C’était il y a 30 ans… Best of 1991

Publié par le 4 octobre 2021 dans Notre sélection, Rubriques à brac, Tops Albums

Vous avez tous vu passer ces posts : il y a 30 ans, sortaient le même jour Nevermind, Blood Sugar Sex Magik, The Low End Theory. La même semaine Pixies trompait son monde avec son dernier grand disque, Soundgarden prenait son envol avec Badmotorfinger. Bref, c’est indécent et ça nous a donné une idée extrêmement originale. 1991 était une très grande année pour la musique et comme on aime toujours autant faire des classements, voici nos tops albums tout à fait personnels ainsi qu’une playlist collective rassemblant 50 morceaux de 1991 qu’on estime importants.

Le top de Blackcondorguy

10/ Superchunk – No Pocky For Kitty
L’album d’un groupe indie punk qui se révèle être plus que le groupe d’un morceau (“Slack Motherfucker”) et développe son talent mélodique. À mon sens, ils n’étaient pas encore au bout de leur métamorphose (atteint sur l’album suivant), mais les titres ici présents sont déjà de grande qualité.

9/ Luna Sea – Luna Sea
Je ne suis peut-être pas très fiable car j’ai écouté ce disque en boucle entre la fin des lycées et le début de la fac. Peut-être pas celui qui a le mieux vieilli, d’autant qu’il a encore un pied dans les années 80, mais il présente un mélange assez unique de post-punk, punk et metal, avec des relents hardcore ou goth rock, des musiciens super complémentaires et des morceaux plutôt bien foutus. Un pied dans les 80s, certes, mais un autre qui tend vers l’indie rock, et j’ai un faible énorme pour les lignes de basse et la batterie.

8/ L7 – Smell The Magic
Le genre de disque qui te martèle d’entrée avec du riff irrésistible, inoubliable, et qui te laisse lessivé sur le lino, mais heureux. Malheureusement, comme beaucoup de disques qui commencent trop fort, le reste finit par pâlir en comparaison des titres d’ouverture. Sans ça, c’était sans aucun doute le top 5 !

7/ My Bloody Valentine – Loveless (chronique)
Une moitié de disque seulement, mais quelle moitié de disque ! Le reste n’est que plage de bruit, mais ça participe à l’ambiance, on se sent moins floué niveau génie musical qu’en écoutant un disque des Stone Roses.

6/ The Jesus Lizard – GOAT (chronique)
Un groupe unique qui trouve ici son meilleur niveau et le gardera encore quelques années. En termes de noise rock, je pense qu’on n’a pas fait beaucoup mieux que ce disque et le suivant, Liar.

5/ Dinosaur Jr – Green Mind
Un des albums de Dinosaur Jr que je trouve le moins réussi. J Mascis y tente plein de choses, mais s’il y a des réussites évidentes et des mélodies qui tuent, il contient aussi des choses moins mémorables. Je le mets quand même en 5e parce que, d’une part, même en-dessous de son meilleur niveau, Dinosaur Jr est au-dessus de beaucoup de groupes, et ensuite parce qu’il y a dessus “The Wagon”, qui est sans doute le meilleur morceau de 1991.

4/ TAD – 8-Way Santa
Le grand disque oublié du grunge. Une sorte de Soundgarden en plus crade qui sait tour à tour être plus noise, et plus pop. C’est pour ça qu’il est dans le top 5 alors que Badmotorfinger échoue à l’entrée du top 10.

3/ Mudhoney – Every Good Boy Deserves Fudge (chronique)
Mudhoney qui se réinvente après avoir inventé le son de Seattle. Tout en restant Mudhoney. Un disque qui ne fera sans doute pas l’unanimité, mais qui contient quand même nombre de perles dans son genre (“Who You Drivin’ Now”, “Let It Slide”, “Into The Drink”, “Good Enough”, “Broken Hands”…) et que j’adore. C’est mon top, quand même !

2/ Pixies – Trompe Le Monde (article discographie)
Peut-être mon préféré des Pixies. Je trouve quasiment tout génial, dessus, du morceau d’ouverture en passant par la reprise de The Jesus & Mary Chain, une merveille de songwriting punk et décalé comme seul Frank Black sait le faire.

1/ Nirvana – Nevermind (chronique)
Sans doute pas mon disque préféré de ce top, et même pas mon album préféré de Nirvana (je lui préfère largement In Utero), le disque qu’on a tellement entendu qu’on n’a jamais envie de le réécouter, et pourtant, s’il faut être honnête, c’est indubitablement celui qui a eu le plus gros impact sur la face de la musique et sur l’auditeur que je suis aujourd’hui. Les autres ne sont que des disques de niches qui seront sans doute oubliés avec notre génération de vieux cons, celui-là continuera à tourner dans les cours de récré et ce n’est pas juste à cause d’un marketing réussi. Quand on réécoute le disque, pour tout ce qu’on peut lui reprocher, les morceaux fonctionnent toujours extrêmement bien. Osez dire le contraire !

Le “top” de Yann Giraud

Le vrai meilleur album de 1991 : Nevermind – Nirvana 

Le vrai meilleur album de 1991 quand ça me fait chier de faire comme tout le monde et citer Nevermind : Loveless – My Bloody Valentine 

Le vrai meilleur album de 1991 que j’ai pas écouté avant 2001 : Laughing Stock – Talk Talk

Le vrai meilleur album qui me fait chier parce que c’est mon groupe préféré mais c’est l’album d’eux que j’aime le moins (alors que c’est celui qui s’est le mieux vendu à l’époque) : Out of Time – REM

Le vrai meilleur album de 1991 quand j’ai envie de montrer que je suis un mec ouvert et que moi aussi j’aime le hip hop : The Low End Theory – A Tribe Called Quest

Le vrai meilleur album de 1991 que j’ai jamais écouté en entier mais qu’il faut quand même inclure dans la liste parce que c’est un classique et puis c’est marre : Spiderland – Slint 

Le seul vrai meilleur album de 1991 que j’ai vraiment poncé en 1991 : Innuendo – Queen

Le vrai meilleur album de 1991 que je mets dans la liste juste parce que ça va faire chier Blackcondorguy : Blood Sugar Sex Magik – Red Hot Chili Peppers

Le vrai meilleur album de 1991 que je mentionne juste pour faire une blague sur Blur : Leisure – Blur

Le vrai meilleur album de 1991 qui est dans le top 20 de Rate Your Music et montre clairement qu’il faut arrêter avec les tops musicaux :  The Rocketeer (Music From the Original Motion Picture Soundtrack) – James Horner

Le top de Jonathan Lopez

Il n’y a pas beaucoup d’années où des albums comme Spiderland (10e ex aequo), Screamadelica, Raise de Swervedriver, Just for a Day de Slowdive, Laughing Stock de Talk Talk, Steady Diet of Nothing de Fugazi, 8-Way Santa de Tad, Smell The Magic de L7, le premier Cypress Hill se seraient retrouvés sur la touche… Que voulez-vous, n’est pas the year punk broke qui veut.

10/ Les Thugs – I.A.B.F. (chronique)
J’étais obligé de mettre Les Thugs pour tout ce qu’ils représentent, d’autant plus que c’est un de mes albums préférés des angevins. I love them so.

9/ Rowland S. Howard & Lydia Lunch – Shotgun Wedding
Collaboration magique, ou devrais-je dire mariage parfait, entre deux personnages pour le moins singuliers et torturés. Tu nous manques tant Rowland.

8/ Mudhoney – Every Good Boy Deserves Fudge (chronique)
Every Good Top Deserves Mudhoney. Et on ne parle pas de n’importe quel album de Mudhoney.

7/ Pearl Jam – Ten
Allez-y, jetez-moi des tomates ! La prod a salement vieilli, c’est un fait. On trouve là les plus gros travers du groupe qui lui valent la cohorte de haters qui ne savent pas – ne veulent pas chercher à savoir – qu’à côté de ça le groupe a fait des morceaux infiniment plus fins, c’est indéniable. Je ne l’écoute quasiment plus jamais mais à un moment donné, il faut être honnête avec soi-même et se remémorer que ce disque a eu une importance majeure pour moi et constitué un de mes premiers émois musicaux. Et ça, je ne l’oublierai jamais. Tululututululuuuuu. (Vous avez de la chance, j’aurais pu/dû mettre aussi Temple of the Dog)

6/ A Tribe Called Quest – The Low End Theory
Des flows atypiques, des prods dingues qui me feraient presque adorer le jazz. Un des mes albums hip hop préférés EVER et probablement un de ceux qui pourraient faire succomber des réfractaires au genre.

5/ The Jesus Lizard – GOAT (chronique)
On touche là un des sommets ultimes du noise rock. Un énorme parpaing dans la face qui défigure toujours autant. I CAN’T SWIM!

4/ My Bloody Valentine – Loveless (chronique)
“Gnagnagna ils font juste du bruit, aucune mélodie”. Dommage pour ceux qui n’ont rien compris. Kevin Shields est timbré, l’album a coûté 12 milliards et mis 15 ans à sortir. So what? Putain de chef-d’œuvre absolument essentiel.

3/ Pixies – Trompe Le Monde (article discographie)
Il ne bénéficie pas de la même cote de popularité que Surfer Rosa ou Doolittle et pourtant… Quel disque ! Certains regrettent la mise sur la touche progressive de Kim Deal, je préfère me réjouir de la qualité d’écriture inégalable d’un groupe en état de grâce durant 4 ans.

2/ Nirvana – Nevermind (chronique)
CF le commentaire sur Ten. Trêve de snobisme, album faramineux à l’impact gargantuesque encore palpable aujourd’hui. S’il ne fut pas si décisif pour moi (pas plus que d’autres du coin, du moins), il a ouvert la voie du grand public au monde merveilleux du rock alternatif et demeure d’une efficacité absolue. Entertain us!

1/ Soundgarden – Badmotorfinger (article discographie)
Pour Chris. Pour tous ces riffs incroyables. Pour tous ces refrains monumentaux. Pour le Seattle Sound. Pour damer le pion à Nirvana. Le pire dans tout ça ? Ce n’est peut-être pas leur meilleur album.

Le top de Rob Veneto

10/ Neil Young & Crazy Horse ‎– Weld
Oui, un double live, et pourquoi pas ! L’interprétation est puissante, chauffée à blanc, l’harmonie des quatre est parfaite tout du long. Plus qu’un cheval fou, c’est un bateau dans la tempête que mène le Loner, sans faiblir une seconde. En fin de soirée, il m’arrive encore de saouler des potes en mettant la version de “Cortez The Killer”.


9/ Robert Wyatt – Dondestan

L’album avec lequel j’ai découvert, sidéré, l’univers troublant de Wyatt, cette voix poignante, ces claviers hypnotiques et enveloppants, ces rythmes berçants et pourtant imprévisibles.


8/ Massive Attack – Blue Lines
“Unfinished Sympathy”, quelle claque à l’époque ! Qui m’amena à découvrir ce grand disque traversé par tant d’influences, cette production claustro, ce mélange des genres unique qu’on appellera trip-hop et que le groupe s’amusera à dynamiter à chaque album (enfin, au moins les 2 suivants). En plus, Tricky était encore là.


7/ Nirvana – Nevermind (chronique)
Ok, je préfère aujourd’hui Bleach et In Utero, mais quand même à l’époque, j’étais dingue, comme beaucoup, de ce disque, du mal-être qui en émanait et qui m’allait bien, entre mélodies dérangées et bruit maîtrisé.


6/ Pixies – Trompe le Monde (article discographie)
Le premier album que j’ai découvert des Pixies (et “Planet Of Sound”, premier morceau, merci Lenoir). Peut-être pour cela qu’il reste mon préféré, avec Surfer Rosa, même s’il est le moins côté aujourd’hui. La folie est encore bel et bien là, peut-être même plus imprévisible que sur les deux précédents.


5/ Teenage Fanclub – Bandwagonesque
Un pilier de l’indie-pop, géniale collection de pop-songs lumineuses et euphorisantes, salies joyeusement à coup de disto. Et avec Screamadelica et Loveless, un des 3 chef-d’œuvres sortis sur Creation cette année-là.


4/ Primal Scream – Screamadelica (chronique)
Rien à jeter, quoiqu’en dise le rédac chef dans sa chronique, une prod qui n’a pas vieilli (merci Andrew Weatherall), et un appel irrésistible à l’hédonisme, qui ressort de l’étagère tous les étés.


3/ Talk Talk – Laughing Stock
Chef-d’œuvre intemporel, envoûtant et quasi mystique, tout en détails, reliefs et silences, et, accessoirement, dernier du groupe. Car que faire après ça ?


2/ Slint – Spiderland (chronique)
Découvert des années plus tard (et impossible de comprendre à ce moment-là comment j’avais pu passer à côté pendant tout ce temps). Et toujours cette question depuis : comment des gens si jeunes ont-ils pu enregistrer avec une telle maîtrise ce labyrinthe de noirceur ?


1/ My Bloody Valentine – Loveless (chronique)

En 1991, dans la cour du lycée, je me demandais si mon walkman avait un problème ou si le groupe avait osé faire çà. 30 ans plus tard, aucun autre disque n’a réussi à me donner une expérience aussi sensorielle et simultanée du bruit et de la mélodie, et cette impression de littéralement flotter (à volume suffisant).

Le top de Sonicdragao

En 1991, j’ai 12 ans. Forcément, ce Top 10 contient des albums que j’ai découverts plutôt à partir de 1993-94 voire après. Je pense même que mon Top 1993 ou 1994 serait plus fourni. Et si certains groupes ont depuis quasi disparu de mes écoutes régulières (Noir Désir, Smashing Pumpkins…), ce Top est presque un petit Hall of Fame 90’s perso en fait. RDV en 2022, 2023, et 2024 pour la suite ! 

Seul problème de 1991 en fait, pas d’album de Sonic Youth et pas les albums que je préfère pour Soundgarden (le 11e homme), Sebadoh, Fugazi, Jesus Lizard

10/ Pearl Jam – Ten
La prod a mal vieilli certes, mais c’est quand même un sacré album avec un sacré paquet de tubes.

9/ Smashing Pumpkins – Gish
Même si le suivant, Siamese Dream, est un de mes disques préférés de toute cette décennie, et que je n’écoute plus les citrouilles depuis le double Mellon Collie, j’ai bien poncé ce Gish dans la seconde moitié des 90’s. Et vive la Big Muff !

8/ Dinosaur Jr – Green Mind (article discographie)
Comme pour les citrouilles, je préfère le suivant, Where You Been, et of course You’re Living all over me, mais impossible de ne pas mettre le groupe de Jay Mascis dans ce top. Au classement de la pochette, il ne serait pas 8e par contre.

7/ My Bloody Valentine – Loveless (chronique)
Sûrement pas le meilleur album shoegaze ever, mais un mille-feuilles noisy pop magistral. Et je kiffe les Jazzmaster.

6/ Noir Désir – Du ciment sous les plaines
Un groupe que j’ai du mal à écouter depuis le drame de Vilnius. C’était un de mes groupes fétiches. Mais toujours un de mes guitaristes français préférés en la personne de Serge Teyssot-Gay (Zone Libre, Interzone…).

5/ Massive Attack – Blue Lines
Un album qu’on ne présente plus. Un de ceux qui créent un genre. Qui rassemble autant de publics différents. Ça fait longtemps qu’on en attend un qui puisse nous secouer comme ça.

4/ Pixies – Trompe le Monde (article discographie)
Je les aime tous, enfin, plus ceux des 90’s quand même. Joey Santiago, underrated guitarist. Quel plaisir infini que le rock vitaminé des lutins. Indémodable.

3/ Slint – Spiderland (chronique)
Destin étrange que celui de Slint. 2 albums et puis s’en va. Mais un culte entretenu depuis dans l’ombre par les adorateurs du rock instrumental. Influent, vous avez dit ?

2/ Les Thugs – I.A.B.F.
Découvert dans le sillage de Noir Désir, Les Thugs sont définitivement devant maintenant, bien haut (tout en haut ?) dans mon panthéon rock personnel. A jamais mon premier concert. A jamais le vrai rock indé français. Sans compromis, sans compromissions, la passion et l’intégrité comme étendards. Et vive LANE !

1/ Nirvana – Nevermind (chronique)
Peut-être pas le meilleur album de cette liste, encore que… Mais l’album sans lequel rien n’aurait été possible. On a tout dit sur son influence et sur le destin de Kurt Cobain donc je me contenterai d’un bon gros M.E.R.C.I.

1991 en 50 titres (versions Spotify et Youtube)

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