The Schizophonics – People In The Sky

The Schizophonics – People In The Sky

(Pig Baby, 31 octobre 2019) Deux petites années après The Land Of The Living, voici le grand retour des Schizophonics avec leur nouveau LP intitulé People In The Sky. Et ils frappent fort ! On se demandait s’ils sortiraient de cette proximité avec le son du MC5 et la réponse est évidente dès le deuxième morceau, “Steely Eyed Lady”, qu’on croirait avoir déniché sur un vieux 45T de Hot Rod. Ça va vite, très vite, le gimmick sonore sur les voix fait mouche, ainsi que cette drôle de distorsion guitare audible au casque. Alors, bien entendu, notre couple de tourtereaux font des réguliers allers-retours San Diego/Detroit mais ce n’est que pour mieux ré-attaquer avec une louche de soul sudiste ou un coup de British Invasion : le riff Kinks-ien de “The One I Want”, très efficace, ou encore “Not Gonna Change My Mind” démarrant avec notre ami Pat Beers déclarant, déjà essoufflé avant de commencer “Brainwashed… and hypnotized!!“. Et c’est comme cela qu’on ressort de l’écoute de cette petite bombe de fin 2019, la cervelle atomisée et les sens annihilés !...

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The Mystery Lights @ La maroquinerie (Paris), 15/10/19

The Mystery Lights @ La maroquinerie (Paris), 15/10/19

© Ryad Jemaa Pour ceux qui n’ont pas lu la chronique de Too Much Tension! des Mystery Lights, je la fais courte. Nos new-yorkais (d’adoption) ont tout des sympathiques dilettantes à qui on peut à peu près tout passer… Tout cela est vrai mais attention, quand ils s’y mettent, ils sont capables d’écrire les mélodies parmi les plus catchy de la scène garage actuelle. Alors, les voilà donc de retour à la Maroquinerie après quelques années d’attente. Le line-up a très légèrement changé en la présence d’une claviériste blonde platine. Pour le reste, nous avons toujours nos amis, Mike, Zach, Luis et Alex. La salle est pleine ou presque et les mystérieuses lumières attaquent avec “Tired Of Livin In The City”, instant-classic. Moi, tout dévoué à ma cause, je ferai la grosse première moitié du concert juste devant la scène. Ça tabasse bien. Ça slamme (le frontman cédant lui-même à la tentation). Tout va bien. Il fait 40°C. Mike Brandon est toujours monté sur ressorts, Zach Butler depuis sa batterie est toujours le pourvoyeur de tequila pour le groupe entier, Luis Solano concentré sur ses volutes 60’s et Alex Amini assurant une solide ligne de basse. La suite du concert est un maelström de morceaux tirés des deux magnifiques LP. Le groupe enchaîne titres rapides (“Thick Skin”, “Traces”…), passages plus poppy (“Too Many Girls”, “Someone Else Is In Control”…), quelques respirations low tempo (“Watchin The News Gives Me The Blues”, “Too Tough To Bear”) et “retour au garage” (“Intro”/”Follow Me Home”, “Too Much Tension”). On en redemande ! Approchant de la fin du concert, ils nous mettent au défi de trouver le titre dont ils font une méchante cover. Je n’ai pas trouvé. Puis… puis… ils reprennent “Dead Moon Night” de Dead Moon et là, on sent que l’éthanol fait effet, 10 minutes de grand n’importe quoi de génie, d’échanges d’instrus dans tous les sens, le batteur manque d’éborgner le guitariste d’un lancer de drumstick, les ups and downs plus ou moins sous contrôle se succèdent pour faire le lit d’un final apocalyptique. OUCH ! © Ryad Jemaa Un tour au merch me fait sourire. Tellement dans l’esprit TML (The Mystery Lights) : le choix entre un T-shirt rouge marqué TML au lettrage aussi original qu’un Arial de base et un… T-shirt blanc TML/Arial tout pareil. Ils ont dû se réunir au moins 5 minutes pour causer design. Pas leur truc… Par contre, ils viennent faire un tour serrer des pinces, signer les LP et discuter bien volontiers. Mike est le genre de gars qui vous donne l’impression qu’il vous reconnaît et est aux anges de vous revoir. Zach court dans tous les sens pour trouver un stylo et...

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Ty Segall @ La Cigale (Paris), 09/10/19

Ty Segall @ La Cigale (Paris), 09/10/19

Nous ne sommes pas peu fiers de cette photo de grande qualité. Une Cigale presque pleine par cette belle soirée d’été indien pour accueillir Ty Segall en tournée pour son nouvel album First Taste. Deux dates à Paris avec le même principe, jouer entièrement ce petit dernier et jouer ensuite entièrement un album passé, en l’occurrence Manipulator pour ce qui est de ce soir. Une bien belle salle pleine de charme, dans laquelle je démarrerai la soirée “en fond de cours” juste derrière la fosse pour migrer ensuite vers sans doute la meilleure vue plongeante qui soit, tout à l’avant du balcon. L’excellent Freedom Band, attaque donc la première plage de First Taste et au bout d’une minute trente, Ty Segall dépose sa gratte et vient s’installer à la deuxième batterie installée sur scène et attaque le solo de mi-morceau. Ça démarre fort. Il nous fera le coup 15 fois dans la soirée, sans jamais lasser. En fait, c’est un grand batteur (NdRC : et on l’avait déjà constaté sur Fuzz !) capable d’une synchro millimétrique avec son drummer en titre. Un peu plus tard, un type à côté a la même réflexion que moi sur l’attaque de “The Faker” : “Mais c’est du Gary Glitter !” Le dernier album gagne énormément en live. “The Fall”, “I Worship The Dog” et “The Arms” sont littéralement des murs du son ! Côté fosse, ça commence à bouillonner, on atteint rapidement les 10 slams par morceau. Moment de complicité avec le père Ty : un mec monte sur scène et se redresse pile à une fin de morceau, un ange passe, Ty sourit et sauve la mise au type en attaquant la suite. Manipulator donc, fait sur mesure pour être joué en intégralité. Fieffé coquin, Ty Segall joue “Feel”, le morceau phare, tout en retenue – cordes légèrement étouffées, mid tempo – comme pour mieux encore engendrer notre frustration et notre envie d’en découdre. Les trois grattes, dont une excellente acoustique tout le long ou presque, la basse énorme, le clavier qui gagnerait à se lâcher un peu mais a eu ses moments de grande déconstruction sonique, le batteur et demi et puis Ty Segall que je n’avais jamais vu en concert. Tout simplement parfait de maîtrise sans jamais faire train-train de tournée, une sympathie naturelle sans se sentir obligé de parler pour ne rien dire. On en redemande. Le rappel, ce sera la headbangesque “She”, incontournable, sur laquelle, surplombant quasiment la scène depuis mon balcon du premier étage, je contemple la fosse qui est partie en vrille totale, la scène et la salle sont rouge sang, un dernier riff et c’est la fin. Déjà… Mais comment ai-je pu louper (snober...

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Ty Segall – First Taste

Ty Segall – First Taste

(Drag City/Differ-Ant, 2 août 2019) Étant un fan très tardif du père Segall, je décompte les jours qui me séparent d’une première expérience scénique à Paris en octobre 2019. Il parait qu’il joue trop fort, trop vite et de manière approximative, j’ai hâte. Qu’est-ce qui me touche dans sa musique ? Plusieurs choses : – D’abord, un artiste si prolixe applique souvent des recettes (King Gizzard à tout hasard) mais chez lui, elles sont extrêmement discrètes. – La noirceur et parfois la folie de sa musique qui agissent comme des déversoirs.– Le charisme monstrueux du type. Alors, ce First Taste ? L’idée de l’album sans guitare est bonne et dans l’air du temps. Si je prends « Self Esteem », Ty nous embarque assez loin dans cette direction en rajoutant des couches d’instrus à vent pas tous identifiés et on finit en une espèce de bande-son d’un mauvais polar 70s. Pareil pour la plage d’ouverture, « Taste » qui m’a fait penser à ces vieux trucs electronic body music genre Fad Gadget ou Neon Judgement et aussi étonnamment au… Sepultura des années Roots Bloody Roots ! Ou encore « I Worship The Dog » avec des espèces de vuvuzelas mortifères et… un solo de batterie, ça faisait longtemps. Très réussis, ces trois morceaux ! J’évacue rapidement ce que j’ai détesté, ces deux machins de la filiation Queen/Muse que sont « Ice Plant » et « When I Met My Parents Part 3 ». Je suis sûr que ce n’est qu’ un moment d’égarement. Pour le reste, « The Fall » est complètement tribal et j’anticipe avec délice la perte de contrôle généralisée en live. Le reste du LP se dévoilera, ou pas, à l’épreuve du temps. Encore une fois, l’introduction d’une multitude d’instruments serait une suite logique à l’œuvre de Ty Segall, toujours en exploration sonique. Voyons si cela l’inspire à l’avenir ! Manu Retrouvez tous nos articles sur Ty...

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Poison Boys – Out Of My Head

Poison Boys – Out Of My Head

(Dead Beat, 12 juillet 2019) Ça démarre avec ce qui pourrait être un outtake de D4 (“Out Of My Head”), aussitôt suivi d’une cover des Beatles, je crois (“Slow Down”), mais traitée à la sauce Backbeat pour ceux qui se rappellent cette glorieuse tentative de rassembler dans la joie et l’allégresse quelques grands noms de la scène 90’s avec l’Ancien Testament du bon vieux R&R. Puis, après ces deux cartouches très efficaces, les Poison Boys se dévoilent tels qu’ils sont, une des branches de l’arbre généalogique des Dead Boys dont ils reprennent “I Won’t Look Back”. Des descendants. Ceux de la branche un peu bâtarde avec qui on ne se montre pas trop aux mariages. Pourtant, le sang bleu coule dans leurs veines tachetées de piqûres de.. moustiques… Je veux dire, du Mid-Tempo (ouais, avec des majuscules), du-qui-prend-son-temps-comme-à-Cleveland-Ohio. Evidemment, ça donne des petits coups d’accélérateur (le Turbonegresque “Tear Me Apart”) mais on reste la plupart du temps dans un mid tempo qui en serait presque “stonien” comme j’aime le dire à un ami chaque fois qu’on écoute les Hollywood Brats. A propos de Stones, faites-vous la longue fin du morceau épique, “Up to the sky”, on est en plein dedans ; les riffs de Ronnie et même un coup de slide. Les Dead Boys donc mais aussi Thunders et quelques secondes par ci par là du pur David Johanssen (exactement le ton, la voix sur certaines phrases). Alors, oui, ça fait un peu rengaine des références habituelles mais c’est comme ça qu’ils sont, nos amis de Chicago, infusés jusqu’à la moelle et on ne leur demande pas de réinviter la roue. N’empêche que c’est super bien foutu, et disons-le, assez addictif ! Je crois que c’est leur deuxième LP, j’avais écouté le premier sans en garder un souvenir ému. Alors c’est une bonne nouvelle, espérons qu’ils viennent distiller leur poison un jour sur le Vieux Continent !...

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