Suicidal Tendencies – The Art of Rebellion (Epic)

Publié par le 15 octobre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

Suicidal-TendenciesBientôt 30 ans de carrière pour nos gaillards, qui au petit-dej ne se contentent pas de manger des Frosties de Kellogg’s mais plutôt du tigre, vu la pugnacité de leurs compos survoltées passant du punk/hardore au Heavy Metal démesuré. Ne vous méprenez pas, Suicidal Tendencies c’est pas un groupe pour dépressif. Formé en 1982 à Venice en Californie, Mike Muir leader et sa bande sont reconnaissables avec leur bandana bleu greffé sur leur tête. Mais également de par leur quartier d’origine, de cette manie de s’identifier, et par leur textes ultra engagés et relativement violents. Des rumeurs ont couru sur leur affiliation aux gangs des Crips, et même sur l’assassinat de Reagan, rien que ca.

Et puis Suicidal Tendencies, ST pour les intimes, c’est un peu un gang à eux seuls. Si vous vous êtes déjà rendus à un de leurs concerts vous l’aurez bien compris, en observant des milliers d’aficionados, qui attendent avec impatience leur groupe favori, vêtus de t-shirts et casquettes à leur effigie, de baggies et bien sûr du bandana bleu au dessus des yeux et tatouages sur les bras. Qui scanderont ST ! ST! ST ! comme des fous furieux sur « We are family » et l’ensemble des refrains de leurs titres phares, tout ça avec une grande ferveur. Et l’impression que ça donne, c’est un peu comme se retrouver au milieu d’un groupe d’ultras à un match de foot.

Proches de leur public ; quand c’est pas les zicos qui descendent dans la foule, c’est la foule qui monte sur scène, rituel sur « Pledge your allegiance », titre qui clôture régulièrement leurs concerts, au grand malheur des videurs.

Hormis Mike Muir, il y a eu de nombreux changements de line-up dans l’histoire du groupe. Forts de huit  albums studio, c’est en 1992 que sort The Art of Rebellion. Pochette qui pourrait en choquer plus d’un, on y voit un mec en tenue d’agent de sécurité (bizarrement avec un bandana bleu), posté devant La Joconde qui prend feu, et un tag de ST sur le coté.

C’est en cherchant à décrire le son de ST, que les mots qui me sont venus, m’ont tout de suite fait penser au titre « Violent&Funky », pas du groupe lui-même mais de leur Side-Project (Infectious Grooves). Oui ST, c’est violent et cool en même temps voilà qui les définit parfaitement. Il n’y a qu’à prendre le titre « Send me your money », qu’on traduira par File-moi ton fric, c’est pas rassurant, on sent quon n’a pas le choix, mais le refrain est balancé d’une manière assez cool.

Passons à The Art of Rebellion, je le mets dans le lecteur. Ca faisait longtemps, et je sens que ça va faire du bien. « Can’t Stop » débute avec une intro très calme, ligne de basse de M Trujillo (Ozzy Osbourne, Infectious Grooves, Metallica), douce mélodie à la guitare, on croirait que Muir nous chantonne une berceuse. Rassurez-vous, ça ne durera pas plus d’une minute, ça monte en puissance jusqu’au refrain, et tout de suite on a envie de sauter partout !

On remarque vite le coté Heavy Metal, sur lequel le groupe s’est redirigé, Rocki George et Mike Clark, nous balance des soli qui sont de pures merveilles (« I’ll hate you better », « Which way to free ? »).

Paradoxal, à une époque ou le heavy Metal, n’était plus trop tendance, les fans commençaient à en avoir leur claque des morceaux de 8 minutes avec des soli interminables.

En tout cas, ça glisse parfaitement tout au long de l’album, il n’y a aucune exagération, au même titre que le coté funky porté exclusivement par le bassiste M Trujillo, « Accept my sacrifice », « Tap into the power », ça rappelle Infectious Grooves.

On trouve des perles aussi sur cet album, le genre de morceaux intemporels, « Monopoly on sorrow », accompagné de violons, qui lui donne plus d’eclat. « Nobody hears », plutôt calme séduira facilement, tout comme « I’ll hate you better » qui lui a pris un léger coup de vieux.

Si cet album s’est vu banni par certains fans de la première heure, le skateur Mike Muir et ses associés, nous livrent pourtant un opus de haut rang, sans excès, sans répétition. Ils ont peaufiné leur style, poli un peu les angles. Peut-être parce qu’ils voyaient plus grand, et que la concurrence était forte à l’époque. Pour rappel, Bood Sugar Sex Magik des Red Hot sortait un an plus tot, Faith No More nous livrait son cultissime Angel Dust, l’arrivée d’une bombe avec Rage Against the Machine, et l’apogée de la scène grunge.

Plein d’énergie, de spontanéité, de violence et de ballades, cet album s’inscrit comme le plus abouti du groupe. Alors si tu es skateur et que tu en as marre d’écouter Green Day ou Sum 41, fonce chez un bon disquaire et file-lui ta tune !

Si vous n’avez jamais eu la chance de les voir sur scène, sachez que Mike aime la France, donc il n’est pas impossible qu’il nous rende visite avec son groupe, alors achetez vos places, et « Join the Army » !

 

JR

 

Écoutez « Monopoly On Sorrow »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :