DISCO EXPRESS #9 : Foo Fighters

Publié par le 11 mars 2021 dans Chroniques, Disco express, Toutes les chroniques

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music!

Foo Fighters (1995) : J’adore cet album, et le temps ne semble pas capable de me faire changer d’avis. C’est Dave Grohl qui se purge des années Nirvana et des évènements tragiques de l’année passée pour proposer sa version de la musique du groupe, en quelque sorte : un Nirvana plus grand public, power pop, moins noisy mais plus hardcore, avec des mélodies catchy et des petites chansons punk bien troussées. Un Nirvana de la côte Est, si on veut caricaturer. Si vous bloquez encore à cause de l’image du groupe, écoutez “Exhausted”, “X-Static”, “Wattershed”, “Alone+Easy Target” ou “Floaty” et dites-moi si ce n’est pas du pur indie rock 90s bien foutu ?

The Colour And The Shape (1997) : Premier album en groupe, même si la structure fluctue, et encore un disque que j’adore malgré quelques réserves. Oui, c’est déjà grandiloquent, parfois too much, il y a la volonté de faire un album qui sonne gros. En même temps, faire appel à Gil Norton en référence aux Pixies, en 1997 quand ils sont au fond du gouffre en terme de reconnaissance publique, ça reste une démarche respectable question indie credibility, et le côté punk est toujours présent dans la musique. Au-delà de ça, j’ai déjà dit tout le bien que je pensais de cet album il y a quelques années, mon avis n’a pas tellement changé.

There Is Nothing Left To Lose (1999) : Je me souviens avoir globalement détesté cet album au moment où je l’ai découvert, hormis un “Stacked Actors” au riff puissant et “Breakout” que je trouvais simpliste, mais quand même efficace. Après réécoute, je me rends compte que ça tient essentiellement au fait d’avoir recherché un album power pop bercée à l’indie et au punk (même si le choix d’Adam Kasper à la prod rappelle de bonnes choses sur le papier). En fait, il s’agit d’un disque de pure pop à l’exception de quelques rares incursions, dont les titres cités, mais de la pop de bonne facture. Finalement, à la réécoute, je sauve pas mal de morceaux, hormis le single “Learn To Fly”, première grosse incompréhension, et un ou deux fillers. Pour l’histoire, le groupe se cherche après le départ de Pat Smear, son deuxième guitariste lui aussi transfuge de Nirvana, et enregistre pour la seule fois de sa carrière sous forme de trio, et pour la première fois avec le batteur Taylor Hawkins recruté après la sortie de l’album précédent. Dans ces conditions, le résultat est tout à fait honorable.

One By One (2002) : Encore un album enfanté dans la douleur, enregistré deux fois parce que la première version déplaisait à tout le monde, et sauvé par les Queens Of The Stone Age. En effet, c’est à cette époque que Dave Grohl enregistre Songs For The Deaf et participe à la tournée qui suit, ce qui le motive tellement qu’il décide de redonner leur chance à des Foo Fighters moribonds. C’est également le premier album avec le nouveau guitariste Chris Shiflett, ex-No Use For A Name, qui gardera sa place dans le groupe jusqu’à aujourd’hui. L’influence des Queens Of The Stone Age s’entend sur le son massif et rentre-dedans, du moins sur quelques titres, ce qui leur donne un impact qui change du disque pop qui précède. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de remplissage, et hormis “All My Life”, super single, “Low”, “Disenchanted Lullabies” que j’aime bien parce que je vous emmerde, “Tired of You”, chouette ballade, et “Come Back” qui finit l’album en beauté, le reste est assez insipide. Pire, entre ces deux derniers morceaux, c’est le vide abyssal. Et encore, dans les abysses, on croise sûrement quelques poissons. 

In Your Honor (2005) : Je donne mon avis plus détaillé ici. Un bon album se cache au fond de ces deux disques trop longs et redondants. Dave Grohl commence à crier tout le temps quand il est en électrique, c’est pénible.

Echoes, Silence, Patience & Grace (2007) : Voilà sans doute le disque de la séparation irréconciliable. Certes, il y a encore quelques titres qui ne me déplaisent pas sur ce disque (“The Pretender”, pompeux mais catchy, ou les ballades “Stranger Things Have Happened” et “Home”), mais globalement les potards du too much ont été poussés à 11 (tout moment calme est renforcé par des cordes, par exemple) et les compositions ne sont pas à la hauteur. Adieu l’indie cred et les influences punk, du moins ce qui en restait. Du coup, on se retrouve beaucoup trop souvent avec du hard/classic rock poussif et insipide.

Wasting Light (2011) : Je me rappelle avoir placé pas mal d’espoirs dans cet album : retour de Pat Smear, Butch Vig convié à la prod, Krist Novoselic dans la liste des guests…Vous la voyez, la référence subtile ? En plus, le premier single, “White Limo”, ressemblait à un sous-“Weenie-Beenie”, bref tout semblait fait pour rappeler le bon vieux temps et convoquer la fougue passée. À l’écoute, c’est la douche froide : le son est un peu plus abrasif que sur Echoes, mais la musique proposée, c’est toujours du classic rock lourdaud et peu inspiré. Un tunnel de médiocrité bien pénible où se retrouve perdue “White Limo”, sans grand rapport avec le reste, et qui se termine en apothéose avec l’horrible “Walk”, sans doute l’un des titres qui cristallise le mieux les travers des Foo Fighters. Tout ça m’avait fait jeter l’album à peine écouté, et ce n’est pas cette réécoute qui me fait changer d’avis.

Sonic Highways (2014) : La série qui accompagne le disque était une franche réussite, sympa et originale, et Dave Grohl apparaissait en cinéphile/porteur d’une certaine histoire de la musique rock, puisqu’il avait également réalisé le documentaire Sound City et la BO qui va avec, rendant hommage au mythique studio avec une tripotée d’invités plus ou moins prestigieux. La série apparaissait comme une lettre d’amour aux villes visitées et à leur scène musicale, tout en étant lié à l’histoire personnelle de Grohl. Le problème, c’est que là encore, il semble avoir trouvé l’inspiration du côté de son pote Josh Homme (sur …Like Clockwork) : une liste de guests qui donne envie pour un résultat qui non seulement ne les met pas en valeur, mais en plus ressemble quand même pas mal à ce que le groupe fait tout seul d’habitude (NdRC : ce n’était pourtant pas le cas de … Like Clockwork). Du coup, les chansons ne bénéficient ni de l’âme de la ville où elles ont été enregistrées, ni même du talent des invités qui y participent. Quelques-unes s’écoutent sans mal, mais dans l’ensemble, c’est vite oubliable, et bien décevant par rapport à ce qu’aurait pu offrir la démarche (la BO de Sound City était un peu décevante de ce point de vue-là également, ceci dit).

Concrete And Gold (2017) : Encore les Foo Fighters qui se prennent pour Queen ou Cheap Trick sans la virtuosité et l’inventivité des premiers (j’ai beau ne pas aimer des masses, je leur reconnais ces qualités) ni le talent d’écriture pop des seconds. Le single “Run” pourrait être pas mal plus court et sans certains passages criés qui cassent tout, et “Happy Ever After (Zero Hour)”, c’est du pseudo McCartney, mais du coup c’est quand même mieux que du vrai Foo Fighters.

Medicine At Midnight (2021) : Pas un super album, des influences un peu flagrantes et pas forcément séduisantes (Prince, le dernier album de QOTSA…) mais qui donnent du style et de bonnes idées à certaines compositions. Le problème, c’est que les bonnes idées sont souvent vite contrebalancées par leur mauvais goût habituel. Une belle anecdote, mais dommage de ne pas être allé au bout de l’exploit. (Plus de détails ici)

Blackcondorguy

La discographie du groupe en 20 titres, un ou deux par album (version youtube et spotify)

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