Suicidal Tendencies – The Art of Rebellion

Publié par le 15 octobre 2012 dans Chroniques, Incontournables, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Suicidal-Tendencies

(Epic, 30 juin 1992)

Bientôt 30 ans de carrière pour nos gaillards, qui au petit-dej ne se contentent pas de manger des Frosties mais dévorent du tigre, vue la pugnacité de leurs compos survoltées passant du punk hardore au heavy metal outrancier. Ne vous méprenez pas, Suicidal Tendencies n’est pas un groupe pour dépressif. Formé en 1982 à Venice en Californie, Mike Muir le leader et sa bande sont reconnaissables à leur bandana bleu greffé sur la tête. Des rumeurs ont couru sur leur affiliation aux gangs des Crips, et même sur l’assassinat de Reagan, rien que ça.

Suicidal Tendencies, ST pour les intimes, c’est un peu un gang à eux seuls. Si vous vous êtes déjà rendus à un de leurs concerts vous l’aurez bien compris, en observant des milliers d’aficionados, vêtus de t-shirts et casquettes à leur effigie, de baggies et bien sûr du bandana bleu au dessus des yeux et tatouages sur les bras. Lesquels scanderont ST ! ST! ST ! comme des fous furieux sur “We are family” et l’ensemble des refrains de leurs titres phares, dans la plus grande ferveur. Et l’impression que ça donne, c’est un peu comme se retrouver au milieu d’un groupe d’ultras à un match de foot.

Proches de leur public ; quand ce ne sont pas les zicos qui descendent dans la foule, c’est la foule qui monte sur scène, rituel sur “Pledge Your Allegiance” qui clôture régulièrement leurs concerts, au grand malheur des videurs.

Hormis Mike Muir, l’histoire du groupe fut émaillé de nombreux changements de line-up. C’est en 1992 que sort The Art Of Rebellion. La pochette avait de quoi en choquer plus d’un, un mec en tenue d’agent de sécurité (arborant, ô surprise, un bandana bleu), posté devant La Joconde qui prend feu, et un tag de ST sur le coté. Forcément.

Les mots qui définissent le mieux le son ST ? “Violent & Funky”, soit l’un des titres de leur side-project Infectious Grooves. Oui ST, c’est violent et cool à la fois. Prenez le titre “Send Me Your Money” (sur Lights… Camera… Revolution!). “File-moi ta thune!”. C’est pour le moins agressif, on n’a guère le choix, mais le refrain est balancé d’une manière si cool qu’on a envie de s’exécuter.

Mais revenons à The Art Of Rebellion. Ça faisait longtemps et je sens que ça va faire du bien. “Can’t Stop” débute sur une intro tout en douceur, ligne de basse de M. Trujillo (Ozzy Osbourne, Infectious Grooves, Metallica), délicate mélodie à la guitare, on croirait que Muir nous chantonne une berceuse. Rassurez-vous, ça ne durera pas plus d’une minute, ça monte en puissance jusqu’au refrain, et on a soudainement envie de sauter partout !

Le coté metal vers lequel le groupe s’est redirigé saute aux oreilles. Rocky George et Mike Clark, nous balance des merveilles de soli (“I’ll Hate You Better”, “Which Way To Free?”).

Ce revirement peut être perçu comme paradoxal, à une époque ou le heavy metal n’était plus trop tendance, les fans commençaient à en avoir leur claque des morceaux de 8 minutes garnis de soli interminables.

En tout cas, ça glisse parfaitement tout au long de l’album, il n’y a aucun excès et l’aspect coté funky incarné par Trujillo fonctionne à plein (“Accept My Sacrifice”, “Tap Into The power”). Infectious Grooves n’est pas loin.

On trouve également des perles sur cet album, le genre de morceaux intemporels comme “Monopoly On Sorrow” et ses violons qui lui confèrent un éclat indéniable. “Nobody Hears”, plutôt calme, séduira facilement, tout comme “I’ll Hate You Better” qui a toutefois pris un léger coup de vieux.

Si cet album ne fut pas très bien accueilli par certains fans de la première heure, il demeure pourtant une oeuvre majeure du groupe. Ils ont peaufiné leur style, poli un peu les angles. Peut-être parce qu’ils voyaient plus grand, et que la concurrence était rude à l’époque. Pour rappel, Bood Sugar Sex Magik des Red Hot sortait un an plus tot, Faith No More nous livrait son cultissime Angel Dust, la bombe à fragmentation Rage Against the Machine venait d’exploser, et la scène grunge était proche de son apogée…

Plein d’énergie, de spontanéité, de violence et d’accalmies, cet album s’inscrit comme le plus abouti du groupe. Alors si tu es skateur et que tu en as marre d’écouter Green Day ou Sum 41, fonce chez un bon disquaire et file-lui ta thune !

JR

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