Viet Cong – Viet Cong (Jagjaguwar/PIAS)

Publié par le 2 février 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

vietCalgary, ville triste et bétonnée sans aucun intérêt, vient subitement d’en gagner car c’est d’ici que vient le groupe Viet Cong. L’origine de ce groupe est assez chaotique. Formé par Matt Flegel et Mike Wallace, deux des  anciens membres du groupe Women qui prit fin en 2010 suite à une bagarre sur scène. La mort de leur guitariste Christopher Reimer âgé seulement de 26 ans en 2012 enterrera pour de bon tout espoir de reformation.

Rejoints par Scott Munro et Daniel Christiansen, ils formeront la même année le groupe Viet Cong. Après Cassette, premier EP paru en 2014, voici donc Viet Cong. Un album éponyme sombre mais pas que…

Les premières notes fracassantes de « Newspaper Spoons » nous propulsent d’emblée dans leur univers complètement déstructuré. On se laisse transpercer les tympans par un riff assourdissant comme pas possible, une rythmique lourde, déstabilisante et un synthé éthéré sorti de nulle part venu nous délivrer de ce sentiment de mal-être. Pas facile de garder son sang froid après une telle intro.

Heureusement, malgré ce semblant d’ombre menaçante qui plane au dessus de chaque titre, on retrouve par la suite les différentes ambiances que le groupe exploite sans cesse autour des morceaux qui composent cet album éponyme. Du post-punk qui plaira aux abonnés du mouvement avec des titres comme « Silhouettes » et « Pointless Experience » marqué par la noirceur de Matt Flegel qui nous balance froidement « If we’re lucky we’ll get old and die. » Du Krautrock dans « March of Progress », son intro aliénante et sa boucle psyché qui montre que le groupe ne repose pas sur ses acquis. Ils exploitent ici des sonorités improbables en associant une rythmique lourde et rébarbative aux tonalités pop de leur clavier. L’apothéose cold-wave viendra avec l’excellent single « Continental Shelf », morceau sombre et mélodieux comme on les aime. L’addictif « Bunker Buster » (morceau génial !) pourrait définir à lui seul l’étiquette de « post-punk labyrinthique » qui semble avoir été associé au groupe.

L’album se termine par ce qui est à l’origine de cette formation, la mort. Un titre de cloture intitulé « Death », d’une durée de 11min17, porté par une mélancolie furieuse et scindé sauvagement par un solo mêlant riffs de guitare frénétiques, lignes de basse hypnotisantes, batterie martelante et les paroles de Matt Flengel qui nous rappelle le tragique destin du guitariste Chris Reimer  « you went too far the other way ; you’ll never get old« .

Il n’y a donc rien à jeter sur ce premier album. Les sept longs morceaux qui le composent sont complexes, lourds, instables, puissants. Une pure bombe !

 

ET

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