Dear Eyes – Super Times Wow (La Baleine)

Publié par le 14 juin 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

deareyesRetour attendu de Dear Eyes, trois ans après l’EP Happy Sad. Frank Woodbridge auteur compositeur, seul maître à bord dans l’aventure Dear Eyes, assure ici quasiment toutes les parties musicales et vocales sur les onze titres de l’album, en dehors de quelques renforts ponctuels : voix féminines (Anne-Laure Woodbridge), guitare ou claviers (Bastien Burger).

Dès les premières notes de synthé de « We Love The Songs », la voix caressante et chaude de Franck nous embarque pour une ballade sensuelle sur une superbe mélodie qui s’insinue lentement mais sûrement dans l’esprit. Belle entrée en matière.

Dans la continuité, avec l’enchaînement de titres aux réminiscences évidentes (cold wave, dream ou electro pop), un constat s’impose, l’écriture de Frank Woodbridge a évolué, et tant mieux. Il est loin le temps de la rage rock’n’roll (Backstab, Jenny In Cage), Super Times Wow est le disque de la maturité qui livre ici une collection remarquable de hits potentiels. Autant de jolis moments sur un seul disque est assez rare pour être souligné, voire crié. Faites le savoir autour de vous, cette galette est un petit bijou.

A l’aise dans tous les registres Frank Woodbridge chante remarquablement, que ce soit sur les titres dansants ou sur les errances poétiques (remarquable « Lemonade »). Les rythmes syncopés de « Solitude Mondaine », ou les percussions de « Buttons » invitent incontestablement à se trémousser, et la seule reprise de l’EP « Go Train Fast Love » n’est évidemment pas en reste. Titre très dansant, boîtes à rythmes, percussions, refrain scandé, et guitare très Cure. Tu l’as fait écouter à Robert Smith, Frank ?

Au rayon ballades, c’est l’embarras du choix pour trouver celle sur laquelle rêver ou planer.

« Murakami Dreams », qui pourrait accompagner toute lecture de l’œuvre onirique du génial écrivain japonais, « Lemonade » pétillante et sucrée comme un verre de limonade glacée, ou « Summer Girls », sublime morceau qui monte crescendo avec un final toutes guitares dehors, à faire pâlir tant de songwriters qui essaient de vain de d’accoucher d’une telle chanson dans toute leur carrière. Frank Woodbridge fait preuve d’une aisance incroyable pour torcher des mélodies intrusives qu’on fredonne après deux écoutes.

Enfin, je ne résiste pas à l’envie de réécouter en boucle la dernière chanson du disque, car ce « Sunny Little Song » m’évoque personnellement un groupe qui figure au panthéon et que je chéris particulièrement, je veux parler du Velvet Underground. Petite clochette, chant délicat, guitare acoustique, et enfin ce tambourin qui scande le rythme comme Mo Tucker. Géniale clôture de l’album.

La qualité de l’écriture et des arrangements font de ce Super Times Wow incontestablement la bande-son de l’été et ce ne sont pas les superbes photos de pochettes (recto et verso) qui contrediront ce sentiment. Un conseil, emportez ce disque sans faute sur la plage, et écoutez-le en boucle face à la mer, vous verrez le monde vous paraîtra plus beau. Souriez, c’est l’été !

El padre

 

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