High Tone – Ekphrön (Jarring Effects)

Publié par le 19 avril 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

highIl paraît souvent convenu de parler de « groupe à part » mais pour High Tone l’expression n’est absolument pas usurpée. Figure de proue du dub français, High Tone a toujours été ce groupe à la musique si singulière, aventureuse et inclassable.

Ce sixième album s’ouvre sur « Basis ». Plic, ploc, plic, ploc, les gouttes d’eau tombent sans discontinuer, douceur d’un jardin d’orient, la quiétude est totale, renforcée par les superbes lignes de violoncelle de Vincent Segal. Mais un disque de High Tone n’est jamais un long fleuve tranquille.

Les assauts dubstep ne sont pas rares (« Until The Last Drop »), les longues envolées planantes non plus (« All Expextations » et ses reverb qui nous reviennent comme des boomerangs). Ce n’est plus vraiment du dub mais on reconnaît bien le son High Tone, leur affection pour les sonorités et voix orientales, leur goût prononcé pour les bruitages qui arrivent de partout comme si leur but premier était de nous retourner le cerveau (« Raag Step »). Un rôle dans lequel ils ont toujours excellé.

Symbole du savoir-faire des lyonnais, le premier single « A Fistful Of Yen » nous fait passer par toutes les émotions alternant passage dubstep surpuissant (un poil too much) et atterrissage tout en maîtrise, sur coussin d’air. Impressionnant.

Une fois n’est pas coutume, sur « 72′ Turned Off », c’est la guitare qui fait plus de bruit que les machines. High Tone qui se la joue rocker ? Pas tout à fait – DJ Twelve est très présent – mais il y a de quoi être surpris. En tout cas, ça fait mouche, encore une fois.

Les ambiances sont variées, le voyage dépaysant. Hormis le titre hip hop « Old Mind » qui a du mal à décoller, il n’y a pas de réel déchet sur ce disque qui fait largement honneur à la réputation du groupe.

Plus de 17 années d’activité et High Tone fait toujours partie de ces (rarissimes) écuries dub françaises qui font plus que tenir la baraque. Et vu l’inspiration et la soif constante de renouvellement de ces garçons, on risque encore de les suivre de près dans 10 ans.

 

JL

 

 

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