High Tone – Time Has Come

Publié par le 20 mars 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Jarring Effects, 1er mars 2019)

Il y a comme un air de déjà-vu qui flotte sur cette année 2019, et ce n’est pas pour nous déplaire. Zenzile entame une grosse tournée Dub Unlimited parfois accompagné de Brain Damage, High Tone dégaine un nouvel album et va enquiller derrière avec une tournée massive également.

Alors rien n’a changé 20 ans après ? Si, et pas qu’un peu. Si les fers de lance du mouvement français sont toujours là et bien fringants, autour d’eux l’émulation est bien moindre qu’à l’âge d’or du début des années 2000. Et si Zenzile, après avoir tenté moult expérimentations, a opéré à un retour aux bases réussi, High Tone continue de lancer des missiles à tête chercheuses dans toutes les directions.

On peut se demander si Time Has Come n’annonce pas le début d’une nouvelle ère pour High Tone, si le temps ne serait pas venu pour les lyonnais de s’affranchir une fois pour toutes de l’étiquette dub qui leur colle aux basques depuis le début de leur carrière. S’ils n’en sont pas à leur premier écart loin s’en faut, les gars de High Tone ont ici coupé le cordon pour de bon sur des morceaux comme “Earth Breath” qu’on classera plus volontiers dans l’électro atmosphérique, bien plus proche d’un Jon Hopkins que d’un King Tubby. Véritable réussite, ce “Earth Breath” constitue une nécessaire bouffée d’air frais, au milieu de titres plus étouffants comme “Babylon Empire” qui verse dans la techno pure et dure un peu balourde. En ces temps de deuil pour les amateurs de Prodigy (RIP Keith), on se réjouit en revanche d’un “Conspiracy” qui convoque l’extravagance et la radicalité de ces derniers… sans négliger pour autant les infrabasses, les samples dubwise et les skanks qui vont bien.
Du dub, en veux-tu ? En vlà du digital, classique et efficace (“Walk For The Future”). Le reggae n’est pas balayé non plus d’un revers de beat, les vibes de “Real Good Society” sont là pour le rappeler, même encerclées de bizarreries technoïdes.

Toujours tourné vers le futur, constamment tiraillé entre les genres, High Tone jette toutefois quelques coups d’œil furtifs dans le rétro en renouant avec les ambiances orientales qui lui sont chères (“Ritual Of Death”), en invitant la chinoise Yehaiyahan au chant (après avoir collaboré par le passé avec Wang Lei) le temps d’un excellent single où retentissent ses bonnes vieilles sirènes de sound system (“Oh Why”).

Vous serez donc surpris, mais pas totalement perdus non plus.
S’il n’a pas la stature des classiques du groupe, Time Has Come permet de revérifier quelques points essentiels : l’envie de surprendre est toujours là et l’inspiration ne fait pas défaut. Rendez-vous dans 20 ans ?

Jonathan Lopez

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High Tone jouera au Trianon (Paris) le 25 avril prochain.

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