Eels – Royal Albert Hall (E Works /PIAS Coop)

Publié par le 25 avril 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

eels-albumcoverOn avait quitté Eels vieillissant, jouant la carte du pépère tranquille laissant derrière lui son passé (proche) de jeune fougueux. Fort logiquement, le voilà donc investissant le prestigieux Royal Albert Hall pour un concert empli de sérénité, de maturité, à défaut d’électricité.

Mister E rappelle fort ironiquement qu’on lui avait refusé le droit de jouer de l’orgue lorsqu’il était venu jouer ici y a 9 ans et qu’on lui refuse de nouveau car ce n’est pas pour les groupes de rock. Un groupe de rock, Eels, vraiment ? En tout cas pas grand chose à voir avec la dernière tournée agitée du bonhomme.

On ne passe pas un mauvais moment en sa compagnie, on se doute même que le public en a passé un bien meilleur que nous tant le bonhomme est toujours un entertainer hors pair, au sens de la formule et à la gouaille forts distrayantes. Entre deux vannes bien senties, Eels pioche dans son répertoire privilégiant les morceaux les plus tranquilles. Il s’en amuse lui-même annonçant régulièrement que c’est le dernier morceau de « sweet soft bummer rock » (du rock mou et chiant)… avant d’en rejouer un.

Evidemment, Eels exagère, il livre ici de très belles versions avec piano et cuivres (« A Line In The Dirt », « It’s A Motherfucker », « Lockdown Hurricane ») et nous fait même redécouvrir des morceaux un peu oubliés de sa riche discographie (« Mansions Of Los Feliz »). Tout ceci est très agréable, touchant mais un poil déprimant.

Je sais pas vous mais moi pendant un concert je fais régulièrement le bilan dans ma tête, ça commence souvent par un timide « pour le moment c’est pas mal… » et puis à un moment donné ça bascule définitivement du bon côté et il n’y a alors plus de question à se poser. C’est exactement ce qui se passe quand débute « A Daisy Through Concrete » qui vient réveiller un peu tout le monde avec ses cuivres enjouées.

Car pour qu’une soirée avec un artiste de cet acabit marque vraiment les esprits, il est important d’être confronté à un mélange de sentiments, d’être pris de court, pour ne pas s’installer dans un certain confort. Et en cela la réjouissante « Fresh Feeling » avec sa contrebasse qui mène la danse et une « I Like Birds » frétillante à souhait font un bien fou.

Dès lors sans que la tonalité de la soirée ne soit remise en question, on est plus enclin à subir d’autres « bummer rock ». Et des bummer comme « My Beloved Monster » ou « Where I’m Going », on en redemande.

Et puis comme toutes les belles soirées ont une fin heureuse (ATTENTION SPOILER) Eels a finalement le droit de conclure son concert au son de l’orgue tant désiré, interprétant « The Sound Of Fear » après un rire démoniaque. Même pas peur mais conquis, voilà ce que semble lui répondre l’audience. Mister E peut s’en aller, il a encore gagné.

 

JL

 

L’album existe en 2 CD+DVD et triple vinyl+DVD.

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