METZ – Strange Peace

Publié par le 14 octobre 2017 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Sub Pop, 2017)

Pour la première fois, METZ a choisi un nom pour son album (non, parce que II on peut pas appeler ça un nom, faut pas déconner non plus). Un nom qui a de quoi surprendre. Strange Peace de la part de cette bande de brutes épaisses c’est pour le moins… strange. D’autant qu’à l’écoute du disque on a beau chercher, on trouve difficilement une once d’accalmie dans les assauts des bûcherons canadiens. Au début du moins. METZ tronçonne, METZ ravage, METZ détruit. Et on subit.

Après trois morceaux METZ pur jus, voilà un peu de répit. Un peu de nouveauté aussi, ouf. Car il faut bien le dire, à part quelques riffs bien saignants (« Drained Lake », « Cellophane ») qui viennent épancher notre soif de violence, le schmilblick messin n’avance guère et les mêmes interrogations demeurent. Oui ce groupe sait faire du bruit, du bon boucan même, mais les mélodies se font toujours trop rares, noyées sous les décombres et pas spécialement mémorables. En cela, la comparaison avec Nirvana qui leur colle aux basques depuis leurs débuts n’est guère judicieuse.

Pourtant le groupe s’est payé les services de Monsieur Steve Albini ce qui n’a rien d’illogique vu que tous les groupes qui font du rock bruyant ont dû lui envoyer leur CV un jour ou l’autre.

Et sans surprise, la rencontre est des plus probantes, le son respire, bien percutant et brut de décoffrage comme il faut. Comme à son habitude, le père Steve a dû laisser le champ libre à ses poulains qui, on l’a dit, se sont un peu lâchés sur quelques morceaux. Saluons à ce titre cet essai post punk même s’il ne restera pas dans les annales (« Caterpillar »), qui n’est pas sans rappeler leurs compatriotes de Preoccupations (ex-Viet Cong), la curieuse « Sink », bien moins énervée mais trop monotone ou la conclusive « Raw Materials », peut-être la plus ambitieuse du groupe à ce jour qui fourmille d’idées, de riffs nerveux et s’achève dans un fatras de tous les diables. Ça a dû plaire à Albini. Dans des registres plus communs, il faut reconnaitre que « Common Trash » qui ne s’embarrasse d’aucune espèce de retenue ou la punky « Dig A Hole » font également le boulot. Bien salement.

A l’heure des conclusions, soyons simples et concis. A la METZ.

Est-ce qu’on passe un bon moment quand on écoute Strange Peace ? Oui.

Est-ce qu’on a souvent envie de le réécouter ? Non, sauf si on a des accès de violence.

Est-ce qu’on veut entendre ces nouveaux titres en live ? Oui c’est tentant.

Est-ce qu’on réécoutera ce disque dans 10 ans ? Rien n’est moins sûr.

JL

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