Dinosaur Jr. – Discographie (2ème partie : 1989 – 1997)

Dinosaur Jr. – Discographie (2ème partie : 1989 – 1997)

  Cherchez Lou, garçons   Quand nous avions laissé Dinosaur Jr., en 1989, c’était après une tournée éreintante pour leur troisième album Bug, et sans bassiste, puisque Lou Barlow et J Mascis semblaient irréconciliables. Pourtant, nulle envie pour Mascis et Murph de baisser les bras ; la musique est bonne, comme dirait Jean-Jacques Goldman, et le leader de Dinosaur qui commence enfin à vivre de sa musique ne se voit pas vraiment abandonner ses projets pour redevenir pompiste, le seul boulot qu’il n’ait jamais eu à côté. Il ne se voit pas non plus devenir musicien studio ou rejoindre le groupe d’un autre, comme lui aurait proposé un petit jeune de Seattle dont le groupe prend de l’ampleur, un certain Kurt Cobain. L’anecdote a été citée par Thurston Moore, alors que Mascis explique à Cobain qu’il pense à l’ex-Melvin Donna Dresch pour prendre la suite de Lou dans Dinosaur, le leader de Nirvana lui aurait sérieusement répondu « elle craint, viens plutôt nous rejoindre à la place ! » Il reste donc à trouver un nouveau bassiste, et c’est d’abord la miss qui s’y colle pour une tournée océanienne. La tournée se passe bien, musicalement et humainement, mais il manque quelque chose. À la fin, ils décident mutuellement d’en rester là. Ensuite, vient le tour de Van Conner, bassiste des Screaming Trees. La tournée se passe bien, musicalement et humainement, mais il manque quelque chose. À la fin, ils décident mutuellement d’en rester là. Plutôt que d’écumer l’ensemble des groupes cultes de la région de Seattle, Mascis tente une nouvelle formation avec Don Fleming en deuxième guitare et Jay Spiegel en renfort à la batterie et aux percussions, Mascis s’occupant lui-même de la basse en plus de la guitare. Cette mouture fantaisiste ne fera pas long feu mais aura quand même le temps de sortir l’excellent single « The Wagon » chez Sub Pop en 1990. Pour expliquer ces errances, Murph se contentera de dire « on cherchait encore Lou, et évidemment on ne le trouvait pas, car il n’y a qu’un seul Lou ». C’est à ce moment-là que J Mascis rencontre celui qui sera son alter-ego sur toute la durée des années 90 : Mike Johnson.   L’année où le punk a explosé Au départ guitariste, surtout connu pour sa participation sur le premier album solo de son ami Mark Lanegan, Mike Johnson rencontre J par le biais d’amies communes. Et si celui-ci n’est pas réputé pour ses compétences sociales, l’accroche entre les deux est rapide et forte. Mascis, qui l’apprécie en tant que guitariste, finira par lui mettre une basse entre les mains en lui demandant de rejoindre le groupe pour la tournée de son nouvel album. Car entre « The Wagon » et...

Lire la suite

Soundgarden (discographie)

Soundgarden (discographie)

Bienvenue dans votre cours d’histoire musicale. Interro surprise, on va voir si vous avez bossé. Citez-moi des groupes majeurs de la scène de Seattle. « Nirvana » oui bon celui-ci était facile Steven. « Pearl Jam » ok, jusque-là c’était pas trop compliqué. Un peu plus pointu maintenant… Long silence… « MUDHONEY » oui très bien Roberta. J’en veux d’autres ! « Tad », bien vu Francis. Continuez. Il en manque beaucoup, et pas les moins connus… Allez avec le chanteur chevelu beau gosse… « Eddie Vedder ? » Non on a déjà cité Pearl Jam, faut suivre un peu. Ils ont sorti un gros tube appelé « Black Hole Sun ». « Soundgarden ! » ah ben quand même. Ce n’est pas normal que je doive vous dire ça pour que vous soyez capable de les citer, vous avez de grosses lacunes. Alors on va tout reprendre depuis le début, ouvrez vos cahiers page 44. Et ne soupirez pas, c’est un chapitre très important.   Le dilemme du chanteur-batteur Nous sommes au milieu des années 80. Musicalement c’est un peu tristos, disco à tous les coins de rue, synthés et boîte à rythme semblent devenus indispensables alors que les guitares peinent à se faire entendre. Même les plus grands vivent leur traversée du désert. Ajouté à cela, une satanée pluie qui tombe 2 jours sur 3 à Seattle et vous comprendrez que les jeunes locaux ont un peu le moral dans les chaussettes. Le jeune Chris Cornell (le chevelu beau gosse que vous ne trouviez pas) se sent alors comme investi d’une mission : remettre le rock, le vrai, celui avec les guitares hurlantes sur le devant de la scène. Celui mis en sourdine depuis que le punk est passé de mode (citons quand même de valeureux résistants parmi lesquels Black Flag, Wipers et autres Butthole Surfers). Lui et quelques autres vont non seulement y parvenir mais vont carrément faire partie du renouveau du genre, redonner ce coup de fouet nécessaire. En résumé ils vont sauver le monde. J’exagère à peine Lucille ne sois pas rabat-joie. Après une première tentative sous le nom de The Shemps – groupe de reprises assez merdique -, il fonde Soundgarden avec son pote bassiste et coloc Hiro Yamamoto (Francis tes jeux de mots foireux et ricanements idiots tu les gardes pour toi) et Kim Thayil à la guitare (un autre chevelu mais qui a moins de succès auprès des filles). Soundgarden vient du nom d’une sculpture de Seattle qui produit une sorte de musique avec le souffle du vent (A Sound Garden). Ça c’est pour l’anecdote inutile. Une autre, pour rager un peu. Le deuxième concert de Soundgarden sera aux côtés de Hüsker Dü et Skin Yard. Belle époque. A noter que Cornell est au départ chanteur… et...

Lire la suite

CAKE (discographie)

CAKE (discographie)

La vie a parfois une façon surprenante de faire ses affaires. Ainsi, quand on vous présente Monsieur G., fan absolu de Dinosaur Jr, qui compte parmi ses 10 meilleurs albums de tous les temps au moins 5 albums de punk ou assimilé, qui joue dans un groupe garage punk et qui pense que « Sonic Reducer » (Dead Boys) et « New Rose » (The Damned) sont parmi les plus beaux morceaux jamais écrits, on pourrait être étonné d’apprendre que celui-ci a une affection doublée d’une estime sans mesure pour CAKE. Cet article n’a pas vocation à prendre le contrepied de mes positions habituelles ou à me mettre en lumière sous un jour plus sensible, tel un comique de bas-étage qui viendrait déballer les affres de sa vie personnelle dans une émission de télé-psycho sur le registre « moi aussi, j’ai un cœur« . Non, en fait, je n’en ai rien à battre de passer pour un bourrin ou un ayatollah de la musique. Mais mon histoire personnelle avec ce groupe m’a poussé à l’aimer, et j’aime CAKE, un point c’est tout. Alors, à l’occasion de la sortie d’un super coffret vinyle qui regroupe l’ensemble de leur discographie, je vous propose de vous replonger avec moi dans l’œuvre de ce groupe indé injustement méconnu. En plus, cette fois, même les oreilles sensibles n’auront pas besoin de boules quiès ! Motorcade of Generosity 1994, alors que le rock alternatif est en déclin et que le monde s’apprête à apprendre le décès de Kurt Cobain, qui portera un coup fatal à la mouvance issue de Seattle, un petit groupe de Sacramento sort par ses propres moyens son premier album. Véritable OMNI (Objet Musical Non Identifié), cet album marque une rupture symbolique avec le rock du début des années 90. Non pas qu’il soit particulièrement influent ou précurseur, mais Motorcade of Generosity rejoint ces disques, comme Roman Candle d’Elliott Smith ou les premiers Built to Spill, qui démontrent que le rock indé n’a pas eu besoin du renouveau de la brit-pop pour aller de l’avant après que Nevermind lui a permis d’éclater à la face du monde. CAKE donne le ton sur ce premier album, et impose son style inimitable. Porté par le chant particulier de John McCrea, oscillant entre country, folk et hip hop, le groupe se distingue également en renforçant ses mélodies de guitare par une trompette folle, le tout appuyé par une basse groovy. Et pour ne pas que la recette se répète à l’écœurement, les compositions ont des accents variés : country (« Pentagram », « Jesus Wrote A Blank Check »), tango (« Up So Close »), rock limite hard (« Rock’n Roll Lifestyle »), les ambiances sont tantôt enjouées (« Comanche » ou « Ain’t No Good »), tantôt mélancoliques (« Haze of Love ») voire énervées (« Is This Love ? ») avec des mélodies souvent...

Lire la suite

Dinosaur Jr. – Discographie (1ère partie : 1984-1989)

Dinosaur Jr. – Discographie (1ère partie : 1984-1989)

Avec une demi-douzaine de critiques dithyrambiques à mon actif sur ce site, ce qui n’est généralement pas mon habitude, il me paraissait inconcevable de ne pas vous parler de mon groupe préféré, qui devrait d’ailleurs être le groupe préféré de tout un chacun. Et comme je n’ai pas su me décider sur un seul album, je vous ai fait une petite discographie. Petite, puisqu’elle ne s’intéresse pas à l’ensemble de la discographie du groupe, mais à ses trois premiers albums, ceux qui précèdent la séparation du line-up d’origine, donc ça suit quand même une certaine logique. Au passage, le groupe, c’est Dinosaur Jr. Au départ, Dinosaur Jr. s’appelle Dinosaur, mais avant ça, il y avait un groupe du nom de Deep Wound. Formation hardcore ma foi assez classique dans les années 80, vous savez le genre qui ne joue que des titres de 30 secondes très énervés, Deep Wound se distingue par son batteur et son guitariste, deux petits jeunes du nom de J Mascis et Lou Barlow. Après s’être rendu compte qu’il n’y a plus grand intérêt à faire du hardcore quand on joue déjà super vite, les 4 compères se lassent, en particulier Mascis, et le groupe se sépare. À cette époque, Mascis qui a beaucoup de temps libre, apprend la guitare puisqu’il ne réussit pas à trouver un guitariste qui a un son à son goût, et autant dire que ça se comprend quand on entend effectivement la manière dont il joue de la guitare. Le jeune J passe donc son temps dans sa chambre à peaufiner son style, son son, et ses morceaux. Quand il en sort, il contacte Barlow à qui il propose le poste de bassiste et Charlie Nakajima, son pote d’enfance qui chantait dans Deep Wound, pour reformer un nouveau groupe. Nakajima propose un de ses amis, surnommé Murph, pour jouer de la batterie et c’est ainsi que se forme la première mouture de Dinosaur. Sauf qu’au premier concert, Nakajima arrive bourré ou défoncé, ou les deux, ce qui n’est pas au goût de ses camarades. Mascis, passablement énervé, le vire d’une manière qui montre toutes ses compétences sociales ; il dissout le groupe pour le reformer le lendemain, sans chanteur. Il prend donc la main sur les vocals, ce qui n’est pas plus mal puisque sa voix lancinante sera une des marques de fabrique du groupe. Et voilà comment s’est formé Dinosaur.   De la country qui fait saigner les oreilles Sorte de gloubi-boulga rock/punk/hardcore/noise/new wave/folk/hard rock, qui se veut au dire de Mascis lui-même « de la country qui fait saigner les oreilles« , le premier album de Dinosaur est un véritable OVNI musical. Les compositions partent dans tout les sens, et...

Lire la suite

Led Zeppelin (discographie)

Led Zeppelin (discographie)

  Led Zeppelin, trajectoire d’un groupe légendaire. Dire qu’il y a déjà quelques semaines, ce superbe site dédié notamment à la musique Rock sous toutes ses expressions, du stoner au punk, en passant par le garage, le blues, le classic, la pop, le reggae, et j’en passe a soufflé sa première bougie, et J’HALLUCINE rien ou presque sur LED ZEPPELIN ! Le Zep quoi les mecs ! Il y en a quelques uns qui suivent ou pas ? Pour rappel ou information (mais là c’est pour les cas désespérés), Led Zeppelin est souvent cité comme le plus grand groupe des années 70. Précurseur du rock lourd (Hard Rock puis Heavy Metal) qui a inspiré nombre de rejetons depuis des décennies. Led Zep est à l’orée des années 70, l’un des ambassadeurs de ce type de musique avec d’autres groupes britanniques comme Deep Purple et Black Sabbath. Mais pas uniquement, et c’est là que Led Zep sort nettement du lot. Jimmy Page, le guitar hero de service, a déjà sévi de nombreuses années en studio, c’est l’un des musiciens les plus demandés du Swinging London. Engagé au sein des Yardbirds pour devenir la seconde gâchette derrière Jeff Beck, il va prendre rapidement les commandes du groupe, après la défection de celui-ci, problème d’ego entre les deux as de la six-cordes. En 1968, le groupe explose et Jimmy Page désormais seul maître à bord le rebaptise The New Yardbirds. John Paul Jones, avec lequel il a déjà joué en studio le contacte pour intégrer le groupe, il tiendra la basse et les claviers. Page veut enrôler Terry Reid au chant, qui décline mais lui recommande un jeune chanteur nommé Robert Plant. Page va l’écouter en concert (il tourne alors avec son propre groupe The Band Of Joy), il est totalement enthousiasmé et le convainc de rejoindre l’aventure. Ne manque plus que le batteur. Plant connait John Bonham, qu’il a connu au sein de Band Of Joy. Bonham est un type surdoué qui est prêt à s’engager dans le groupe de Joe Cocker à cette époque, il finit par accepter de faire un essai avec les autres. Lors de cet essai, le constat est immédiat, l’alchimie est totale. Bingo, le groupe est né, il deviendra très vite Led Zeppelin pour ne plus trainer comme une casserole une référence aux Yardbirds. La légende est en marche, rien ne l’arrêtera plus, sauf la mort d’un de ses membres. Les caractéristiques du son de Led Zeppelin sont, d’une part la virtuosité des quatre larrons, bien entendu Page qui balançait riffs et solos à tout dézinguer, Jones aussi à l’aise basse en main qu’aux claviers, Bonham à la force de frappe phénoménale, le Vulcain du Rock, et au groove...

Lire la suite

Pixies (discographie)

Pixies (discographie)

Près de neuf mois d’existence pour ce site, pas une chronique sur les Pixies. Y a comme une couille dans le pâté comme dirait tata Suzette. Ne parvenant plus à trouver le sommeil devant ce constat des plus accablants, je dois donc me sacrifier pour laver l’affront. Et histoire de frapper un grand coup, je ne vais pas me contenter d’une modeste chronique d’album, non ils valent mieux que ça. On va faire les choses bien et revenir sur toute leur discographie. Je dirais même plus sur leur Histoire (avec un grand H, oui monsieur).   Cobain et Fincher, des gens bien Pour commencer on va remercier deux personnes sans qui les Pixies seraient peut-être restés un groupe relativement confidentiel : Kurt Cobain et David Fincher. Le premier pour avoir profité de sa célébrité pour mettre la lumière sur des groupes qu’il admirait, Pixies en tête, qu’il a dû citer dans à peu près deux interviews sur trois. Le second pour avoir mis « Where Is My Mind ? » à la fin du générique de Fight Club, geste salvateur qui fit que tous les spectateurs en sortant de la salle du cinoche se posèrent deux questions (attention SPOILER) : « mais alors en fait Brad Pitt et Edward Norton c’est le même mec ? » et « c’était de qui ce morceau génial à la fin ? ». Ce morceau était donc des Pixies et, effectivement si tu t’es posé cette question-là à ce moment-là tu fais incontestablement partie des losers mais tu as dû te rattraper depuis. Si tu ne l’as pas fait, il n’est jamais trop tard.   « Scream it like you hate the bitch ! » La « vraie » carrière des Pixies (on y reviendra) est finalement assez brève. Sept ans d’activité, quatre albums studios. Pas besoin de plus pour marquer l’histoire. Une histoire qui commence en 1984, lorsque Charles Thompson IV fait la rencontre du Philippin Joey Santiago à l’université Amherst du Massachussetts. Ils partagent un goût commun pour la musique, le premier est un fondu des Beatles et de Donovan (si, si) tandis que Joey est très branché punk et David Bowie. Les deux potes se mettent à jouer ensemble régulièrement mais sans grande ambition, plutôt pour le délire, en fumant des oinj. Charles ne chante pas encore, il se contente de jouer guitare, piano, basse et batterie (déjà pas mal me direz-vous). Il reçoit alors le conseil d’un ami thaïlandais qui lui dit de chanter comme McCartney dans « Oh ! Darling », c’est-à-dire pour reprendre ces termes assez crus « scream it like you hate the bitch ! » (pas besoin de traduire). Un conseil qu’il n’oubliera pas. Après un séjour universitaire à Porto Rico écourté, Charles revient au pays  bien décidé à se lancer pour de...

Lire la suite

Mano Negra / Manu Chao (discographie)

Mano Negra / Manu Chao (discographie)

  Fin des années 80, la scène musicale rock alternatif est en pleine ébullition en France : Garçons bouchers, Bérurier noir, Wampas entre autres foutent le feu à l’hexagone et dépoussièrent les étagères du rock français, qui se remet doucement de la séparation de Téléphone (non je déconne). Un bon coup de pied dans la fourmilière salutaire, ces mecs ont décidé de foutre le waï et de s’éclater (leur credo). Au milieu de tous ces énergumènes émerge une formation qui va faire date : Mano Negra. Mano Negra est avant tout une affaire de famille, deux frangins, Manu (guitare et chant) et Antoine Chao (trompette et chant), et leur cousin Santi Casariego (batterie), et d’une bande de potes, plus ou moins permanents dans le groupe. Tous parigots pur jus, mais d’une grande mixité d’origine, les Chao sont d’origine espagnole par leur grand-père réfugié politique, combattant engagé contre Franco, qui marquera profondément Manu Chao. Cette mixité, on la retrouvera dans leur musique, où ils brassent dans un joyeux bordel, le rock’n’roll, les rythmes latinos, le flamenco, le jazz manouche, le reggae, ou la gouaille parisienne à la sauce Garçons bouchers ou Rita Mitsouko. Un énorme bol d’air en tout cas, fin des années 80. Je me souviens d’une conversation après une soirée pas mal arrosée, avec ma petite sœur, où l’on évoquait les groupes marquants de ces années. Je citais U2, qui avait été pour moi un choc musical, ma frangine (pas de la même génération), me remettait en place vertement, en m’expliquant que les vrais purs et durs, ceux qui resteraient, laisseraient une trace (en tout cas dans l’Hexagone), c’était la Mano. À méditer. La Mano est le rassemblement de musiciens de divers groupes : Hot Pants (1ère formation de Manu Chao), Wampas, Los Carrayos entre autres. Premier album coup de poing, avec un tube énorme « Mala Vida » aux sonorités très latinos, trompettes mariachis, sur un rythme de caisse claire, et chantée en espagnol. Une surprise dans le paysage français. « tu me estas dando mala vida, yo pronto me voy a escapar ». En gros, cela veut dire, tu me pourris la vie, je ne vais pas tarder à mettre les voiles. Règlement de comptes porté par une pêche infernale. Le morceau sera repris version salsa par la grande star du genre en Amérique latine Yuri Buenaventura. Premier coup d’éclat de la Mano qui marquait sa vraie différence, et son ouverture sur le Monde. Tout le reste de l’album est un patchwork qui mélange toutes les influences subies par les membres du Groupe, chantées en espagnol, anglais et français, avec omniprésence des cuivres. De joyeux délires « noche de accion », « baby you’re mine », des sonorités plus rock au refrain plus proche du rap,...

Lire la suite

Sporto Kantès (discographie)

Sporto Kantès (discographie)

Pour tous les amateurs de la série Kaboul Kitchen (excellente soit dit en passant),  passée sur Canal + en début d’année, le son (sinon le nom de Sporto Kantès) n’est pas inconnu. En effet, un de leurs titres « Lee » figurait au générique. Sporto est également célèbre pour un autre morceau, « Whistle » qui est la bande son depuis plusieurs années des campagnes publicitaires pour certains véhicules d’une grande marque française (dont je tairais le nom). Faut bien vivre. Mais ils ne font pas de la musique pour la pub, ou les séries TV, et en dehors de cette démarche mercantile, que bien d’autres, d’ailleurs (et bien plus célèbres) ont  effectuée avant eux, il faut reconnaître que les Sporto sont des musiciens attachants et doués. Ce groupe, de deux musiciens fondateurs/compositeurs, existe depuis 1998. Nicolas Kantorowicz (ex bassiste des Wampas) et Benjamin Sportès (batteur chez les Moonshiners, groupe de rockabilly), ont fait paraître 4 albums depuis leur rencontre musicale. Leur style marie sonorités électroniques avec de nombreux genres musicaux : rock, reggae, rap. Avec un sérieux penchant pour le déjanté et la recherche du sample qui tue, ou qui fait rire, ou les deux. Leurs deux premiers albums, Act. 1 (sur lequel figure les excellents « Go », « Party » ou « Buster » ) et 2nd Round (où l’on trouve « Lee » et « Impressed » notamment), sont de vraies réussites et trouvent leur public. Chantés en anglais pour la plupart, les titres sonnent parfaitement, et prennent une autre dimension sur scène. Après plusieurs années, les Sporto, ne sont plus sur la même longueur d’ondes, et préfèrent se séparer. En 2008, retrouvailles réussies. Les deux potes reviennent en force avec 3 At Last qui comporte quelques perles : « Concrete », « Whistle », ou « Fight » (utilisé également sur la bande son de Kaboul Kitchen). L’album marche fort et la tournée qui s’en suit également. Le groupe donne la pleine mesure des nouveaux titres sur scène, et une nouvelle vigueur à l’ancien répertoire. Enfin, en début d’année est paru 4, dans la continuité de l’album précédent. Quelques belles réussites, « The Prince is Dead » qui ouvre le disque, titre très punchy, et très rock. Suit « Fuckin’ Country » carte postale musicale très « fun » aux sonorités africaines, avant de revenir à des territoires musicaux plus familiers. Bricolages sonores sympas (« Goin’ Tonight », « Once Upon a Time »). Ballades reggae (« Holiday »), collage techno/dance « le visage vert », avec un pont très drôle (« allô M. l’ordinateur »…), rappelant les délires de Philippe Katerine. L’ensemble du disque est à l’avenant, chouettes compositions, collage cinématographique. Influences très diverses pour un résultat très visuel. Sporto Kantès n’a pas son pareil pour accoucher de petites histoires qui embarquent les auditeurs à leur bord. Avec son électro-pop et son mélange de styles musicaux parfaitement...

Lire la suite

Necro – I Need Drugs (Psycho+Logical)

Necro – I Need Drugs (Psycho+Logical)

Ron Braunstein, alias Necro, est à la fois rappeur, producteur, réalisateur de film, l’inventeur du Death Rap et véritable businessman. Influencé par le Hard Rock et le Métal, il apprend à jouer de la guitare vers l’âge de 9 ans. Son demi frère, Ill Bill, plus âgé que lui, se lance dans le rap au début des années 90. Necro, suit donc l’exemple de son ainé et se lance dans la production d’instrus sombres et lugubres, sur lesquelles il appose un flow énervé. A la fin des années 90, il créé son propre label Psycho+Logical-Records, après avoir produit des artistes comme Cage sur l’excellent « Agent Orange », Al Tariq, ou encore Non Phixion. Il sort son premier album I Need drugs en 2000. Il réunit, plusieurs maxis publiés précédemment, des inédits, et des freestyles enregistrés lors d’émissions de radios. Un peu une compilation, enfin je vous rassure ça ne s’entend  pas à l’écoute, les morceaux s’enchainent parfaitement et en toute cohérence. La pochette de l’album représente un homme, seringue à la main, prêt à se piquer, il s’agit de son oncle Howie. Elle illustre parfaitement le titre de l’album, ainsi que le track du même nom, qui n’est d’autre qu’une reprise parodiée de « I Need Love » de LL Cool J, dans une version beaucoup moins glamour. Avec des productions toujours plus dark et très efficaces, ce véritable taré nous balance ses textes hyper agressifs en pleine tronche. Ça parle de sexe (« The most Sadistic », « How Blow »), de drogue (« I Need Drugs ») de violence et de la mort (« You’re dead »). Si vous ne l’avez pas encore compris, son art consiste à choquer, à mettre mal à l’aise, et à livrer un rap hardcore qui ferait passer Eminem pour un Saint. « I keep straining my ears to hear a sound/ Maybe someone is digging underground », sample des Bee Gees en intro à l’une des meilleures productions de l’album, la moins sombre d’ailleurs « Underground ». Il sample également le tube « You’ve Lost that Lovin’ Feelin’ » de la chanteuse de Soul, Dionne Warwick, cousine de Whitney Houston, le temps d’un « Get on your knees », embelli de gémissements féminins. Et oui Necro est aussi réalisateur de films (court métrages) dont certains sont pornographiques. La seule déception de cet album est le titre « Cockroaches » et si les 3 freestyles qui clôturent l’œuvre, ne sont pas très agréables à l’écoute (enregistrements de mauvaise qualité), ils auront au moins l’intérêt de nous prouver le talent du MC en matière de freestyle. Dans l’univers de Necro, on ne vit pas, on survit ou on meurt, si Charles Manson n’avait pas été en prison, il aurait surement aimé collaborer sur l’un des titres de Necro. Entre psychopathes le courant aurait...

Lire la suite