Dans le bac d’occaz #27 : Suicidal Tendencies, Wu-Tang Clan, The Fiery Furnaces

Publié par le 13 juin 2018 dans Le bac d'occaz, Non classé | 0 commentaire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*

Dans le bac d’occaz’ #27 :suggestions pour les années en 3

Suicidal Tendencies – Suicidal Tendencies (1983) : suggéré par Okérampa

Cher Oké,

Cela fait un moment que je connais Suicidal Tendencies, depuis ma période Metallica, en fait, et il est même fort probable que ce soit toi qui me les avais recommandés. En revanche, de ce premier album, je ne connaissais que “Institutionalized”, donc c’était une bonne occasion d’aller voir ce qu’il y a derrière.

Ce qu’il y a derrière : beaucoup de punk hardcore assez bourrin, mais, comme sur le morceau en question, pas mal de tentatives. Spoken word, donc, mais aussi, cassures de rythme, ralentissements, solos de guitare limite thrash (le solo de “I Shot The Devil” qui rappelle celui de “One” de Metallica, mais 6 ans avant, donc peut-être que Metallica s’en est inspiré), inclusion vers le metal et, plus surprenant, vers ce qu’on pourrait presque qualifier de rock alternatif/grunge (“I Want More”)…

Un disque intéressant, c’est certain. Mon seul reproche, c’est que le hardcore bourrin en est non seulement le cœur, mais englobe aussi tout le reste. Je préfère personnellement quand il est là dans le fond, mais limité au strict minimum dans la forme. À part ça, rien à redire, ce disque est à découvrir ne serait-ce que pour l’histoire du punk.

 

Wu-Tang Clan – Enter the Wu-Tang (36 Chambers) (1993) : suggéré par JL

Cher JL,

Je dois t’avouer que, n’écoutant pas de rap dans les années 90, toute mon éducation est à refaire. En même temps, c’était peut-être du conditionnement social, mais en tant que petit babtou de classe moyenne, je ne me sentais pas du tout légitime à écouter du hip hop, et ceux qui le faisaient autour de moi, arborant tout l’arsenal ghetto street life, me paraissaient absolument ridicules. Ado on écoute surtout de la musique pour l’image, soyons honnêtes.
Alors des niggaz de quartier qui revendiquaient une imagerie asiatique, en assimilant de surcroit les deux écoles d’arts martiaux les plus célèbres pour leur rivalité, ça me faisait pisser de rire. Impossible pour moi de prendre ce groupe au sérieux !

Les années ont passé et je me suis ouvert à d’autres horizons musicaux, j’ai pris conscience des carcans sociaux, et j’ai arrêté d’écouter de la musique pour l’image ou pour l’imagerie. Du coup, c’est avec 25 ans de retard que je donne sa chance au Wu-Tang Clan. Bon, ce n’est pas que le groupe manque d’humour, certaines punchlines d’Old Dirty Bastard sont mêmes plutôt bien trouvées, mais pour le coup, ça ne me fait plus rire du tout. C’est du sérieux ! Les instrus sont travaillées et efficaces, et niveau flow, chaque membre du clan rivalise avec l’autre. Un hip hop de très haut niveau, malgré les aspects caricaturaux inhérents au gangsta rap, qui me renvoie par la qualité de ses beats et la variété de ses MCs à ATK, l’un des meilleurs groupes à avoir sévi dans l’hexagone. Du coup, en néophyte qui découvre le hip hop à rebours, je me rends compte des découvertes plaisantes qui me restent encore à faire. Merci, JL !

The Fiery Furnaces – Gallowsbird’s Bark (2003) : suggéré par Wazoo

Cher Wazoo,

Je crois bien que je te déteste. Tu comprends, d’habitude, je suis un fervent défenseur de la première impression. Je ne dis pas qu’un disque ne peut pas prendre son temps à se dévoiler et révéler ses subtilités au fil du temps, ni même qu’on ne peut pas apprécier de plus en plus un album au fil des écoutes, mais je suis totalement opposé à la logique selon laquelle un disque qui nous parait détestable au premier abord deviendra génial après 50 écoutes. Ces cinquante écoutes-là, je n’en veux pas. Pour moi, si un album n’a pas réussi à m’accrocher avec un petit quoi que ce soit la première fois, ne serait-ce que de la curiosité, alors aucun espoir que j’y accroche un jour. Et tant pis si je me prive de chefs-d’œuvre qu’il faut écouter cent fois avant de les apprécier. C’est comme ces bouquins qui seraient géniaux à partir de la page 1127, la vie est trop courte pour se les farcir.

J’avais plutôt un a priori positif sur The Fiery Furnaces, vu leur proximité avec Jason Loewenstein, du coup c’est peut-être ce qui a créé la déception. Ou alors, c’est le nombre trop conséquent de titres qui m’a refroidit (note aux musiciens : si vos morceaux font plus de 2 minutes, n’en mettez pas 15 sur votre premier album !), ou le côté décalé-baroque de leur pop qui donne toujours l’impression d’une musique trop intellectuelle. Toujours est-il qu’à la première écoute, rien, zilch, nada. Une impression d’ennui et de longueur, pas plus, pas moins. Pour moi, c’était plié, et je redoutais déjà de faire le mois avec ce disque.

Sauf qu’en fait, le principe de cette rubrique, c’est justement que je ne m’arrête pas à la première écoute. Et, sans me mettre à sauter au plafond, je me suis rendu compte d’un truc assez hallucinant au fur et à mesure : ces putain de mélodies se sont gravées dans ma tête. Subtilement, sans que je m’en aperçoive, et dès la première fois, en fait. Sans complètement rentrer dans le délire, mais sans que ce soit désagréable non plus, j’ai dû me rendre à l’évidence : ce n’est pas simple de faire une musique aussi chiadée, aussi complexe, en apparence aussi chiante, et de la rendre aussi accrocheuse. Pour ça, il faut un talent mélodique assez énorme, et je ne peux que reconnaitre ça aux Fiery Furnaces. Putain, voilà une belle martinade* que j’aurais adoré détester, ou adorer adorer, d’ailleurs, mais qui m’a complètement désarçonné, et mes convictions avec. Enfoiré.

 

*Une martinade est un groupe, un morceau, ou un style musical, dont la description vous annonce d’emblée que vous allez vous faire chier, ou détester. Par exemple, une description du type “électro-jazz post rock progressif  qui donne l’impression de se réveiller dans un univers où l’air aurait été remplacé par du coton avec des couleurs pastels mais certains traits vifs tout de même” est l’annonce d’une belle martinade.

Blackcondorguy

 

*Rendons à César ce qui lui appartient, cette rubrique a été fortement inspirée – ou littéralement pompée, c’est selon – par l’initiative d’un certain Machete83 sur le passionnant forum de l’indispensable site/bible du rock indé xsilence.

 

LIRE LA CHRONIQUE DE SUICIDAL TENDENCIES – THE ART OF REBELLION

LIRE LA CHRONIQUE DE WU-TANG CLAN – A BETTER TOMORROW

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