Cloud Nothings – The Black Hole Understands

Publié par le 13 juillet 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(3 juillet 2020)

On s’est tous occupés comme on pouvait, pendant le confinement. Alors que certains ont croulé sous le boulot couplé à la gestion des enfants, d’autres ont dû se creuser la tête pour trouver des activités plus ou moins constructives pour ne pas péter les plombs. Dylan Baldi, lui, en a profité pour composer et enregistrer un album complet de Cloud Nothings. Et il ne s’est pas vraiment moqué de ses auditeurs puisqu’avec 10 titres au compteur, il s’agit du disque le plus fourni depuis que le groupe est un groupe. En effet, auparavant, Baldi était seul à bord et jouait de tous les instruments.

D’ailleurs, il n’y a pas que le format qui rappelle les premières sorties de Cloud Nothings. Là encore, Dylan Baldi joue de tous les instruments à l’exception de la batterie, et l’ambiance générale, beaucoup plus calme, renvoie directement à ce qu’il faisait avant de travailler avec d’autres musiciens. Les grosses vagues de bruit ont presque disparu, de même que les cris, et il n’y a pas de morceau fleuve au milieu de l’ensemble.

Cependant, on aurait tort de croire à un retour en arrière puisque The Blackhole Understands est bel et bien un album collectif. Tout a été composé et travaillé en aller-retour entre Baldi et le batteur Jayson Gerycz, entre Philadelphie et Cleveland. Certes, le processus d’écriture a été différent de celui des albums précédents, avec beaucoup moins d’espace pour une mise en place des morceaux en live, et donc moins de place à l’improvisation, mais le résultat est complètement dans la lignée de ce que fait le groupe aujourd’hui. Ou plutôt, il représente la fusion entre les deux mondes, l’indie pop accrocheuse, mélodique et mélancolique que faisait Baldi seul dans sa chambre et le rock énergique et dévastateur du groupe Cloud Nothings. À cette image, les titres peuvent allier sans problème des plans instrumentaux rentre-dedans avec des mélodies de chant douces et qui rentrent instantanément dans la tête (« The Sound Of Everyone », « Right On The Edge », « The Black Hole Understands »).

On a vraiment ici une démonstration de pop, mais contrairement à Life Without Sound, cela ne se fait pas par le biais d’une production qui aseptise les compositions. Au contraire, on a enfin l’impression que les deux aspects du groupes rentrent en parfaite harmonie, et peu importe que « A Weird Interaction » pourrait évoquer du Elliott Smith, ou que « The Mess Is Permanent » soit un parfait morceau de pop rock teenage, on ne doute pas une seule seconde qu’il s’agit bien d’un disque de Cloud Nothings. Cloud Nothings à son meilleur niveau, dont les morceaux n’ont pas à rougir une seule seconde face à leurs grands frères plus énervés ou noisy. Et comparé à Last Building Burning, les compos plus pop se démarquent bien les unes des autres et restent facilement en tête. On a d’ailleurs vite envie de se les repasser quand le disque est fini.

Chapeau donc à Dylan Baldi et Jayson Gerycz, qui non contents d’avoir créé tout un album pendant le confinement, en ont peut-être fait un des meilleurs du groupe. Si tous les artistes en avaient fait autant, ce serait une horreur absolue d’envisager notre top de fin d’année.

Blackcondorguy

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