Foo Fighters – Medicine At Midnight

Publié par le 28 février 2021 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques

(RCA, 5 février 2021)

2021, c’est décidément l’année des surprises. Pas forcément des bonnes, entendons-nous bien, mais bel et bien des écoutes inattendues. Mon passé Foo Fighterophile est assez bien documenté sur ce site, mais cela faisait bien 15 ou 20 ans que le groupe n’avait rien sorti qui m’avait convaincu ou ne serait-ce qu’enthousiasmé. Et voilà qu’il y a quelques jours, la personne qui partage ma vie me fait écouter leur nouveau single, en me disant qu’il est déroutant et super nul. Bon, qu’il soit super nul, ça n’éveille pas ma curiosité ; j’en ai pensé autant des précédents. Mais alors que je m’attends à une énième ration de soupe classic rock fm, je suis surpris d’entendre un truc qui ressemble plus à du Queens of the Stone Age récent. C’est pop moderne, dansant, pas forcément ma tasse de thé, mais avec plus de personnalité et de charme que tout ce que j’ai entendu de la part de Dave Grohl depuis… longtemps. Du coup, l’ex-batteur de Nirvana et ses potes nous aurait-il fait une Weezer en sortant un bon album inespéré dans un style inattendu (spoiler : non).

J’écoute donc l’album en entier, dont un ami m’a dit auparavant tout le mal qu’il en pensait ; mon esprit de contradiction est également bien documenté sur ce site. Le début annonce la couleur : l’album est résolument pop, avec un son actuel qui cherche néanmoins à rester “rock” (les claviers ne remplacent pas les guitares, même si elles ne cherchent pas à être abrasives). C’est toujours grandiloquent, ça semble être devenu une marque de fabrique du groupe, avec notamment des chœurs féminins très présents, ça me rappelle Prince, dont je ne suis pas très friand, mais je me rends compte d’une chose, c’est que j’aime mieux ça que ce que font habituellement les Foo Fighters. Je dois même avouer que j’aime plutôt bien le single “Shame Shame”. C’est Dave Grohl qui imite Josh Homme qui imite Bowie, mais définitivement, ça me plait plus que Dave Grohl qui imite Dave Grohl qui fait du Dave Grohl.

Malheureusement, l’effet de surprise plutôt positif retombe vite avec “Cloudspotter”, qui résume plutôt bien l’album à lui tout seul. Le morceau commence avec un riff funky et un couplet qui lui donnent une couleur originale et sympathique, une personnalité qu’ont peu de titres récents du groupe, mais au refrain on bascule dans une espèce de hard rock de stade lourdaud, complètement en accord avec leurs travers habituels. Et le reste de l’album se décline dans ce même état d’esprit : une volonté de proposer quelque chose de différent, avec de bonnes idées indéniables, mais des travers de mauvais goûts qui reviennent vite, et qui sont tout aussi présents. Pas un coup de maitre, assurément, et un album qu’on oubliera sans doute très vite, mais j’étais tellement impressionné de trouver des bonnes idées dans un album des Foo Fighters en 2021 que je me suis réécouté toute leur discographie pour voir si je n’étais pas passé à côté de quelque chose. Et voilà ce que ça donne

Blackcondorguy

Tous nos articles sur Foo Fighters

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *