Valse Noot – Utter Contempt

Publié par le 26 février 2021 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques

(Atypeek music/Ideal Crash/Vollmer industries/Super apes/French wine/offoron, 22 janvier 2021)

En toute honnêteté, bien qu’amateur de noise rock (vous aviez dû le remarquer), je tâche de ne pas en abuser car je demeure un grand sensible. Se faire cogner dessus sans relâche, ce n’est pas déplaisant mais ça use. Il me faut des surprises, des mélodies, du pas de côté, de l’exaltation, de l’embardée tordue. Et certaines brutes épaisses l’oublient parfois un peu vite. Ou se disent qu’il suffit de frapper fort et droit avec abnégation pour que ça passe. Ils n’ont pas tort, on a connu plus risqué comme projet, certains s’en repaissent et se foutent pas mal de toutes mes exigences formulées plus haut. Valse Noot n’est pas comme ça. Le quatuor brestois tient à nous gâter, à faire les choses bien. Oh évidemment, il n’a rien contre une bonne dérouillée. Mais il le fait avec panache. Et ce grain de folie qui fait du bien. J’avais oublié de le mentionner, très important le grain de folie.

Ainsi, après une entame exécutée avec soin, dirigée avec la fermeté de rigueur mais somme toute assez rudimentaire, l’auditeur qui a les joues rouges mais surtout l’oreille dressée, quémande une ration supplémentaire, de préférence au goût peu commun. Et nous voilà partis. Sur « Angst », la basse qui assume tout du long son costume de meneur, mitraille tout ce qui bouge, tandis que la gratte joue à cache-cache avec des synthés au moins aussi barges qu’elle. « Hereditary » y va de ses 6 minutes, se paie un pont bien perché, autour duquel tout s’effondre gaiement. « Story of a Decadence » démarre très tranquille avant que le batteur ne donne le coup d’envoi au bout de deux minutes et que chacun passe la surmultipliée et s’adonne à une joyeuse ode à la destruction. L’hystérique « Pigeonholed » semble, elle, ne jamais vouloir rouler droit, bifurque constamment, se contorsionne avec aisance, ne transige pas, fonce tête baissée et se prend quelques murs, des débris plein la nuque. Mais il repart. Pourquoi s’arrêter ? L’ensemble parait tant en roue libre qu’en parfaite maitrise, et les nuances ne manquent pas. La prod maison ne souffre d’aucune contestation. Ça crie, ça grince mais jamais ne coince. C’est rude mais net. Ample et dense. Alors on danse. Ainsi, le morceau-titre, purement hystérique, vient coincer quelques riffs vicelards chahutés par des synthés endiablés, enquille les plans déments avec une énergie jamais démentie. Le chant, nerveux en diable, dresse tout ce beau monde et les enjoint à la transe. On les suit puis on appuie sur le petit bouton triangulaire. Pour une valse supplémentaire. Juste pour voir, si on avait bien entendu. Aucune raison d’en douter. Nos oreilles sont aguerries en la matière et notre système cérébral sait très bien ce dont il a besoin. On en parlait plus haut. On a ici tout ce qu’il faut.

Jonathan Lopez

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