Ramones – Too Tough To Die / Halfway To Sanity

Ramones – Too Tough To Die / Halfway To Sanity

Je ne sais pas pourquoi, j’ai ressorti deux albums des Ramones des années 80 et eu envie de les chroniquer pour vous. On parle d’une période 84-87, très resserrée donc, ce qui rend intéressante la mise en parallèle. Ces deux LP sont Too Tough To Die (1984) et Halfway To Sanity (1987). J’ai eu la flemme de me replonger dans la bio de Joey par son frangin ou l’autobio de Marky (d’ailleurs, chuicon, il était pas là à cette période) mais je me souviens que l’ ambiance au sein du groupe est toujours aussi pourrie avec les frères ennemis Joey/Johnny, la dope encore et toujours pour Dee Des et ses velléités rap et puis Richie qui se fait visiblement balader et se cassera pour permettre le retour en fanfare de Marky après Halfway To Sanity. Alors donc, ces 2 LP ? Les pochettes sont similaires, les 4 “hombres ” se détachent, un coup sur un fond bleu un peu Rencontre du 3ème type et un coup dans l’ arrière-cour d’un resto chinois. Les poses sont les mêmes, l’iconographie est en marche. Depuis le premier en 76, les Ramones sont 4 mecs debout en perfs. Finalement, en une quinzaine d’années, rien n’a changé, ou sauf peut-être les cheveux courts de Dee Dee et ses gants cloutés. La grande tendance dans chacun de ces 2 LP, c’est que les Ramones sont à la fois à la recherche du hit et d’une reconnaissance large qui se fait tarder et dans le respect d’une fan base. Pour ce qui est des hits, il y a réellement de très belles tentatives qui deviendront des classiques des Ramones sans toutefois leur ouvrir la Grande Porte. Je pense au grand “I Wanna Live” et à ce morceau totalement putassier, pourtant pas l’esprit maison, qu’est “Howlin At The Moon (Sha-La-La)”. C’est vrai que c’est sur le LP Animal Boy, non chroniqué ici, qu’on en a la plus belle illustration avec “Bonzo Goes To Bitburg ” mais l’ esprit est le même, ils en ont marre de faire “Pinhead” et de dormir dans des motels. “I Wanna Live” est classique dans la forme mais très catchy. Le fan de la première heure sera un peu dérouté par la gratte qui sonne synthé dans les ponts avant refrain. Puis, ce message vaguement positiviste (je te survivraaiii) fait très 80’s. Mais que c’est bien foutu. J’aime ! Après, on trouve du son Ramones classique mais sans sentir la recette facile. Je parle ici de “Go Lil’ Camaro Go”, “Real Cool Time” et “Bye Bye Baby” sur Halfway To Sanity ou encore à “Human kind ” sur Too Tough To Die. 100% Ramones, tout ça !! Le genre qui te maintiendra...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Gumboot Soup

King Gizzard & The Lizard Wizard – Gumboot Soup

Des morceaux épiques commençaient Polygondwanaland (“Crumbling Castle”) et Flying Microtonal Banana (“Rattlesnake”) et j’ai beaucoup aimé ça. Ici, l’attaque est plus légère mais seulement en apparence car la petite guimauve d’intro comporte quelques boucles vicelardes. Puis, dès le second morceau, “Greenhouse Heat Death”, on part sur une ambiance malsaine et brutale rappelant plutôt Murder Of The Universe. Ensuite, “Barefoot Desert” nous ramène à Paper Mâché mais en plus psychédélique encore. Je pourrais continuer comme cela mais en gros, on a affaire ici à un album qui enfonce le clou des gimmicks gizzardiens (par exemple, je mets toujours 10 écoutes à comprendre ce que font les deux batteurs). Ils creusent leur sillon mais sans que ça fasse “recette”. Si leur musique était une accumulation de bonnes idées, le public se serait déjà barré mais je vois que nos amis australiens gagnent en popularité. Non, ils ont une dimension en plus qui transcende (ça y est, je l’ai placé !) les genres. Peut-être juste une intelligence et état d’esprit à part. Ceci dit, il faut l’avouer, cet album manque un peu de maturation, challenge des 5 albums 2017 oblige. Y a des longueurs… Mort de soif, je ne suis jamais arrivé au “Last Oasis”… Alors, on est content quand “All Is Known” arrive avec son rythme millimétré, son riff tout simple, son son de gratte particulier (toujours le truc microtonal ?), final stoner et tout et tout. Bon, voilà, je reste preneur de KGATLW mais je viens de réécouter “Open Water”, une authentique machine de guerre, et on en est loin dans cette livraison du 31 décembre 2017. J’attends de voir ce que 2018 nous réserve. Peut-être après quelques jours de vacances bien méritées pour eux, non ? Manu Gumboot Soup by King Gizzard & The Lizard Wizard LIRE LA CHRONIQUE DE QUARTERS! LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MACHE DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK EAST LIRE LA CHRONIQUE DE POLYGONDWANALAND LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Sketches of Brunswick East

King Gizzard & The Lizard Wizard – Sketches of Brunswick East

Pour ma part, j’avais cru que le miracle arriverait. L’engagement de King Gizzard de sortir 5 LP en 2017. J’ai toujours ressenti un telle intelligence chez ces mecs que j’étais certain qu’ils y arriveraient en évitant les pièges. Mais non. Déjà, Murder of the Universe était difficile dans le genre sci-fi apocalyptique et la répétition des gimmicks, les auto-références. ‎Ici, c’est la livraison “jazzy”… Pas grand chose à se mettre sous la dent, tout juste un petit riff orientalisant sur “D-Day” qui m’a fait croire qu’ils allaient bâtir une énorme basilique foutraco-géniale mais non, on est reparti sur de l’easy listening (vais pas me faire des potes). A chaque sursaut, on y croit mais le souffle retombe dans sa routine pépère. A la limite, c’est “sympa à écouter“, ce qui est la pire insulte ! Putain, y avait tellement à faire et ils ont tout pour faire, ils l’ont déjà démontré. Allez, je me refais les 4 premiers titres de I’m In Your Mind, Fuzz et j’attends la suite de 2017. Alors, je sais que King a ses inconditionnels qui trouveront tout génial, je me joindrai à leurs choeurs quand King prendra à nouveau des risques ! Manu Sketches Of Brunswick East by King Gizzard & The Lizard Wizard Lire la chronique de Flying Microtonal Banana Lire la chronique de Paper Mâche Dream Balloon Lire le report de Primavera Porto 2017 Lire l’interview de King Gizzard Lire la chronique de...

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Ten Years After – Cricklewood Green

Ten Years After – Cricklewood Green

J’ai machinalement lancé la lecture du LP de 1970 de Ten Years After sur une de ces horribles plate-formes digitales “all you can eat” avant d’aller changer la couche sale du petit dernier. Concernant ces plate-formes, je crache dans la soupe, je sais que ça permet des decouvertes – la preuve ! – et alors ? ‎On n’a plus le droit d’etre empêtré dans ses contradictions ? Une autre ? Avoir toujours été attiré par les sorties de 70 et 71 sans avoir jeté une oreille à ce Cricklewood Green. Bref, j’en étais au 2nd pipi-fontaine sur mes pompes quand mon oreille se tend. Qu’entends-je ? On dirait “Sympathy For The Devil” sans l’être. Après un début plutôt floydien, après un petit pont au clavecin, la section rythmique attaque réellement, c’est parti, “50,000 Miles Beneath My Brain” ! C’est pompé à mort, même structure épique, le mot “Lucifer” est remplacé au même moment par “Jupiter”, manque que les Woo Wooo. Alvin Lee enchaine les solos et on voudrait que ça ne finisse jamais mais ça se finit et j’explore le reste, en chaussettes. “To No One” est du pur Blue Cheer mieux produit et plus rapide. Les cris d’Alvin pendant les solos s’entendent à peine, on dirait un condamné criant son désespoir depuis des oubliettes. “Sugar The Road”, intro géniale de dénuement, la basse ne débarque qu’en 48ème seconde. “Working On The Road”, la grande cavalcade, un morceau “130” comme dirait un ami, à savoir : n’ecoute pas ça en conduisant parce que tu seras forcément au-dessus de 130 à la fin. Puis, cet orgue omniprésent sur ces deux morceaux en “Road”… ‎ Voilà pour l’essentiel, le reste est bien foutu et se laisse écouter. “Love Like A Man” notamment, même si c’est censé être un peu le single du LP mais pas le plus percutant, je trouve. Écoutez ce Cricklewood Green pour ce qu’il est, un excellent album d’un groupe trop connu pour le très niais “I’d Love To Change The World”. Voilà, ça me fait une revue Classic Rock au compteur, peut-être d’autres dans un avenir indéterminé !.....

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Personal and the Pizzas – Personal and the Pizzas

Personal and the Pizzas – Personal and the Pizzas

L’intro/speech du chanteur marquera l’histoire du punk à la sauce Little Italy. Ambiance “J’les mets sur la table et j’vais t’apprendre la vie, ya lil’ square!“. Et ça continue sur tout l’album. Genre, quand le mec fait son solo de gratte, il peut pas s’empêcher : “So, wha dya think ’bout that, uh?!“. Ça sent un mélange d’origan et de bibine bon marché, de mozza et de sniffin’ glue. Mes préférées font penser aux Zeros avec ce côté lo-fi et répétitif, je pense à “Rock and Roll” et “Joey Quit the Pouch”. Ça serait réducteur (et bateau) de citer le MC5 (“Brain Damage”) et Joey Ramone (“Bored Outta my Brains”). “Concentration Camp” est dans la lignée des Forgotten Rebels avec leur “Nazis”, de très bons tracks avec du vrai mauvais goût dedans. Puis, ce moment de grande tendresse, “Joanie” à la fin de laquelle une Peroni traverse le studio et va s’éclater contre le mur… “The greatest freakin band in the world“! Ils le disent eux-mêmes. En attendant, le “world” les attend de pied ferme, mais pas dans une belle salle aux normes et avec de beaux verres en plastique, non… plutot dans un sous-sol mis à dispo par le cousin du voisin de la belle-soeur du patron qui a un petit arrangement avec les flics locaux. Finissons par leurs propres paroles de sagesse, “you ready to learn something? So listen up, you little brat. All you gotta do is start smokin, start drinkin, start fightin and keep on eatin pizzas, lotsa pizzas. And one day, ya’ll be just like us, Personal and the Pizzas!!!” Manu...

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