Inflatable Dead Horse – Hello Magpie

Posted by on 20 juin 2026 in Chroniques, Toutes les chroniques

(We Are Unique/Kuroneko, 19 juin 2026)

Une éclaircie matinale ouvre l’album. Les cheveux en bataille, l’esprit dans le vague, le thé chaud entre les mains, nous voilà choyés par la guitare acoustique chaleureuse et le chant habité de Daniel Mark Williams. Tranquille, croit-on. Avant d’être cueilli à froid par ses comparses lorsqu’ils décident soudainement d’embraser le tout. « Morning Light » résume assez bien ce qu’est Inflatable Dead Horse. Et on retrouve ce qui nous avait déjà tant enthousiasmés sur Love Songs, il y a six ans de cela. Le chanteur gallois prend un malin plaisir à hausser le ton régulièrement (mêmes ingrédients, même réussite sur « Milkman ») et on ressent à nouveau le poids de l’influence d’un Jeffrey Lee Pierce et de son mythique Gun Club. Sans en atteindre la fougue et le charisme inégalés, cela va de soi.

Et Inflatable Dead Horse n’a pas fait du surplace. La genèse difficile, pour ne pas dire laborieuse, de ce Hello Magpie, entamé dès 2021, s’explique en partie par une ambition forte, une volonté d’aller un peu plus loin. En témoigne le formidable « A Pin Drops » et sa basse entêtante, le chant incantatoire à la David Eugene Edwards et une montée en puissance progressive. Preuve éclatante de la maitrise du quintette, osant ici s’aventurer sans sourciller dans une escapade motorik. Quant au conclusif « Drive Me Home », il fleure bon la grande évasion, les espaces qui s’ouvrent à nous, les projets qui se concrétisent.

Si on n’aurait pas craché sur un ou deux autres coups d’éclat, le disque s’avère réussi d’un bout à l’autre et jouit d’une belle variété. Les bourrins se réjouiront de la tension permanente qui habite « Creator (All Kinds of Love) », du furieux « Hip to be Dead » envoyant tout valdinguer en moins de deux minutes (on vous a parlé du Gun Club ?), et les coeurs tendres mélancoliques succomberont face à la finesse de l’insouciante « Fine Down Here » ou « Sleep it Off », tout en légèreté et simplicité à la Bill Callahan. Peut-être même que certains verront leurs idées préconçues chamboulées : les brutes épaisses verseront leur larmichette lorsque l’émotion affleure, tandis que les fragiles s’encanailleront sur les morceaux les plus énervés. Quant à ceux qui, comme nous, n’ont pas choisi leur camp, ils seront gagnants à tous les coups.

Jonathan Lopez

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