphères électro/new wave … A quel moment tu t’es dit que tu souhaitais évoluer de cette façon-là, et pourquoi ? C’est le genre de musique que j’écoutais depuis les années 80. Quand j’ai commencé à faire des albums, j’ai fait le genre de disques que j’étais capable de faire. Maintenant je peux faire des choses plus sophistiquées musicalement et je veux faire des albums qui correspondent à ce que j’ai envie d’écouter. J’apprécie mes premiers albums mais j’ai fait beaucoup de disques calmes, encore une fois parce que c’est ce dont j’étais capable, je m’éclate à faire les disques que je fais aujourd’hui. C’est plus marrant à chanter, c’est le genre de musique que j’aime écouter. Je suis content d’avoir survécu pour pouvoir faire des disques que j’aime ! Et ce changement de direction est due aussi aux personnes avec qui tu travailles ? Comme Rob Marshall sur ce disque, qui a visiblement eu une influence prépondérante. Oui, il a écrit la musique de plus de la moitié du disque. Rob m’avait donné de la musique à faire pour son disque (le projet Humanist, ndr), six mois avant ça. Je ne savais même pas qui c’était – c’est son management qui m’a transmis ce qu’il faisait – j’ai vraiment aimé, c’était tout à fait mon genre. Donc je m’y suis mis très vite et lui ai renvoyé 3 chansons. Puis il m’a envoyé un mail en me disant que si j’avais besoin de morceaux pour mon propre groupe, il serait ravi de le faire. J’étais en train de finir ce qui allait devenir Gargoyle. Il me restait...

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Interview – Birth Of Joy

Interview – Birth Of Joy

Le 10 novembre prochain, pour célébrer nos 5 ans d’existence, nous aurons l’immense honneur d’accueillir Birth Of Joy, ainsi que Wonderflu et The Blind Suns, pour une soirée qui s’annonce d’ores et déjà inoubliable à Petit Bain (Paris). Birth Of Joy, actuellement en tournée en Europe de l’Est, vient tout juste de terminer l’enregistrement de son nouvel album. L’occasion d’échanger à ce propos avec le batteur Bob Hogenelst dans un riche entretien téléphonique. Elle s’annonce bien cette soirée…   “On va essayer de revenir plus dans l’esprit de Prisoner avec des morceaux plus courts, un peu plus d’énergie et de puissance.” Alors ça y est le nouvel album est enregistré. Oui il est enregistré, le mix est terminé. Il est en train d’être masterisé. Ça devrait être fini la semaine prochaine, il va partir au pressing pour être mis sur CD et vinyle. La sortie est prévue pour quand ? En février 2018. J’ai vu que sur Facebook vous aviez demandé de l’aide à vos fans pour trouver le titre du disque. Ça y est vous l’avez ? Oui c’était il y a deux mois environ. On n’avait aucune idée à l’époque. Maintenant on a quelques idées mais on n’est pas complètement sûrs. OK, vous avez besoin d’encore un peu de temps. Oui, d’ici une semaine ou deux, ça devrait être bon. Qu’est-ce qu’on peut attendre de ce nouveau disque ? Vous allez tenter d’évoluer à nouveau par rapport à Get Well ? Get Well était un peu plus expérimental et avait des chansons plus longues, assez différent de Prisoner. Je pense qu’avec ce nouveau disque on va essayer de revenir plus dans l’esprit de Prisoner avec des morceaux plus courts, un peu plus d’énergie et de puissance. Il y a un morceau plus long que le reste mais on essaye d’avoir la même énergie en studio qu’en live, on essaie de retranscrire ça sur ce disque avec des morceaux plus courts et plus d’énergie. Donc ça devrait sonner parfaitement en concert ! Oui ça devrait ! On ne les a pas encore joués sur scène donc à vérifier. Mais les albums précédents étaient déjà enregistrés live non ? Oui, les bases de morceaux on les a jouées ensemble live. On a ensuite fait quelques arrangements et overdubs mais la plupart de l’enregistrement a été fait live, comme auparavant. Et vous êtes retournés dans cette église comme pour les précédents ou vous êtes revenus en studio pour une formule plus classique ? Non, pas dans l’église cette fois. Prisoner et Get Well étaient tous les deux enregistrés dans cette vieille église du nord de la Hollande. Pour celui-ci on a cherché un nouveau studio parce qu’on avait besoin d’un...

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