Wu-Tang Clan – A Better Tomorrow (Warner Bros.)

Publié par le 3 décembre 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

wu-tang-clan-a-better-tomorrowNe jouons pas les faux naïfs. On se doutait bien que le dernier Wu-Tang, 20 ans après l’immense Enter The 36 Chambers, ne rentrerait pas dans l’histoire. Restait à savoir s’il ferait honneur au Clan.

Il y a peu, Raekwon avait osé remettre en cause RZA, sans qui le Wu ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Après un tel crime de lèse-majesté on attendait la réponse du maître. Premier constat, il ne s’est pas montré très partageur s’accaparant 11 des 15 morceaux de l’album.

4th Disciple et Mathematics s’en sortent pourtant pas mal du tout respectivement sur le très bon « Necklace » (samples de dialogue de film noir sur fond d’ambiance plombée) et sur un « 40th Street Black/We Will Fight » rageur.

Et on en viendrait presque à se demander si RZA n’aurait pas dû laisser davantage la main aux autres vu qu’il a déjà fait preuve de bien plus d’inspiration. Lui d’ordinaire si prompt à exhumer des perles soul méconnues fait dans l’ultra classique sur « Preacher’s Daughter » en recyclant « Son Of A Preacher Man » de Dusty Springfield, déjà sublimé sur « Hits From The Bong » de Cypress Hill.

Mais commençons par le commencement. Le Wu, pour la première fois au grand complet depuis 10 ans, passe d’emblée à l’offensive avec un « Ruckus In B Minor » très tubesque. Le sombre « Felt » semble confirmer un retour au premier plan et globalement la première partie de l’album convainc (« Mistaken Identity », « Crushed Egos » efficaces, « Hold The Heater », du Wu pur jus voilà qui fait plaisir). N’allons toutefois pas trop vite en besogne. Car de meilleurs lendemains peuvent vite se transformer en lendemains qui déchantent.

On n’aurait jamais osé imaginer que le Wu-Tang se mette au RnB. Et bien si, ils ont osé… Alors on va jouer l’ouverture d’esprit et être modéré en qualifiant « Keep Watch » de très moyen. Mais que dire de l’ignoble refrain de « Miracle » digne d’une chanson Disney bien mielleuse type Pocahontas. Ou encore l’immonde « Ron O’Neal »… Non on veut bien passer sur une erreur « de jeunesse » mais trop c’est trop.

C’est fou comme quelques morceaux très mauvais peuvent détruire une impression d’ensemble plutôt bonne. Le prédécesseur 8 Diagrams n’avait rien d’infamant mais il a un peu pris la poussière, la tentation de se repasser un vieux classique du Wu prenant bien souvent le dessus. On peut d’ores et déjà prédire sans trop se mouiller un destin similaire à A Better Tomorrow.

 

JL

 

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