DISCO EXPRESS #5 : Pearl Jam

Publié par le 1 novembre 2020 dans Chroniques, Disco express, Non classé, Toutes les chroniques

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music!

Ten (1991) : Mon préféré ? Quand j’avais 12 ans. Des hymnes de stades à foison. Ed Ved en fait des caisses, McCready balance trois solos par morceau, c’est génial. Contient également la power ballad de tous les temps (“i know someday you’ll have a beautiful life, i know you’ll be a staaar“). L’album grâce auquel les gamins d’hier sont devenus accros/à cause duquel les snobs d’aujourd’hui « détestent » (sans rien connaitre d’autre) parce que ça fait rebelle. Allez vous cacher.

Vs. (1993) : Mon préféré ? Évidemment. Le même en mieux. Mieux produit, mieux composé, plus agressif, plus fin. Une énergie folle (« Go », « Animal », « Rearviewmirror », bon sang !), une rage non feinte (« Blood », bordel !), un groove démentiel (« Rats »), des ballades à tomber (« Daughter », « Indifference »). Ils étaient cinq contre le reste du monde (« 1,2,3,4,5 against one ») et ils l’ont mis à genoux.

Vitalogy (1994) : Mon préféré ? Sans nul doute. Le plus sombre, le plus beau, le plus rageur, le plus irréprochable… Celui le plus à même de plaire au public snob avec certains des plus beaux morceaux (« Immortality », « Nothingman »), une ballade émouvante presque pas cheesy (« Better Man »), un Vedder vénère qui veut faire tourner des galettes noires (« Spin The Black Circle ») et ne veut pas les mettre entre les mains de tout le monde (« Not For You »). Et, puis « Corduroy ». Poils hérissés en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Seul point noir, les nombreux interludes/délires qui polluent un brin mais tous les « vrais » morceaux tuent.

No Code (1996) : Mon préféré ? Probablement. Et je dois être un des seuls tant il demeure sous-côté. Clairement moins énervé que son prédécesseur, on y retrouve un groupe en lévitation et au summum de son inspiration. Un groupe qui se lâche, innove, fait la part belle aux rythmiques audacieuses (« In My Tree »), aux constructions complexes (ce monument qu’est « Present Tense »), file le micro à Stone Gossard (« Mankind ») et torche une bombe punk d’une minute (« Lukin » en référence à ce bon vieux Matt). Tous les morceaux non cités sont au moins aussi bons. J’espère que vous avez compris.

Yield (1998) : Mon préféré ? Et pourquoi pas ? Retour à des morceaux plus classiques mais quels morceaux ! La face A est en or massif et si « Do The Evolution » (furieusement rock’n roll mais un brin balourd) passe pour un morceau moyen, c’est bien parce qu’il est sacrément bien entouré. Rarement cité, il n’a pourtant pas grand chose à envier aux trois premiers albums.

Binaural (2000) : Un nom de merde et une pochette pas folle mais de grands titres : « Light Years », « Nothing As It Seems », « Of The Girl », « Insignificance »,« Parting Ways »… CECI EST UN PUTAIN D’ALBUM ET IL SERAIT TEMPS QUE LES GENS S’EN RENDENT COMPTE !

Riot Act (2002) : une belle réédition vinyle et un album plutôt bon. Un hommage touchant mais boursouflé aux victimes de Roskilde (« Love Boat Captain »), un brûlot anti-président débile (« Bu$hleaguer »), une bizarrerie plutôt cool (« You Are »), de très belles ballades (« I Am Mine », « Thumbing My Way », « All Or None ») et quelques gros riffs (« Save You », « Green Disease »). C’est pas Byzance mais c’est pas mal.   

Lost Dogs (2003) : pas mal de curiosités sur ce double album d’inédits (« Sweet Lew », « Don’t Gimme No Lip », « Whale Song » écrite par Jack Irons qui sonne grave… Pixies !) mais aussi de quoi faire un putain de disque et constater que les faces B d’avant étaient souvent bien meilleures que les singles d’aujourd’hui (« Sad », « Fatal », « Strangest Tribe », « Alone », « Yellow Ledbetter », « Hard To Imagine », « Footsteps », « Dead Man », « Wash »… n’en jetez plus, c’est indécent).

Pearl Jam/Avocado (2006) : encore une belle réédition, un vinyle qui sonne rudement bien, le livret est classe et l’achat est justifié par la seule face D occupée par le fantastique « Inside Job ». Le reste oscille entre le sympa (« Worldwide Suicide », « Comatose », « Army Reserve », « Marker In The Sand »), le quelconque (la moitié du disque) et le totalement vain (« Big Wave », sérieusement ?).

Backspacer (2009) : pas aussi dégueu que dans mon souvenir. Pas mal de morceaux punk sympathiques auxquels il convient d’ajouter le remarquable « Unthought Known », l’accrocheur « Got Some » qui me plait toujours bien. Dans le même registre, il faut reconnaitre que « The Fixer » fait un peu pitié. Les trois dernières sont de sacrées purges. Relativement dégueu quand même, donc, il faut bien le dire.

Lightning Bolt (2013) : plus dégueu que dans mon souvenir. Début d’album plus que correct. « Sirens » est affreuse, elle plombe tout. « Pendulum » un bijou (une des meilleures depuis 15 ans). Après celle-ci, c’est la débandade totale. Le temps n’est assurément pas le meilleur allié des derniers albums de Pearl Jam alors que les premiers (à l’exception de Ten) ne cessent de se bonifier. Il n’y a pas de hasard.

Gigaton (2020) : un disque qui prend des risques, ça fait du bien. Mention spéciale à « Dance Of The Clairvoyants » qu’on aime (parfois) ou on déteste (souvent) mais qui a le mérite de surprendre. Toujours des trucs lourdingues (« Seven O’Clock », « Retrograde ») mais aussi du rock qui pulse (« Quick Escape », « Who Ever Said ») et des ballades bien troussées et travaillées (« Alright », « Buckle Up », « River Cross »). They are still alive!

Jonathan Lopez

Playlist Spotify et Youtube : 15 morceaux, au moins un par disque. Je ne sais plus pourquoi on a établi cette stupide règle. Je vous fais pas un dessin, c’était beaucoup plus compliqué à choisir au début qu’à la fin (comment ça, y’en a 16 ? Oui mais Lost Dogs, c’est du bonus, ça ne compte pas vraiment…)

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