Mark Lanegan Band – Phantom Radio (Heavenly Recordings/PIAS)

Publié par le 19 octobre 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

laneganLe problème quand on voue une admiration sans borne à un artiste, c’est qu’on accepte difficilement qu’il nous déçoive. D’autant plus quand ce dernier est dans une forme éblouissante avec notamment un dernier véritable album solo qui figure parmi les plus belles réussites de sa prolifique discographie (Blues Funeral). J’omets volontairement  la collaboration avec Duke Garwood qui était néanmoins du caviar pour les oreilles (Black Pudding) et l’album de reprises (Imitations) qui, pour le coup, était plus dispensable.

Donc Lanegan revient avec son band, comme il l’appelle, et son aura inaltérable. Il n’a pas besoin de grand chose pour nous dresser les poils et nous faire tartiner des pages sur son incroyable voix. Preuve en est avec une « Judgement Time » des plus minimalistes qui fait, une fois de plus, son petit effet. Il n’est pas dit que si le bonhomme sorte un jour un album a capella on osera le considérer avec dédain, bien conscients qu’il pourrait là encore briser notre petit cœur fragile.

En revanche, on lui en veut un peu d’avoir oublié qu’il a fait ses premières armes dans le rock dur (Screaming Trees) et quelques-unes de ses plus grandes œuvres aussi (Queens of the Stone Age, Gutter Twins et un bon paquet de grands titres en solo). On n’est pas difficile, on l’adore aussi quand il fait du folk ou quand bien même il ne s’entoure de quasiment rien comme on l’a dit plus haut.

Mais qu’il verse dans de la synth pop comme semble être sa nouvelle lubie (amorcée par l’EP No Bells On Sunday), là on dit non. Non Mark, pas toi. Ne te laisse pas pervertir par tous ces maudits synthés, anéantir ton charme vénéneux.

Clairement les claviers ont supplanté les guitares et on ne sent pas Lanegan dans son élément, il semble même parfois forcer un peu le trait (le pleurnichard « Torn Red Heart »). Résultat ça manque cruellement d’énergie et la monotonie guette. Et ça c’est quand on n’a pas tout simplement une envie soudaine de zapper (« Seventh Day », beurk). Au final, on a beau chercher, multiplier les écoutes, on ne trouve pas trace de mélodies mémorables (ou pas suffisamment mises en valeur) auxquelles Lanegan nous avait habituées.

On a tous le droit de faire des erreurs et on pardonnera volontiers Lanegan s’il se remet vite dans le droit chemin. Reste à espérer que cet album ne soit qu’une malheureuse parenthèse et non une réelle envie de prolonger dans cette voie pour le moins discutable.

JL

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