Le premier album des Clash a 40 ans. Chronique

Le premier album des Clash a 40 ans. Chronique

On a tous lu les discothèques idéales de Jean-Jacques Duchmol ou Robert Brouchtar. C’est divertissant. Dedans on nous explique qu’il faut absolument posséder les premiers Oasis et que London Calling est le plus grand disque de punk qui soit. De deux choses l’une, je m’en suis toujours tamponné d’Oasis et je m’en porte pas plus mal. J’ai toujours adoré les Clash et, comme tout un chacun j’ai commencé par London Calling me considérant alors comme un vrai PUNK. Oui mais London Calling, tout mythique qu’il est (la pochette, le titre éponyme, les incursions reggae et tout le toutim, je vous ai déjà tout raconté), n’a déjà plus grand chose de punk. Si vous voulez vous la jouer punk (même dans votre salon, c’est pas grave), il n’y a pas à tergiverser 107 ans, il faut vous tourner vers L’ALBUM PUNK des Clash (et un des tout meilleurs du genre) : le premier. Et ça Robert Brouchtar a oublié de vous le dire. Laissez-moi vous expliquer. En 1977, les Clash ne savent pas jouer. Paul Simonon a sa basse en main depuis moins de 2 mois quand il rentre en studio pour la première fois. Les autres, guère plus. Peu importe, voire tant mieux. Les Clash sont limités mais ils ont en tête des mélodies, envie d’en découdre avec le pouvoir/les autorités/le système. Alors ils enregistrent 14 morceaux enervés, dont certains feront date (« London’s Burning », « White Riot ») tandis que d’autres auraient dû, bien plus que « Should I Stay Or Should I Go » par exemple, plus radio friendly et bien plus lisse que les 14 bombinettes pop punk ici présentes (bon allez « Cheat » est un peu cheap). Pas de production soyeuse, pas d’envie – ou pas encore les moyens – de satisfaire leur côté touche-à-tout, moins de question à se poser, juste une révolte à exprimer. A la batterie, Topper Headon donne le signal. « He’s in love with rock’n’roll woah, He’s in love with gettin’ stoned, woah » (« Janie Jones »)… Brut, cash, clash. Comme c’est bon. Mick Jones n’est pas Hendrix et ne le sera jamais mais il ne tortille pas du fion, il pond des riffs percutants qui vont droit au but. Strummer sait à peine chanter mais il y met tellement de cœur et d’entrain qu’il se révèle bien plus entrainant et convaincant que nombre de chanteurs techniquement doués mais aussi expressifs qu’un poisson clown. Cette musique n’est pas faite pour les poseurs. Quand Jones lance les hostilités et que Strummer s’engouffre pour y gueuler son rejet de l’impérialisme américain (« I’m So Bored With The USA »), de l’armée, du boulot de merde qui te sert juste à remplir ton assiette (« Career Opportunities »), on les suit. Yeux fermés et poing levé. Au rayon des tubes...

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Edam Edam – Volcano

Edam Edam – Volcano

En novembre 2016, Shyle Zalewski sortait son album définitif d’Edam Edam, dont le nom était un symbole très casse-pied à retranscrire sur un clavier d’ordinateur, et nous annonçait prendre une pause musicale d’une durée indéterminée. Comme l’album était très bon, on avait de quoi se consoler, mais c’était quand même le coeur gros qu’on se demandait combien de temps il faudrait attendre pour voir Shyle reprendre sa guitare et nous balancer ses chansonnettes pop-punk. Avril 2017, un nouveau disque sort. Le tracklisting n’est pas encore définitivement arrêté (oui, chose exceptionnelle, c’est un work in progress qui nous a été envoyé pour chroniquage), mais on approche de la vingtaine de titres. En 5 mois, ce qui devait être au minimum un aurevoir s’est transformé en un dernier petit EP pour le plaisir puis en EP de 14 titres, soit un album, puis en album protéiforme. La vérité, à mon avis, c’est que Shyle est incapable de s’arrêter de composer, d’interpréter, d’enregistrer, de bidouiller. Ce type est non seulement un hyper actif, mais un hyper créatif, et jamais satisfait, avec ça ! L’album va sortir, mais non, un nouveau titre est fini, et finalement il passerait mieux, alors je vire tel autre, mais à bien y réfléchir, tel autre est pas si mal, mais je ne vais pas mettre 40 titres, bon, ben je fais un double album. J’exagère, mais pas tant que ça, à mon avis. Bon, pour parler du disque en lui-même, Volcano reprend dans la lignée de son prédecesseur, avec un « Paper Thin » d’ouverture qui évoque d’emblée Eels. On y retrouve des morceaux pop-punk typiquement Edam Edam, comme « Salem » ou « Witchy-Bitchy », du banjo et du cheap tunes (« Special Flame »), des ballades folk plus calmes (« Twisted Hair », « Castletown »), des inspirations punk ado évidentes (« Volcano »), des petites bizarerries comme le faux jazz de « Wednesday » ou « I’m On Fire With You » qui donne une idée de ce que serait une reprise de « New York Conversation » par les Moldy Peaches et même des instrumentales (« Flyweight Theme », « Pâquerettes »). On est donc en terrain connu sans répéter à l’infini une formule toute faite, ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais même si l’album, copieux, sort dans la foulée d’un autre qui l’était tout autant. Son seul véritable défaut, d’ailleurs, est que sa sortie aussi rapide fait qu’on n’avait même pas eu le temps de se repasser le précédent un million de fois. Quoi qu’il en soit, j’attends impatiemment la sortie physique de ce Volcano qui risque, comme d’habitude, d’être un bel objet. À ce que j’en sais, le fond est là, en tout cas !...

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Concours – Zig Zags à l’Espace B (Paris)

Concours – Zig Zags à l’Espace B (Paris)

Lundi 13 mars, le trio punk de Los Angeles Zig Zags débarque à l’Espace B et promet d’y mettre un bon bordel. Ils seront accompagnés des parisiens de Harrassment. Partenaire de l’évènement avec Voulez-vous danser, Exitmusik te fait gagner ta place pour cette soirée. Pour cela, envoie nous ton nom et prénom à l’adresse suivante : contact.exitmusik@gmail.com Bonne chance ! JL L’évènement Facebook...

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The Saints – (I’m) Stranded

The Saints – (I’m) Stranded

Dans le premier numéro d’une émission radio malheureusement en stand-by définitif, les chroniqueurs nous proposaient un débat un poil fallacieux : le punk est-il américain ou anglais ? Si la paternité musicale se doit de revenir aux Ramones, et la parenté du style vestimentaire et de l’attitude (qu’on pourrait qualifier de « marketing ») aux Sex Pistols, la question devient complètement inepte si on la comprend comme « qui a fait le meilleur punk ? » puisqu’à ce compte-là, c’est peut-être vers l’Australie qu’il faudrait se tourner. En 77, avant même que Never Mind The Bollocks ne mette le mot sur toutes les lèvres, un petit groupe de Brisbane sortait ce qui est certainement un des meilleurs albums du genre. Un des meilleurs albums de rock tout court. Car finalement, la force des grands groupes étiquetés punk est certainement d’avoir fait les meilleurs albums de rock possible, sans chercher à rattacher leur musique à un quelconque mouvement, et les Saints ne font pas exception. Leur musique se rapproche de celles de leurs compatriotes de Radio Birdman, avec une influence sensible des groupes de proto-punk, un son direct, incisif, et un sens mélodique certain. La recette des champions. Après avoir sorti leur premier single sur leur propre label, comme de bons adeptes du DIY, le groupe signe chez Sony pour son premier album qui reprend le single éponyme, tube imparable et lui ajoute 9 titres. Si on pourrait facilement se contenter d’appuyer systématiquement sur repeat à l’écoute de « (I’m) Stranded » et être déjà content du résultat, ce serait tout de même dommage vu ce que le disque a à offrir d’autre. Car ici, même le titre le plus anecdotique ferait figure de tube sur un disque des Sex Pistols ou des Clash, voire de chef d’oeuvre sur le premier album de Wire. Bien sûr, le gros de la musique des Saints tient à la formule citée précédemment, un rock’n roll assez essentiel joué à un tempo endiablé avec un son cru, servi par le chant désabusé mais irréprochable de Chris Bailey, mais ça n’empêche que le spectre de leurs compositions n’est pas si restreint : ils s’osent à la ballade avec « Messin’ With The Kids », pire ils réussissent l’exercice haut la main, proposent des reprises sauvages (« Wild About You » des Missing Links et « Kissin’ Cousins »), un tempo lent (« Story Of Love »), des morceaux nerveux (« Demolition Girl », « No Time », « One Way Street »), sans se donner d’impératif de durée (la très énervée « Erotic Neurotic » dépasse les 4 minutes et le « Nights In Venice » final, pas beaucoup plus lent, frôle les 6). Et pour couronner le tout,  le jeu du guitariste Ed Kuepper saute aux oreilles tant il étoffe sans jamais être dans la surreprésentation. Ni trop limité, comme...

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« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

J’ai essayé de retourner cette chronique dans tous les sens pour voir comment j’allais la présenter, si bien qu’au bout de 2 semaines, Gimme Danger est sur le point de ne plus être à l’affiche et je ne suis pas plus avancé. Alors rendons hommage au rock viscéral des Stooges et faisons simple. Au fond, vous voulez simplement savoir si ça vaut le coup d’aller voir le film. J’imagine que si vous l’avez déjà vu, vous vous êtes fait votre propre avis et n’avez donc pas besoin du mien. Alors allons à l’essentiel : oui. Allez le voir sans hésiter si vous en avez l’occasion. La réalisation : je n’ai rien à en dire vu la faiblesse de mes compétences techniques en matière de cinéma, mais Jarmusch connait son affaire et ça m’étonnerait donc qu’on ait beaucoup de reproches à lui faire de ce point de vue. Du mien, le découpage est clair, l’histoire se suit sans difficulté et on rentre vite dedans. Les extraits inédits et bandes d’époque sont très maigres et de qualité variable, il n’est pas forcément très juste de s’en servir comme argument promotionnel. Iggy Pop est forcément très mis en avant et ressort avec une aura de sympathie phénoménale. A côté de ça, les déboires relationnels au sein du groupe, même si on aborde beaucoup le sujet de la drogue, semblent être accessoires, discrètement évoqués, si bien que la période Raw Power, notamment le transfert réputé forcé et douloureux de Ron Asheton à la basse, reste évoquée de façon assez superficielle. Qu’apprend-on quand on suit le groupe depuis de nombreuses années, qu’on connait bien leurs disques et leur histoire dans les grandes lignes ? Pas grand chose. Et on n’a même pas le droit d’écouter le morceau titre en entier (spoiler : ils passent bien « Gimme Danger » au générique de fin mais coupent après la partie calme ! Sacrilège !). Et ils écorchent le nom de J Mascis dans les sous-titres ! (Double sacrilège !!). Mais une fois qu’on a dit ça, on doit bien reconnaitre que c’est déjà génial de pouvoir aller voir un film sur les Stooges au cinéma, qu’ils méritaient d’être présentés au grand public pour leur apport indéniable à la musique, ne serait-ce qu’après un coup de brosse à reluire et des petits ratés finalement vite pardonnés. Car le fond de ce film, et finalement celui de la musique des Stooges, c’est simplement le plaisir fort, viscéral, primaire qu’il procure. Alors rien que pour saluer l’existence d’un documentaire sur ce groupe, aussi grand public soit-il, ne ratez pas une occasion de le voir. BCG...

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