Queens Of The Stone Age – Songs For The Deaf

Publié par le 1 octobre 2017 dans Chroniques, Incontournables, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Interscope, 2002)

Bon allez, assez ricané avec le pathétique dernier album de Queens Of The Stone Age où Josh Homme s’est pris pour un chanteur rnb. Ne nous attardons pas non plus sur son prédécesseur …Like Clockwork où il se prenait pour Elton John (il l’avait même invité !) mais séduisait quand même grâce à la qualité de sa plume, de sa voix et de son groove.

Revenons à la base, la sève, le nec plus ultra : ce qui fait que QOTSA est devenu QOTSA, c’est à dire, n’ayons pas peur des mots, le plus grand groupe de rock du 21e siècle.

Déjà Josh Homme la jouait collectif à l’époque et il avait bien raison vu l’escouade de luxe qu’il se trimballait. Pour rappel, pour ceux qui reviennent d’un voyage sur mars, le garçon avait ni plus ni moins Nick Oliveri et Mark Lanegan à ses côtés. Et tel un PSG blindé de dollars qataris, il avait choisi de se renforcer davantage encore avec son Neymar à lui, répondant au doux nom de Dave Grohl. Rien de tel pour dynamiter les défenses.

Et pourtant contrairement à ces tocards du PSG, QOTSA avait une âme et déjà un talent fou avant de gagner au loto. Il avait pondu un premier album éponyme faisant idéalement le lien avec l’après-Kyuss et le déluge à venir. Et il avait mis à genoux tous ceux qui s’étaient frottés au monumental Rated R. De la « pop » violente, planante, galvanisante, de la pop non pas à chanter sous la douche mais à hurler entre potes tellement que ça fait du bien. Tellement que c’est bon.

Alors pourquoi je vous parle de Songs For The Deaf me direz-vous ? Parce qu’il a 15 ans. Et nous, chez Exit Musik on est un peu cons, quand un disque qui nous branche fête son anniv, on dégaine la plume. Cette précision inutile étant faite, on a beau dire, on a beau faire : Songs For The Deaf est quand même un putain d’album. Songs For The Deaf est un peu (TOUTES PROPORTIONS GARDÉES) à Queens Of The Stone Age ce que Nevermind est à Nirvana (vous le dites quand je vous soule avec mes comparaisons foireuses, hein ?) : le disque qui les propulse dans une nouvelle dimension, qui ringardise les autres productions rock de son époque, le disque blindé de tubes qu’on a tous entendus 400 fois (400 000 pour Nevermind), le disque pour lequel on aime bien prendre notre air snob et hautain parce qu’il est devenu trop convenu de l’aimer. Mais surtout le disque que quand tu le remets sur ta platine, tu kiffes ta race. Et c’est quand même ça qui compte, au final.

Parce que même si on lui préfère le plus brut(al) Rated R (qui fait un peu office de In Utero pour le coup, même si chronologiquement ça ne tient pas..) : on ne peut pas oublier que sur Songs For The Deaf il y a en ouverture « You Think I Ain’t Worth A Dollar, But I Feel Like A Millionaire » avec un Oliveri hurlant tel un coyote un soir de pleine lune, qu’on y trouve la gargantuesque « A Song For The Dead » (devenu l’hymne de fin de concert) qui ne veut jamais finir sans s’être assurée de nous avoir pété toutes nos dents, les tubes « No One Knows » (où Josh siégeait déjà sur le trône du coolest guy on earth, que des tocards comme Alex Turner ont ensuite cru pouvoir s’accaparer) et « Go With The Flow », sorte de course poursuite permanente derrière une rythmique implacable (Oliveri/Grohl c’est plutôt du solide). Des riffs d’acier (tout l’album), des passages hallucinés (« God Is In The Radio », « No One Knows »…) ou les deux à la fois (« The Sky Is Fallin' », « A Song For The Deaf »), des refrains qui restent en tête ad vitam eternam (tout l’album). Même les morceaux qui paraissent un peu plus faibles restent redoutables d’efficacité (« Do It Again », « Another Love Song »).

Songs For The Deaf enfonce le clou de Rated R, en étant un poil plus accessible. Ce n’est plus tout à fait du stoner, c’est trop agressif pour être de la pop, c’est juste du Queens Of The Stone Age. Beaucoup essaieront de reproduire la recette miracle. En vain… Même QOTSA a lâché l’affaire et essaie désormais de se réinventer, bien conscient que l’état de grâce ne dure pas. Surtout que Josh Homme n’a pas conservé son équipe de choc. Car ce disque avait en plus le mérite de remettre Dave Grohl dans le rôle qui lui convient le mieux (ou le seul qui lui convient vraiment, c’est selon). Et là, pas de doute, quand le Dave mitraille tout ce qui bouge de la sorte, ils ne sont pas beaucoup à pouvoir soutenir la comparaison. Et, comme sur Rated R, Lanegan fait des merveilles avec sa voix de velours sur des compos XXL (« Hangin’ Tree », « A Song For The Dead », évidemment).

Finalement, le seul truc qui gâche un tout petit peu le plaisir sur ce disque, c’est qu’il est (trop) riche en interludes sympathiques et rigolotes (le concept de la radio en bagnole, bon…), mais au bout de 400 écoutes, on a quand même envie de les zapper. Vu que tout le reste est en béton armé, on n’osera pas s’en plaindre.

JL

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