Woods – With Light And With Love (Woodsist)

Publié par le 21 avril 2014 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

woods-lpPochette improbable et minimaliste, pour cette nouvelle livraison du groupe californien Woods. J’en vois plein qui se grattent la tête, interloqués : Woods ? What the fuck ? Woods, c’est le groupe de Jeremy Earl, boss du label Woodsist, sur lequel sont publiés notamment quelques albums de White Fence, les potes de l’hyperactif Ty Segall (cf leur concert à la maroquinerie le 3 décembre dernier). Et ce groupe est à découvrir toute séance tenante pour ceux qui seraient passés jusqu’ici à côté.

Autour de Jeremy Earle (chant, guitares) qui a un petit air de Mark Oliver Everett (leader de Eels), Jarvis Taveniere (guitares, basse) et Aaron Neveu (batterie). Quelques potes et accessoirement musiciens de talent viennent en renfort sur ce disque, notamment Tim Presley le chanteur/guitariste de White Fence et Jonathan Redo de Foxygen. Woods fait partie de cette mouvance californienne, néo baba, aux influences très variées, dont Ty Segall est le porte drapeau.

Ce sixième album (déjà) laisse la part belle aux guitares et aux ambiances indie folk et rock psychédélique. Nappes de claviers juteux, arpèges de Rickenbaker, slides guitar qui nous caressent dans le sens du poil, que du bon et du sensuel. Dès l’intro de « Shepherd », qui rappelle de glorieux anciens, on est en terrain familier, ambiance Dylan ou Harrison. Jeremy Earle pose sa voix délicate, sur les arpèges de slide guitar livrés par Tim Presley. Trois minutes de ballade folk à la mélodie évidente et accrocheuse. Mais Jeremy Earle, s’il connaît ses classiques, n’est pas un vulgaire copieur. Il sait créer ses propres ambiances sur des compositions classieuses, à la hauteur de son talent.

Les deux titres suivants font monter la sauce, on est plus sur le terrain rock que folk. « Shining », et surtout l’éponyme et remarquable « With Light And With Love », morceau de bravoure de neuf minutes ponctué de longues envolées électriques. Quelle claque et quelle classe ! Place ensuite au mid tempo de la savoureuse « Moving To The Left » : « Are we floating by and by, are we moving to the left ? » s’interroge Jeremy Earl.

Le sieur Jeremy est un sacré songwriter et il n’a pas son pareil pour torcher une chanson accrocheuse, gorgée de guitares et claviers, il n’y a qu’à écouter « Leaves Like Glass » ou la superbe « Full Moon », avec Tim Presley à nouveau au manche de la slide guitar, pour s’en convaincre.

Dernière envolée lyrique sur la magnifique ballade « Feather Man ». Grattes électro-acoustiques, violon (Samara Lubelski*) et chant envoûtant à l’unisson, ajoutez-y une pincée de cloches carillonnantes, et vous avez tous les ingrédients de l’ambiance planante et mystérieuse de ce dernier titre.

Suivez mon conseil, précipitez-vous sur ce disque remarquable et pénétrez l’univers onirique de Woods et son leader Jeremy Earl.

Enfin, si vous passez par Big Sur (je sais, c’est pas à côté) début août, allez faire un tour à la Henry Miller Library pour assister au festival Woodsist, vous pourrez y entendre en live Woods, White Fence et autre Foxygen. De grandes et belles soirées rock en perspective !

Allez tout n’est pas perdu, tant qu’il y aura des mecs comme Jeremy Earl qui composeront et enregistreront des disques, on peut encore espérer en l’espèce humaine.

 

El Padre

 

*qu’on avait entendue aux côtés de Thurston Moore (Sonic Youth).

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