J.C. Satàn – Centaur Desire

Publié par le 24 février 2018 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Born Bad, 2 mars 2018)

J.C. Satàn, l’un des groupes fers de lance du garage français, revient le 2 mars sur vos platines.

Après le succès de leur excellentissime quatrième album éponyme (le premier chez Born Bad), on est en droit de se demander quel visage va nous offrir le groupe aujourd’hui. Ont-ils sombré vers la tentation de livrer un album plus grand public ou sont-ils restés intègres ? Même si on avait déjà notre petite idée sur la question, le teaser lâché sur internet début janvier se voulait rassurant.

Et les derniers doutes sont vite dissipés. Avec une production abrupte, les voix légèrement en retrait, ils n’ont pas fait le choix de la facilité pour remplir des stades tels les derniers Queens Of The Stone Age (nausée) et Arcade Fire (vomi) mais de revenir à un son plus noisy comme sur les précédents Faraway Land et Hell Death Samba.

La première écoute de Centaur Desire peut ainsi être déroutante, il faut prendre le temps de dompter le bestiau afin qu’il nous dévoile toutes ses richesses et subtilités planquées sous ses sabots. Dès l’ouverture (“I Won’t Come Back”) les bordelais démontrent qu’ils ne se sont pas assagis et ont conservé leur hargne, saupoudrée comme souvent d’une pointe de stoner (“Centaur Desire”, “Communion”).

Les voix de Paula et d’Arthur se répondent toujours à merveille, la batterie de Romain et la basse (du nouveau-venu Gaspard, bassiste de Cockpit, Sam Fleisch, Prêcheur Loup) groovent comme jamais en album, la guitare d’Arthur, digne d’un Josh Homme période Rated R, nous assène des riffs assassins (“No Brain No Shame”, “Lies”).

On retrouve enfin gravée sur album cette énergie dévastatrice qui vous donne une grande mandale à chacune de leur prestation live et fait de J.C. Satàn l’un des groupes rock français incontournables sur scène.

Sur les albums précédents, Arthur avait déjà laissé exprimer son talent pour écrire de belles mélodies pop façon Kinks ou Beatles (point culminant avec “Waiting For You” sur le dernier album), il récidive en nous offrant ici de nouveaux bijoux noise-pop (“Erika”, “Drink Dope and Debauchery”, “The End”).

Le synthé est lui plus présent (“The Road”), le groupe se fait d’ailleurs plaisir en nous livrant un morceau cold wave (“Complex situation”) rappelant Frustration, leurs comparses de Born Bad.

Avec Centaur Desire, J.C. Satàn monte encore sur ses grands chevaux et prouve qu’il reste entier sans glisser vers le côté obscur du rock mainstream à la recherche du tube à jouer sur les plateaux TV.

Force est de constater une nouvelle fois qu’ils sont les dignes porte-drapeaux du garage français. Et bien plus encore.

Gloire à J.C. Satàn.

Alain Dutertre

LIRE L’INTERVIEW DE J.C. SATÀN

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