Peter Kernel – The Size Of The Night

Publié par le 8 mars 2018 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(On The Camper, 9 mars 2018)

En 2015, tout changeait pour Peter Kernel. Avec Thrill Addict, un disque aux forts relents de jeunesse sonique, le groupe recevait un accueil chaleureux et boostait considérablement sa popularité. Aujourd’hui Peter Kernel compte dans la sphère indie rock.

En 2017, nouveau changement important, beaucoup moins heureux cette fois. Andrea, ami et fidèle complice des enregistrements du groupe, décède. Barbara et Aris accusent évidemment le coup, puis sèchent leurs larmes et se retroussent les manches. Ce disque sortira. Pour lui. Et ce sera le plus ambitieux.

Voilà pour la genèse. Quand au contenu de ce The Size Of The Night, il n’a rien d’un blockbuster. Les attraits sont subtils, pas tape à l’oreille pour un sou. Non, il faut y aller doucement, le laisser s’imposer peu à peu.

Le single, “There’s Nothing Like You”, pouvait laisser assez froid au départ mais s’impose comme un grower. Après QUELQUES écoutes, on se dit que l’album est pas mal mais que le single reste son principal intérêt. Après de MULTIPLES écoutes, le déclic se produit : finalement tout ce disque est un grower et on se demande alors comment on a pu passer à côté de toutes ses qualités.

Ce qui semblait n’être qu’une succession de petits gimmicks bien trouvés mais un peu vains est finalement d’une grande cohérence et forme un disque très travaillé aux atmosphères intimistes. Là où Thrill Addict brillait par ses coups d’éclat (“High Fever”, “Your Party Sucks”, “It’s Gonna Be Great”…), The Size Of The Night s’impose comme un tout. L’expérience du Peter Kernel Orchestra, pas tout à fait convaincante, a sans doute porté ses fruits a posteriori. Et ici de nouveaux instruments s’invitent à la fête. Chaque morceau est à sa place, chaque morceau est remarquablement pensé, chaque morceau est totalement captivant.

Des morceaux libres, fins et intelligents qui surprennent d’emblée (l’intro démente de “Drift To Death”), ou s’évadent là où on ne les attend pas (le solo de flûte de “Terrible Luck” et sa montée finale où Barbara part dans des aigus insoupçonnés). Avec un chant tantôt murmuré (“The Secret Of Happiness”), tantôt scandé, parfois taquin (“Pretty Perfect”), toujours mélodieux, des guitares tour à tour caressantes et tranchantes (“Men Of The Women”), des mises en place en douceur, des accélérations subites, des morceaux à tiroirs (“The Shape Of Your Face In Space”, énorme), Peter Kernel surprend constamment et séduit durablement. La délicate “The Fatigue Of Passing The Night” vient conclure un trip étrange mais ô combien excitant.

Peter Kernel a pris des risques, ils ont bien failli me laisser sur le bas côté mais me voilà finalement plus enthousiaste que jamais à leur sujet.

Jonathan Lopez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :