Godspeed You! Black Emperor – Asunder, Sweet, And Other Distress (Constellation)

Publié par le 28 avril 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

godspeedIl aura donc fallu attendre beaucoup moins entre l’avant dernier rejeton et celui-ci (2 ans et demi) qu’entre le break et la résurrection (une décennie).

Certains argueront que Godspeed n’est plus le même groupe depuis la fin de sa « 1ère carrière ». On a plutôt envie de se ranger dans l’autre camp. Celui des éternels optimistes.

Parce que si tout n’était pas parfait sur Allelujah! Don’t Bend! Ascend!, il était tout de même fort dommage qu’un groupe comme Godspeed soit réduit au silence, alors qu’il a encore des choses à dire, même si c’est plus par intermittence.

Les morceaux de ce « nouvel » album ne sont pas tout à fait nouveaux puisqu’il s’agit à la base d’un seul et même morceau, « Behemoth », déjà joué sur scène. Certains seront donc familiers avec ces 4 titres d’un total de 40 minutes.

Entame lourde et pesante (« Peasantry or Light! Inside of Light! »), comme si chaque coup était calculé, comme un déploiement stratégique des forces en présence. On observe une certaine continuité avec l’album précédent notamment de part ses influences orientales. Le décor est planté, les doutes dissipés.

Puis viennent s’amonceler de gros nuages noirs qui plombent notre optimisme. Les drones…
Dans la « vraie vie », les drones commencent à faire chier le monde de par leur côté intrusif ou pire, instrument de guerre. Dans la musique ces longs bourdonnements informes nous gonflent tout autant. Difficile de trouver ça palpitant même quand il s’agit comme ici d’instaurer une atmosphère, de faire monter la sauce… On nous bassinera avec le fait que cet album s’écoute d’une traite, qu’il y a un enchaînement logique. Il y a surtout deux drones bien chiants au milieu, il faut bien le dire. Mais…

Mais après cette longue et pénible phase d’observation vient l’assaut final. En forme de coup de maître du nom de « Pissed Crowns Are Trebled ». Morceau phare, lente progression vers un final épique, où les violons le disputent aux guitares (affrontement récurrent et souvent fructueux chez Godspeed). Où l’intensité est telle que plus rien ne compte tout autour.

Voilà qui vient troubler la donne. Le bilan est forcément mitigé vu que deux titres sur quatre ne servent à rien. Forcément trompeur aussi vu cette fin grandiose qui s’inscrit dans la lignée des grandes épopées Godspeediennes. De ces épopées qui nous donnent foi encore et toujours en un groupe unique qu’on n’est pas pressé de rayer de la carte.

JL

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