Don’t Look Back #3 : Oasis – Definitely Maybe

Publié par le 24 juin 2018 dans Don't Look Back | 0 commentaire

On a tous des albums qu’on a rayés à force de trop les écouter, des disques de chevet qui nous ont suivis intensément pendant des années (ou des mois, ou des semaines) et qu’on a fini par laisser de côté, soit par lassitude, soit parce qu’on est passé à autre chose. C’est la vie. Que se passe-t-il quand on ressort ces albums dix ou quinze ans après ? Exercice complémentaire du bac d’occaz, BCG se plonge dans des albums qu’il connait parfois sur le bout des doigts… mais qu’il n’a pas réécoutés depuis une éternité.

© Shyle Zalewski

Au début : Je découvre Oasis avec leur album suivant, (What’s The Story) Morning Glory?, avant même que “Wonderwall” ne se mette à squatter toutes les radios et toutes les soirées par l’intermédiaire du mec qui cherche à serrer avec les 4 accords de guitare qu’il connait, et c’est immédiatement la grosse claque. Le rock’n roll classique saupoudré de l’énergie punk avec un peu de désabusion et une production plus typique des années 90, ça change de l’eurodance et du rap français, et ça a de quoi chambouler un gamin d’une dizaine d’années. Résultat, Oasis devient mon groupe préféré en quelques jours et le restera quelques trimestres. Je prends même une décision qui aura un certain impact : ma musique, maintenant, c’est le rock ! J’arrête donc tout le reste plus ou moins d’un coup, j’arrête la radio (qui n’en passe quasiment plus), et je vais tourner avec les quelques CDs et cassettes sur lesquelles je peux mettre la main. Du coup, je découvre vite le premier album d’Oasis, Definitely Maybe, qui me plait autant que le suivant.

Après : Si les frères têtes à claques ont réussi à me mettre pour de bon sur le chemin de la musique à guitare, celui-ci est resté semé d’embûches jusqu’à atteindre au final une zone de goûts qui parait enfin me correspondre, et ils ont été plus ou moins abandonnés sur la route. Je ne dis pas que je ne réécoute pas deux ou trois morceaux à l’occasion avec un réel plaisir, mais l’excitation à entendre la voix de Liam ou les chansons de Noel a elle bel et bien disparu. Il faut dire qu’au passage, j’ai découvert toutes leurs illustres influences qui m’échappaient à l’époque (hormis l’intro d'”Imagine” que j’avais quand même reconnue au début de “Don’t Look Back In Anger”), et que celles-ci sont tout de même un cran au-dessus à tous les niveaux. Du coup, j’ai rangé leurs disques et les quelques écoutes que j’ai pu en faire à l’occasion ne m’ont pas vraiment motivé à les ressortir.

Maintenant : J’écoute donc Definitely Maybe pour la première fois depuis très longtemps, sans appréhension mais avec un souvenir d’indifférence assez marqué pour la plupart de ses morceaux réécoutés ça et là. À une exception près, on y revient. J’essaie de garder les oreilles ouvertes pour comprendre pourquoi certains considèrent ce disque comme l’un des plus importants de son époque, et pas seulement les fanatiques absolus des frères sourcils. Et en fait, il y a bien des choses intéressantes, sûrement plus que sur son successeur gavé de tubes fm : certaines mélodies sont bien trouvées, les arrangements sont plus complexes qu’on le croirait (intro noisy de “Columbia”, final presque grungy de “Rock’n Roll Star”), et les changements d’ambiance sont efficaces (“Married With Children”, “Live Forever”). Le problème, c’est que les titres sont longs et s’essoufflent au fil des minutes (“Cigarettes & Alcool”) quand ils ne sont pas déjà insipides au départ (“Bring It On Down”, “Shakermaker”, “Digsy’s Dinner”). Dans l’ensemble, rien de désagréable, et c’est même plus plaisant que je l’aurais cru, mais pas non plus un album qui détrônera ceux qui me sont les plus chers sur cette décennie.

Bilan : Au final, il n’y a que peu de réussites non mitigées sur ce disque et une seule vraie tuerie : “Supersonic”. Là, ok, en termes d’efficacité, de morceau pop rock accrocheur et bien ciselé, on est au top. Pour le reste, je trouve que “Live Forever” et “Married With Children” sont de bons morceaux, mais je préfère largement la reprise d’Evan Dando du premier, qui va droit au but et sait quand s’arrêter, et “I Was a Teenage Hand Model” sur le premier album de Queens Of The Stone Age, qui propose le même genre de délires que le second, est carrément au-dessus. Pour le reste, aucune de ces chansons ne retient durablement mon attention et ne restera dans mon cœur. Sans rancune, Oasis, et merci de la part de moi ado. Maintenant, on va continuer chacun de notre côté !

Blackcondorguy

 

LIRE DON’T LOOK BACK #1 : THE CRANBERRIES – NO NEED TO ARGUE
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