Idles – A Beautiful Thing: Idles Live at Le Bataclan

Idles – A Beautiful Thing: Idles Live at Le Bataclan

(Partisan, 6 Décembre 2019) Comme pour le chasseur, il y a le bon et le mauvais groupe de rock. Pour le mauvais, je vous laisse le soin d’apposer le nom qui convient derrière cette sentence gratuite. Le bon groupe de rock, lui, réussit à transcender sur scène ses compos, à embarquer son public avec énergie et envie pour parfois l’emmener vers l’instant de grâce. Bon on va pas se mentir. De grâce, il ne sera pas trop question sur ce live brut de décoffrage des anglais de Idles capté au Bataclan le 3 décembre 2018. Quand on appelle un de ces albums Brutalism, et qu’on pratique un (post)-punk assez furieux, c’est plutôt de sueur dont il sera question. Si l’on peut déplorer le manque de subtilité de leur musique, un poil braillarde à mon goût, et moins élégante que leurs voisins dublinois (Fontaines D.C., The Murder Capital), ce live rend bien justice à ce qu’est Idles sur scène. Un groupe de petites frappes, qui te vomit un punk joué pied au plancher, idéal pour enflammer les fosses et déclencher moult pogos et autres slams. C’est ce que j’avais observé sur la scène du chapiteau des Eurocks l’été dernier. Le chanteur, Joe Talbot, avec son look de repris de justice à peine sorti de taule, impressionne par sa présence physique, et sa voix rauque poussée à la limite. Les guitaristes montés sur ressort n’hésitaient pas à slammer au milieu de la fosse. On ne s’économisait pas ! Avec 19 titres, bien répartis entre leurs 2 albums (Brutalism et Joy As An Act Of Resistance), ce live ne convaincra toujours pas les réfractaires au punk binaire de 3 minutes joué à cent à l’heure (les pas oufs « Television », « Great Live », « Gram Rock »). Bon, c’est pas du punk à roulettes non plus et quelques titres aux intonations « pop » lorgneraient presque vers les Pixies (les refrains de « Danny Nedelko », « Samaritans », le riff distordu de « l’m Scum ») ! Reste un son puissant, sale, la basse bien en avant, des guitares parfois aventureuses (le riff addictif de « Never Fight A Man With A Perm », « 1049 Gotho », « Love Song » et son « lalalala » jouissif, «White Privilege », « Benzocaine »). Dès que le rythme ralentit ou les compos s’allongent, c’est ainsi bien plus convaincant comme sur l’inaugural et énorme « Colossus », « Divide Conquer », « Exeter » où le groupe fait chanter des spectateurs, « Cry To Me »… Ou les 10 minutes finales et furieuses de « l’anti-fascist song » « Rottweiller ». Le groupe mouille la chemise, le public est bouillant...

Lire la suite

Un split EP Wonderflu/Famille Grendy/Wrong Sister + un live acoustique pour Edam Edam

Un split EP Wonderflu/Famille Grendy/Wrong Sister + un live acoustique pour Edam Edam

Puisqu’on est des gens sympa chez Exitmusik, et qu’on aime les belles histoires d’amitié, on est très contents de vous partager deux chouettes cadeaux de noël ! D’abord, un split EP qui sent bien la belle histoire d’amitié (et même de famille, si on en croit leurs noms) puisqu’il réunit trois groupes qui se connaissent depuis un petit bout de temps : Wonderflu, La Famille Grendy et The Wrong Sister. Du bon indie rock électrique offert par le Père Noël et le glorieux département de Seine et Marne. Cerise sur le gâteau, l’EP est illustré par l’excellent Halfbob* ! The Attic by Wonderflu – Famille Grendy – The Wrong Sister Ensuite, une petite gâterie acoustique proposée par Edam Edam alias Shyle Zalewski : 17 titres piochés un peu partout dans sa copieuse discographie joués par Shyle et sa guitare pour le plaisir de vos oreilles (et de celles du public, puisqu’il s’agit d’un live) et mis en téléchargement gratuit sur son bandcamp. Nude & Naked – Live at the Goldwitch Library, WT, 2019 by Edam Edam Voilà de quoi passer de bonnes indie fêtes ! Joyeux Noël à tous ! *Également auteur de l’illustration de notre interview de Lou Barlow et de notre prochaine soirée à L’Espace B avec The Guru Guru, Zarboth et Coude. Tous nos articles sur Wonderflu Tous nos articles sur Edam...

Lire la suite

LANE : second album au printemps 2020

LANE : second album au printemps 2020

Auteur d’un remarquable premier album, A Shiny Day, les angevins de LANE composés notamment de deux anciens Thugs et Daria, viennent d’annoncer son successeur pour le printemps prochain sur les réseaux sociaux. Il sortira cette fois chez Vicious Circle, label que vous connaissez déjà un peu par cœur si vous venez souvent sur ces pages puisqu’il compte notamment en ses rangs Shannon Wright, It It Anita, Troy Von Balthazar, The Psychotic Monks ou tout récemment Slift dont la sortie du nouvel album est prévue pour le 28 février. On se réécoute un extrait du premier album : Tous nos articles sur LANE (chroniques,...

Lire la suite

WIVES – So Removed

WIVES – So Removed

(City Slang, 4 octobre 2019) Et si on était tous passés à côté ? Pendant que le retour de DIIV faisait grand bruit et s’attirait les éloges de certains (comme ici) ou les foudres d’autres (comme ceux qui dézinguent un truc sur deux et semblent prendre un pied pas possible à le faire), Andrew Bailey, guitariste de ces derniers, sortait le même jour le premier album de son autre projet. Celui qui pourrait bien supplanter le nouveau DIIV. Dans mon esprit, en tout cas, le choix est fait.  Car si DIIV a su trouver une seconde vie en se réinventant, WIVES n’invente rien mais il recycle avec talent. Et sa matière première est la meilleure du marché. Comme d’autres avant lui, WIVES est allé se servir chez des vétérans légendaires, en premier lieu desquels Pixies ou Sonic Youth. C’est toujours une bonne idée. Des comparaisons qui n’ont pas fini de souler le groupe mais ils l’ont bien cherché. On a parfois même le sentiment d’être pris d’hallucinations auditives, pensant entendre Frank Black pousser la chansonnette (“Waving Past Nirvana”, “Servants”, “Hit Me Up”) quand ce n’est pas Lee Ranaldo (“Why Is Life”). Tout ça, c’est bien beau mais s’ils surfaient uniquement sur la nostalgie, fût-elle savoureuse, et que les morceaux ne suivaient pas, on n’aurait pas pris la peine de parler d’eux. Or, rien à dire, les tubes sont là, ils foisonnent même. De l’irrésistible “The 20 Teens” à la teigneuse “Sold Out Seatz” avec un crochet par “Waving Past Nirvana” ou “Why Is Life”, autant de morceaux grungy/indie/power pop où copulent mélodies et disto, comme à la belle époque… Du refrain qui ne vous lâche pas au riff qui s’incruste partout, So Removed est de ces albums qui semblent juste “sympas” au départ, avant de développer un véritable attachement à leur égard. Par la suite, l’intro de basse de “Waving Past Nirvana”, ses premières paroles (“happy ever after, this place is a disaster“…) dessineront immanquablement un sourire sur votre visage. La joie de retrouver un bon ami resté fidèle à ce qu’il était, ou de satisfaire une sévère addiction envers ces salopards de New-Yorkais qui, quoiqu’ils fassent, paraitront toujours plus cool que vous. Ce disque n’éblouit pas d’un bout à l’autre mais il déborde de sincérité, de fraicheur et de spontanéité (le punk crado “Whatevr” chanté avec la fougue d’un gamin de 17 ans dans son garage, “Hideaway” dans le même délire qui claironne “doing all the cocaine in the world“), une nonchalance omniprésente comme sur “Even The Dead” qui, lui, lorgne davantage côté post punk avec sa basse qui laboure tout et sa gratte de feignasse qui place une note quand elle veut – peut – et de...

Lire la suite

Poison Boys – Out Of My Head

Poison Boys – Out Of My Head

(Dead Beat, 12 juillet 2019) Ça démarre avec ce qui pourrait être un outtake de D4 (“Out Of My Head”), aussitôt suivi d’une cover des Beatles, je crois (“Slow Down”), mais traitée à la sauce Backbeat pour ceux qui se rappellent cette glorieuse tentative de rassembler dans la joie et l’allégresse quelques grands noms de la scène 90’s avec l’Ancien Testament du bon vieux R&R. Puis, après ces deux cartouches très efficaces, les Poison Boys se dévoilent tels qu’ils sont, une des branches de l’arbre généalogique des Dead Boys dont ils reprennent “I Won’t Look Back”. Des descendants. Ceux de la branche un peu bâtarde avec qui on ne se montre pas trop aux mariages. Pourtant, le sang bleu coule dans leurs veines tachetées de piqûres de.. moustiques… Je veux dire, du Mid-Tempo (ouais, avec des majuscules), du-qui-prend-son-temps-comme-à-Cleveland-Ohio. Evidemment, ça donne des petits coups d’accélérateur (le Turbonegresque “Tear Me Apart”) mais on reste la plupart du temps dans un mid tempo qui en serait presque “stonien” comme j’aime le dire à un ami chaque fois qu’on écoute les Hollywood Brats. A propos de Stones, faites-vous la longue fin du morceau épique, “Up to the sky”, on est en plein dedans ; les riffs de Ronnie et même un coup de slide. Les Dead Boys donc mais aussi Thunders et quelques secondes par ci par là du pur David Johanssen (exactement le ton, la voix sur certaines phrases). Alors, oui, ça fait un peu rengaine des références habituelles mais c’est comme ça qu’ils sont, nos amis de Chicago, infusés jusqu’à la moelle et on ne leur demande pas de réinviter la roue. N’empêche que c’est super bien foutu, et disons-le, assez addictif ! Je crois que c’est leur deuxième LP, j’avais écouté le premier sans en garder un souvenir ému. Alors c’est une bonne nouvelle, espérons qu’ils viennent distiller leur poison un jour sur le Vieux Continent !...

Lire la suite