Camilla Sparksss – Brutal

Publié par le 20 avril 2019 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(On The Camper, 5 avril 2019)

Peter Kernel n’est pas ce qu’on pourrait appeler un groupe prévisible. Vraiment pas. Malgré des comparaisons insistantes (et encombrantes) avec Sonic Youth (surtout au début de leur carrière), le groupe excelle dans la remise en question et l’effet de surprise permanent grâce aux personnalités bien marquées de ses deux têtes pensantes : Barbara Lehnoff et Aris Bassetti.

Beaucoup se contenteraient donc de cela mais visiblement cela ne suffit pas à Barbara. Barbara se doit de satisfaire sa créativité bouillonnante. Pour cela, elle enfile parfois son costume de Camilla Sparksss et s’éclate. Brutal est le deuxième album de Camilla/Barbara (même si Aris y a grandement contribué). Brutal il l’est, indéniablement. Mais sans oublier d’être subtil, heureusement.

L’intro (“Forget”) est contemplative et intrigante, perturbée par d’étranges sons électro venus brouiller les pistes. Les interrogations affluent, on est encore au round d’observation. Et puis, nous voilà largués en plein Orient, et sacrément désorientés (“Are You OK?”). L’Orient ou l’Afrique d’ailleurs ? Les darboukas sèment le trouble. Peu importe, nous voilà au milieu d’une foule en liesse, dansant et oubliant le reste.

C’est aussi ça qui lui plait à Camilla, nous laisser errer le regard perdu, ne sachant bien si ce sont nos neurones qui sont sollicités (la rêveuse “Messing With You”, l’étrange “She’s A Dream” qui évoque parfois une BO de film noir) ou nos jambes qui doivent s’agiter (aucun doute sur la très dancefloor “So What”, sa basse intenable et sa punchline “I died once, i can die twice“). Dès lors qu’on cesse de se poser des questions, qu’on se laisse aller sans calcul à cette musique finalement bien plus primitive qu’elle peut en avoir l’air, l’écoute devient jubilatoire et addictive (le single “Womanized”, sacrément captivant).

Si on se sent un peu moins concernés par la deuxième partie du disque, à mesure que l’aspect noisy de Camilla Sparksss reprend le dessus sur les mélodies (la rude “Walt Deathney” qui ne nous ménage guère), cet amoncellement de morceaux bigarrés parvient à faire étonnamment sens. Le charisme vocal de Barbara s’occupe du reste et nos tripes sont bien remuées sur la puissante “Sorry”, conclusion de l’album où les derniers mots sont scandés avec une intensité qui va crescendo… Rideau. Une fin brutale. Et un peu triste aussi car vite arrivée alors qu’on s’amusait bien. Camilla, Barbara, Aris, Peter… Revenez quand vous voulez !

Jonathan Lopez

LIRE LA CHRONIQUE DE PETER KERNEL – THRILL ADDICT

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