Ty Segall – Sleeper (Drag City)

Publié par le 12 août 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

ty-segall-sleeperQualifier Ty Segall de glandeur serait comme considérer Hitler en grand humaniste ou Jérémy Morel en joueur de foot. Une hérésie. Jugez plutôt : à 25 ans et actif depuis 2005, le bonhomme vient de sortir son 8ème album solo. Pas moins. Et si l’on comptabilise ses side-projects et appartenances à d’autres groupes (Epsilons, The Perverts, Fuzz…), on n’est pas loin du double.

Un rythme effréné difficile à suivre pour nous pauvres blogueurs qui ne sommes que quatre (dont trois feignasses dont je tairai les noms). Une chose est sûre cependant, le jeune Segall fait aujourd’hui figure de fer de lance de la nouvelle génération rock de San Francisco et s’est même imposé comme l’un des artistes les plus talentueux de sa génération.

Un artiste au goût prononcé pour la distortion, délivrant à tour de bras des pépites garage à tendance grungy. Mais ce quatrième album depuis 2012 (!) a de quoi surprendre. On y découvre en effet un Segall apaisé qui a rangé sa pédale fuzz, troquée contre une guitare accoustique.

Sleeper est donc un album folk où les envolées soniques ont laissé place à une sensibilité empreinte de mélancolie. Un changement de ton sans doute influencé par la vie personnelle du chanteur qui a perdu son père adoptif récemment des suites d’un cancer.

Les deux premières pistes (« Sleeper » et « The Keepers »), magnifiques, suffisent à nous convaincre que le jeune homme a suffisamment de talent pour changer de registre comme de chemise.

Les compositions ne sont certes pas toutes aussi belles et réussies, certaines plus anecdotiques nous font parfois fermer un oeil (« 6th Street », « Queen Lullaby »). Mais l’ensemble est toutefois de très bonne facture et respire la sincérité (« Crazy » où il rend hommage à son paternel et s’en prend à sa mère qu’il déteste « he’s here, he’s still hère, but she is crazy. »).

Les morceaux de bravoure ne manquent pas et on ne regrette pas le voyage à l’écoute de la poignante « She Don’t Care » et son refrain plaintif ou du final électrisé de « The Man Man » (seul passage de l’album où ça s’excite un peu).

À défaut d’être magistral, l’essai se révèle très concluant, éminemment prometteur et ouvre ainsi de nouvelles portes à Ty Segall dont l’hyperactivité n’a donc toujours pas d’emprise sur la qualité de ses oeuvres.

 

JL

 

Écoutez « The Keepers »

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