Cloud Nothings – Last Building Burning

Publié par le 18 octobre 2018 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

S’il figure sans conteste parmi les groupes les plus excitants de ces dernières années, Cloud Nothings est aussi l’un des plus frustrants. Son troisième album, Attack On Memory, fut le premier coup d’éclat. Un disque sombre et rempli de rage qui s’ouvrait par deux monuments mais ne parvenait pas à (ne pouvait décemment pas ?) maintenir un tel niveau tout du long. Son successeur, Here And Nowhere Else, moins inégal, conservait un léger goût d’imperfection. Pas loin mais pas encore l’album ultime non plus.

Alors, l’an passé, Dylan Baldi a tout rasé pour nous pondre un Life Without Sound tout propre sur lui et il faut bien le dire, tout vilain (même si tout le monde n’était pas de cet avis). Au diable l’urgence, les incartades noisy, les cris viscéraux, la saturation faite reine, place au punk FM calibré pour collégiens en quête de sensations fortes. Un coup de massue terrible, une déception immense qui se devaient d’être vite effacés sous peine de rayer de la carte ce vil usurpateur.

Et bien, épongez les gouttes de sueur qui perlent de votre front, Dylan Baldi a entendu nos pleurs. Conscient qu’il avait un peu trop forcé sur la guimauve, il nous revient vénère comme jamais.

Point de tergiversation ici, Cloud Nothings nous prend à la gorge d’emblée et ne desserre quasiment jamais l’étreinte. En résulte un album forcément un peu étouffant mais ô combien revigorant.

Pour ne pas passer pour des bourrins de service, le quatuor nous a quand même réservé quelques relatifs moments de répit comme cet « Offer An End » un poil moins rentre dedans mais on reste loin (et on s’en félicite !) des petites ritournelles innocentes et gonflantes du disque précédent.

Totalement ressuscité, Cloud Nothings nous rappelle également sa science du break qui brise la nuque avant de poursuivre dans les cris et la fureur (« The Echo Of The World »).
Dommage que le traditionnel morceau montagnes russes (« Dissolution » qui frime du haut de ses 10’51) ressemble davantage à un passage obligé désormais. On est loin, très loin des sommets qu’étaient « No Future/No Past » et « Wasted Days », il y a bien longtemps…

Et les mélodies dans tout ça ? Elles sont bien présentes et demeurent efficaces (« Leave Him Now », « Offer An End »), même si elles ne brillent pas toujours par leur originalité. Baldi se fait bien passer pour Joe Strummer au début de « Another Way Of Life » (c’en est presque troublant) mais il tombe vite le masque et retombe sur ses pattes pop/punk version Cloud Nothiennes, sans sombrer pour autant dans ses récents égarements. C’est du Cloud Nothings, pas de doute là-dessus mais du bon, et le doute était permis à ce sujet.

S’il ne paie pas de mine de prime abord, c’est bien « So Right So Clean » qui remporte la palme du morceau le plus addictif avec son riff sombre et mélancolique où le chanteur se montrerait presque touchant quand il nous lance un « i wish i could believe in your dream » de sa voix d’écorché.

Le Last Building Burning ne s’est donc pas effondré. S’il n’est (toujours) pas l’album ultime de Cloud Nothings, le groupe tient toujours debout et il a indéniablement retrouvé le droit chemin. Ouf !

Jonathan Lopez

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