Dans le bac d’occaz’ #15 : The Modern Lovers, Slint, Comets On Fire

Publié par le 12 juin 2017 dans Le bac d'occaz | 0 commentaire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*

 

Dans le bac d’occaz #15 : les années en 1

 

1981 : The Modern Lovers – The Original Modern Lovers 

Entre JL et moi, c’est parfois compliqué. Il faut savoir que c’est souvent lui qui me conseille sur les disques à inclure dans cette rubrique, et que jusqu’ici ces choix n’ont pas été particulièrement judicieux. A fortiori quand il s’agit des années 80, la période musicale qui peut facilement être la plus pénible pour moi. Faith No More, c’était lui. Wire, c’était lui. Stone Roses, c’était lui. Gang Of Four, c’était lui. Le groupe qui me torture en ce moment mais dont je ne peux pas encore parler parce que je prépare mes bac d’occaz un mois à l’avance, c’est encore lui. Alors quand pour l’année 1981 j’ai dû écouter un groupe au nom limite new wave proposé par ses soins, j’y suis un peu allé à reculons.
 
Et là, le choc. Mais putain, c’est vachement bien. Et pas du tout typé ! Ce truc-là aurait pu être écrit en 2017 comme en 1972, on y retrouve à la fois l’influence du Velvet Underground (particulièrement palpable sur « Roadrunner #2 »), l’énergie et le côté brut des groupes de proto-punk (« Astral Plain », par exemple), une voix désabusée pas très loin d’Eels ou Car Seat Headrest, du farfisa sur « Roadrunner #1 » histoire de bien évoquer les 60s mais aussi des temps calmes comme « Dance With Me » ou « Girlfren » que ne renieraient pas les Violent Femmes (ils ne renieraient pas non plus l’énergique « I Wanna Sleep In Your Arms », j’imagine) et même une bizarrerie a capella, « Don’t Let Our Youth Go To Waste », qu’il fallait oser avec la voix de Jonathan Richman et la prod lo-fi avant l’heure de Kim Fowley.

Complètement inclassable temporellement, flirtant avec des dizaines de genres piochés à des dizaines d’époques, The Modern Lovers se détache de loin de quasiment toute la production musicale de cette année 1981, d’autant plus qu’il aurait véritablement été composé en 1972. La démonstration convaincante que la musique des années 70 est intemporelle, là où celle de la décennie suivante a globalement dépassé le seuil toléré de la ringardise en un temps record.

Bref, The Original Modern Lovers est une véritable merveille, et mérite l’attention de tout mélomane rock. Merci à JL de savoir me rappeler ponctuellement pourquoi je continue à prêter une oreille à ses suggestions !
 
 

 
 
 

1991 : Slint – Spiderland 

Plus casse-gueule, le terrain du post-rock ambiant ne m’est ni familier, ni favorable. Après un plaisir inouï à découvrir les Modern Lovers, j’aurais pu sévèrement bloquer sur Slint. Avouons-le, ça a d’abord été le cas. Et puis, avec un petit effort, le son bien marqué des années 90, qui personnellement me plait bien, la présence d’une voix pour rompre la monotonie des compositions instrumentales et la maitrise de leur sujet à réussi à me convaincre que, si ce n’est pas totalement ma tasse de thé, leur variation grungy post-hardcore sur le thème du post-rock qu’on pourrait qualifier de Mogwai couillu ne manque pas d’intérêt. Clairement, si vous aimez le groupe de Glasgow, surtout si malgré ça vous le trouvez un peu trop calme, je ne vois pas comment vous pourriez ne pas aimer Slint. Je ne serais même pas étonné d’apprendre que ces derniers ont eu une petite influence sur leur musique.

Sinon, Spiderland, ce sont six longs morceaux avec un chant qui oscille du parler aux cris, avec des structures complexes et des changements de dynamique fréquents, ce qui a dû pas mal influencer le math-rock également, des ambiances filées sur des plages ambiantes, limite cinématographique… Si ça vous parle, foncez sans hésiter !
 
 

 
 
 

2001 : Comets On Fire – Comets On Fire

Comment résumer Comets On Fire en peu de mots ? N’importe quoi, mais un n’importe quoi cool. Ça hurle, ça chante faux, ça joue à 100 à l’heure, ça part dans tous les sens, et pourtant ça reste dans l’ensemble des morceaux relativement courts et simples appuyés par une production crade au possible, une reverb qui bave partout et des guitares bien bruitistes. En gros, on dirait une version psychédélique de Guitar Wolf avant que le terme ne devienne galvaudé et insupportable (« Let’s Take It All », « The Way Down »). Un poil plus hard rock, peut-être (« Ghost Of The Cosmos »). En tout cas, même si ce n’est pas forcément le genre de musique que j’écouterais en toute circonstance, Comets On Fire propose ici quelque chose de complètement barré et assez unique qui devait atteindre des sommets sur scène et à laquelle je ne pourrais que vous conseiller de jeter une oreille, ne serait-ce que pour l’expérience.
 
 

BCG
*Rendons à César ce qui lui appartient, cette rubrique a été fortement inspirée – ou littéralement pompée, c’est selon – par l’initiative d’un certain Machete83 sur le passionnant forum de l’indispensable site/bible du rock indé xsilence.net.

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