Lee Ranaldo and Raül Refree – Names Of North End Women

Publié par le 20 février 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques

(Mute / [PIAS], 21 février 2020)

Le temps passe. Presque une décennie (!) que Sonic Youth a splitté suite à la séparation d’un couple rock des plus emblématiques : Kim Gordon et Thurston Moore. Membres de l’amicale du souvenir de Sonic Youth, si vous cherchez quelques réminiscences du défunt, merci de vous orienter vers les (plus que recommandables) derniers essais solos de Thurston Moore

Lee Ranaldo joue la rupture et surprend son petit monde. Accompagné du réputé producteur et compositeur espagnol Raül Refree, et plus encore que le dernier disque de Kim Gordon, il se démarque totalement de l’encombrant héritage de la jeunesse sonique. Et voyage léger. Point de guitares furieuses et dissonantes. De titres noisy à tiroirs, alambiqués et de crescendos épiques. On joue l’épure. On dégage (presque) carrément les guitares. On lorgne vers la musique concrète ou l’expérimental. On peut ainsi entendre un vieil enregistrement de Lee fracassant une chaise contre un mur ! On fait du spoken word comme sur l’inaugural « Alice, etc », pas le meilleur des 8 titres pour commencer. Et forcément, à la première écoute, la petite déception. Mais bon, naïf que nous sommes, on attendait (encore) un Lee Ranaldo expert ès larsens et dissonances, et son art subtil d’injecter de la pop dans le chaos noisy. Reset complet. On se remet le disque. Et on l’écoute pour ce qu’il est finalement. La collaboration de deux artistes qui expérimentent, (plus ou moins) loin de leurs univers respectifs. Alors, est-ce qu’on pouvait s’attendre à mieux vu le pedigree prestigieux des artistes présents ? Certainement. On sent le travail de studio, ça bidouille parfois avec réussite (« The Art Of Losing »), parfois moins… Le spoken word, pourquoi pas… mais quand on a la voix de Lee Ranaldo, loin d’être dégueulasse, autant jouer la carte à fond. Il suffit d’écouter le refrain très réussi et épuré de « Humps », le final et apaisant « At The forks » ou même la world music inattendue et addictive de « Name Of North End Women » pour s’en convaincre. Parfois, on n’est même pas loin d’être emballé comme sur ce « Light Years Out » assez bluffant sur ces 3 dernières minutes avec sa basse groovy et… des guitares ! On est ainsi presque frustré quand on entend surgir quelques bribes d’électricité au détour de « Words Out Of The Haze ». Je t’aurais bien perverti tout ça avec quelques fender jazzmaster dissonantes. Ah jeunesse sonique, quand tu nous tiens ! Bon, parfois, ça se perd un peu en chemin, comme sur « Alice, etc » ou « New Brain Trajectory ». Résultat, avec seulement 8 titres et quelques (petites) longueurs, on reste un poil sur sa faim.

Mais on se console en se disant, que c’est quand même cool d’écouter Lee Ranaldo en 2020 (!) et de ne toujours pas être un vieux con en mode “c’était mieux avant”. Lee is free! Hé, si je faisais mon hipster, et allais me réécouter le dernier Kim Gordon !

Sonicdragao

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