Dans le bac d’occaz #4 : Joy Division, The Stone Roses, Nine Inch Nails

Publié par le 13 juillet 2016 dans Le bac d'occaz | 0 commentaire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).


Dans le bac d’occaz #4 : les années en 9

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unknown-pleasures 1979 : Joy Division – Unknown Pleasures

Joy Division et moi, ça commence à dater. La première fois, c’était sur la BO de The Crow (oui, j’ai grandi dans les années 90), un morceau par Nine Inch Nails que je trouvais plutôt cool (« Dead Souls », ndlr). Je reviens plus tard sur Nine Inch Nails, mais ce morceau-là me plaisait beaucoup et j’ai appris par un gothique de mon entourage que c’était une reprise de Joy Division. Je m’empresse d’écouter l’originale : j’aurais préféré ne connaitre que la reprise.
Quelques années après, c’est l’inévitable « Love Will Tear Us Apart » dans la BO de Donnie Darko. Le film est beaucoup mieux, la chanson pas tellement. Je me convainc vite que Joy Division, ça n’est pas pour moi.
Encore quelques années plus tard, je joue de la basse dans un groupe d’indie/stoner 90s. Le chanteur/guitariste/compositeur me fait part de son envie de reprendre un morceau de Joy Division, sans doute influencé par le film de Corbijn. C’est vraiment pas mon truc. Il insiste, m’envoie une démo de sa version, la ligne de basse, et là je suis sur le cul. Putain, c’est cool, en fait ! Le morceau s’appelle « She’s Lost Control », je le note dans un coin de ma tête et j’adore notre version guitare/basse/batterie et fuzz crado.
Avance rapide, le groupe s’est séparé, je ne joue plus de basse et encore moins de reprises de groupes post-punk. Lors d’une soirée chez un pote qui a 30 Go de musique et écoute de tout, vous voyez le genre, je vois qu’il a la disco complète de Joy Division, téléchargée mais jamais écoutée. Vous voyez le genre. Aussitôt, je m’empresse de mettre « She’s Lost Control », persuadé que le morceau est cool et va plaire. L’ambiance retombe, c’est tout bonnement horrible à écouter, son dégueulasse, platitude absolue… En fait c’est NOTRE version qui était cool. Et Joy Division, ça n’est vraiment pas pour moi.
2016, entouré de fans de post-punk qui ne cessent de vanter les mérites de ce groupe, je le mets sur ma liste des albums qu’il faudrait quand même que j’écoute plus attentivement. Qui sait, je passe peut-être à côté de quelque chose.

Je vous la fais courte, je trouve ça tout bonnement horrible. C’est tout ce que je déteste en matière de musique, son et voix typiques des années 80, compos qui semblent d’une platitude totale tant la production noie tout ce qu’elles pourraient avoir de sympa, quand elles ne sont pas réellement d’une platitude totale, bref, le mauvais temps anglais, les paysages industriels monotones, la détresse sociale et la déprime faits musique. C’est le principe, visiblement, donc on ne peut même pas le leur reprocher, mais maintenant je le sais, j’en suis certain et je ne reviendrai pas dessus : Joy Division, ça n’est VRAIMENT pas pour moi !

En 1979, de toute façon, rien ne valait Overkill ! (R.I.P. Lemmy)

 

the-stone-roses-628 1989 : The Stone Roses – The Stone Roses
Je pense que les anglais ne se sont jamais remis des années 80. C’est simple, ils ont été les rois du monde en matière de rock au sens large sur une bonne partie des années 60 et jusqu’au début des années 70, ont vu éclore des pelletées d’artistes et de groupes qui pondaient tubes et albums intemporels (ou du moins sacrément bons) par légion et ils ont cru qu’ils reprendraient la main à la fin des années 70 avec le punk. Et là, c’est le drame, pour se démarquer des petits copains et faire plus sophistiqué, intellectuel, déprime, j’en sais rien, peut-être un lendemain de cuite qui a mal tourné, peut-être simplement un zeitgeist de mauvais goût, peu importe, toujours est-il que les rosbifs se mettent à décider collectivement que l’abus de reverb, les sons secs, les chants désincarnés et les sons électroniques c’est le top du top. Si ça n’était que ça, ça aurait été triste ou risible selon la manière dont on veut voir les choses, mais pas bien grave. Là où ça devient pathétique, voire rageant, c’est surtout qu’en panne de songwriters de qualité, tous les mecs capables d’aligner deux chansons bien foutues et un peu catchies se voient inévitablement attribuer le statut de génie. Et en ce qui concerne les Stone Roses, le groupe est cité régulièrement comme l’un des plus grands groupes indé, et leur album a même été élu 2e meilleur album anglais de tous les temps. Rien que ça.
Bon, avec tout ça, il ne peut y avoir que deux réactions à l’écoute de ce disque : soit vous tombez dans le panneau comme notre rédac’ chef et vous vous persuadez qu’il s’agit d’un grand disque de pop, soit vous restez circonspect face à cet album somme toute très moyen. De grand morceau pop, sur ce disque, il n’ y a que « Made Of Stone », pour le coup vraiment très bon. Pour le reste, on retiendra éventuellement « I Wanna Be Adored » et « I Am The Resurrection », qu’on n’écoutera pas non plus tous les jours, les autres titres sont aussi vite oubliés qu’écoutés. Ce n’est absolument pas désagréable pour autant, ça reste un groupe de pop correct, mais le groupe s’appuie sur les formules de l’époque, notamment la reverb en veux-tu en voilà, et ce n’est pas la qualité de composition qui les aidera à se démarquer de leurs contemporains (surtout que Doolittle est aussi de 1989).

Quand je pense que la même année, et pas si loin, sortait dans l’indifférence générale Dum Dum des Vaselines qui regorge de pépites pop autrement plus savoureuses, je me dis vraiment que les critiques rock britanniques de l’époque avaient de la merde dans les oreilles. Heureusement qu’on les écoutait à Olympia, Washington !

 

ninfragile
1999 : Nine Inch Nails – The Fragile

Encore un artiste avec lequel j’ai une longue histoire. D’incompréhension. Ayant quelques connaissances gothiques à la fin des années 90/début 2000, il fait partie des incontournables que j’ai dû écouter malgré moi assez régulièrement. L’un d’eux étant très fan de Trent Reznor, j’ai même pu à cause de lui me faire une idée générale assez claire de l’ensemble de sa carrière jusque 2003-2004, date à laquelle le fan en question est définitivement passé à autre chose. J’ai donc choisi le disque qui a l’époque passait le mieux, pour un artiste dont je pouvais tout autant apprécier certains morceaux que les trouver tout bonnement détestables.
La première réécoute a été dure ; je me suis retrouvé plongé en 1999 avec cette omniprésence de sons électroniques, de rage d’ado déprimé, et tout ça ne m’a pas forcément rappelé à des souvenirs agréables. Par-ci, par-là, une ligne mélodique qui se répond, un disque dans l’ensemble beaucoup trop long et au milieu un morceau ou deux qui se démarque car on en retient bien le refrain (« The Fragile », « Starfuckers, Inc. »)… Je m’attendais à sauter sur mon clavier pour crier encore une fois à l’arnaque et à l’usurpation du statut de génie.
Et puis, au fil des écoutes, j’en suis presque venu à me raviser. Ok, ça reste plutôt dur sur la longueur, c’est plein de clichés du genre qui prennent moins quand on n’a plus seize ans, on nous vend la qualité du truc avec la dépression de Reznor qu’on finit par connaitre aussi bien que l’agression sexuelle de Jonathan Davis (chanteur de Korn, ndlr) et qui ne suffit pas à pallier aux aspects patauds de l’ensemble. Cependant, lorsqu’on dépasse ça, on constate quand même une qualité de composition, une certaine recherche et on voit même, ce qui me touche le plus, un sens mélodique certain pointer le bout de son nez à l’occasion (« La Mer », « The Frail », « Into The Void » même si elle ne vaut pas celle de Sabbath).
Dans un autre contexte, j’aurais peut-être été plus rude avec The Fragile, que je ne réécouterai pas pour autant, mais il a été le plus agréable d’une sélection particulièrement éprouvante.

BCG

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