Zenzile – Berlin (Yotanka)

Publié par le 4 novembre 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

Berlin-20140818175430On se souvient toujours de sa première fois. Et je me souviendrai toujours de la première fois que j’ai entendu « Der Verkehr ». J’étais aux chiottes. Bon ça brise un peu le mythe. Mais quand j’ai entendu ce morceau (peu importe le lieu après tout), j’ai su immédiatement qu’il me suivrait des mois durant, si ce n’est des années. Il suffit d’une fois pour être pris par cette ligne de basse dantesque chahutant avec un saxo taquin. Et le morceau dure plus de 8 minutes s’évadant ensuite dans des directions insoupçonnées. Un bijou. Constat identique sur « Der Kindergarten » où les sonorités électroniques ont tôt fait de nous faire vriller le cervelet.

Zenzile, toujours en quête de nouveaux défis et inspirations, se penche cette fois sur la capitale allemande. Ce ne sont pas les premiers, on se souvient évidemment du trio infernal David Bowie/Lou Reed/Iggy Pop avant eux. Ils avaient marqué l’histoire. Le groupe angevin n’en est pas là mais risque bien de marquer sa propre histoire avec un énième tournant discographique. Et un énième coup d’éclat.

Zenzile s’appuie ici sur le docu-fiction muet de Walther Ruttmann « Berlin : la symphonie d’une grande ville » à qui il a décidé de donner une seconde vie. Avec ou sans images, cet album est une réussite absolue. Entièrement instrumental, Berlin ne s’embarrasse d’aucun carcan. Le dub n’est qu’un lointain souvenir. Trop restrictif. A l’exception du dernier titre « Der Tanz », ne subsistent ici que les reverbs et une basse qui, comme toujours, mène la danse. Les instruments jouissent d’une liberté totale et nous délivrent un récital convoquant à la fois le krautrock teuton, le post-rock, le progressif.

A l’image de ce moment où Zenzile choisit d’appuyer sur pause et où tout se met à flotter dans un délire très Floydien (« Die Architektur »). Ô temps suspends ton vol, ô Zenzile prends-nous par la main et emmène nous loin, très loin. Bien au-delà de Berlin.

Et on n’oubliera pas de mentionner la phénoménale « Die Brucke », ce serait criminel. On a le sentiment que ce groupe ne s’est jamais autant lâché faisant voler en éclat les barrières. L’avenir s’annonce radieux et palpitant.

Une chose est sûre en tout cas, Zenzile n’est plus « seulement » un grand groupe dub. C’est un grand groupe tout simplement.

 

JL

 

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