Kurt Vile – B’lieve I’m Goin’ Down… (Matador)

Publié par le 30 septembre 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

kurt-vile-b-lieve-im-down-album-stream-listenIl est assez amusant de constater que le départ de Kurt Vile des War On Drugs aura finalement été bénéfique aux deux camps. En tout cas, la carrière solo de Kurt Vile et les efforts de War On Drugs sans lui ont parallèlement pris un essort notable.

On ne va pas s’attarder sur ces derniers mais on ne sera pas de ceux qui trouveront à redire sur Smoke Ring For My Halo et Wakin On A Pretty Daze, les deux prédécesseurs de très haut niveau livrés par Vile. Et on vérifie très vite que le bougre continue ici sur sa lancée.

Il y a d’abord l’impeccable mise en bouche « Pretty Pimpin » qui trotte immédiatement dans la tête. Et dans laquelle on note un Vile osant prendre des libertés dans ses intonations, lui qui nous a habitué à une certaine monotonie doublée de nonchalance dans son chant (sans jamais que ça en devienne ennuyeux néanmoins).

Plus avare en longues échappées acoustiques que sur l’album précédent, Kurt Vile s’octroie tout de même un fingerpicking soutenu sur « All In A Daze Work » (sans doute un clin d’oeil au nom du dernier album), montrant là encore tout son talent de compositeur et de guitariste. Tout en affichant une patte immédiatement reconnaissable, ce qui ne nous empêche pas pour autant de songer à Neil Young de temps à autre (« Wide Imagination »). Comme ce dernier, il est de ceux qui ont ce petit truc en plus, ce truc qui confère une dimension supérieure à un titre comme « That’s Life, Tho (Almost Hate To Say) » qui n’aurait pu être « qu’une » chouette ballade pépère… et qui finalement nous donne l’impression d’être des privilégiés de simplement pouvoir l’écouter.

Wakin On A Pretty Daze bénéficiait d’une grande homogénéité avec de longs titres assez proches dans l’esprit, là où B’Live I’m Going Down n’hésite pas à varier les plaisirs d’une piste à l’autre, avec un Vile certainement plus que jamais sûr de sa force.
C’est bien simple, le bougre s’en sort toujours haut la main qu’il soit accompagné d’un piano (« Life Like This »), qu’il sautille autour d’un banjo (« I’m An Outlaw »), ou se retrouve carrément encombré de nombreux synthés (« Lost My Head There »). Sur ce dernier point, l’exercice est déroutant mais finalement pas si incongru. Ça n’avait pas réussi à tout le monde (on pense au douloureux dernier album de Lanegan, pourtant pas vraiment dénué de talent ni d’expérience).

S’il peut même se permettre ça, on ne voit pas trop ce qui est capable d’empêcher Kurt Vile de faire de la bonne musique en ce moment.

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