DISCO EXPRESS #4 : The Cure

Publié par le 7 octobre 2020 dans Chroniques, Disco express, Notre sélection, Toutes les chroniques

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music!

Three Imaginary Boys (1979) : c’est fougueux, juvénile, un peu plus décousu que sur les chefs-d’œuvre suivants mais « 10-15 Saturday Night », « Accuracy », « Grinding Halt », « Fire In Cairo » ou le morceau-titre… Quel pied ! Et puis, il y a « Foxy Lady » (rires).

Seventeen Seconds (1980) : début de la trilogie cold wave. Hanté (« Three », « The Final Sound », gloups), ultra mélancolique (« Secrets »), un son de batterie d’une rigidité cadavérique à faire fuir les plus vaillants, mais malgré tout un sens mélodique affûté. La face A nous met en condition, la B explose tout. On se perd dans « A Forest », on s’agenouille et on en redemande. Again and again and again and again.

Faith (1981) : il est austère à mort, ne nous prend jamais par la main et nous plonge au contraire la tête sous l’eau. Qu’il est bon de s’y perdre ! Des basses d’outre-tombe, ça suinte la trouille, le début d’album est fabuleux (« Primary », « Other Voices ») et la suite n’a pas à rougir (« The Funeral Party », « The Drowning Man »).

Pornography (1982) : Allez, on s’enfonce gaiment douze pieds sous terre. « It doesn’t matter if we all die », c’est de circonstance. Difficile de mettre un disque au-dessus des autres dans cette trilogie cold wave mais difficile de ne pas considérer celui-ci comme le meilleur… Oh, et puis tiens, meilleur album cold wave, tout court. Comme ça, pas de jaloux.

The Top (1984) : Rien ne me fait autant décoller que sur les précédents malgré d’excellents titres (« Shake Dog Shake » !) et ce disque a un peu trop le cul entre deux chaises. Après une face A plombée et envoûtante, la B faiblit dangereusement lorsque le groupe commence à affirmer (maladroitement) son côté pop (« The Caterpillar » on valide, moins les synthés lourdingues de « Piggy In The Mirror » et la flûte de Bilbon le Hobbit sur « The Empty Wall »). Not exactly the top, then.

The Head On The Door (1985) : cette fois, le virage est assumé pour de bon. Une bonne dose de sucre pour tout le monde. J’imagine le traumatisme pour ceux qui suivaient le groupe à l’époque. Sauf que : « In Between Days », « Kyoto Song », « Push », « A Nigh Like This », « Close To Me »… C’est un grand OUI et un grand disque pop (faisons comme si « Screw » n’existait pas, voulez-vous).

Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me (1987) : Cure n’échappe pas au syndrome du double album. Il y a là de quoi faire un grand album simple mais quelques-uns de leurs meilleurs morceaux (« Just Like Heaven » qu’on ne présente plus, les fantastiques « If Only Tonight We Could Sleep », « The Kiss », « Snakepit » ou « Catch » dans laquelle je suis totalement fan du chant de Smith) côtoient du superflu voire du tout vilain (« Why Can’t I Be You » qui a en plus le malheur d’être un tube, « Hey You » et globalement la passion soudaine du roi des corbacs pour le sax ne me parait pas être la meilleure inspiration de sa carrière).

Disintegration (1989) : Vénéneux, ensorcelant, sombre, romantique à souhait. Oh, et puis à quoi bon s’emmerder : la perfection. Un de mes 10 albums préférés EVER.

Mixed Up (1990) : J’ai beaucoup écouté ce disque dans ma jeunesse. Va savoir pourquoi. En fait si, je sais… Comme la (fabuleuse) compil Standing On A Beach, celle-ci rassemble un paquet de hits. Problème : ils sont ici rallongés à l’infini dans des versions qui n’ont pas toujours lieu d’être et les prods sont affreusement datées (« A Forest » est difficilement écoutable – un comble ! – et « The Walk » réussit l’exploit d’être plus ringarde que l’originale) donc en fait quand t’as les albums, autant oublier ces remixes. Bon, sauf pour « Never Enough » qu’on apprécie par chez nous.

Wish (1992) : Quelques superbes titres mélancoliques dans la lignée du précédent (« Apart », « From The Edge of a Deep Green Sea », « Trust »). Retour à la pop joyeuse et globalement inspirée, entre plaisirs coupables (« Friday I’m In Love ») et trucs gentillets (« Doing The Unstuck »). Clairement en-dessous de Disintegration (rien de honteux là-dedans), Wish n’en demeure pas moins un excellent album.

Wild Mood Swings (1996) : oui, alors ce serait un peu facile de lui chier dessus mais je ne peux décemment pas dire de mal d’un album qui s’ouvre avec « Want ». Et puis, « This Is A Lie » est belle. A part ça, du sautillant plus (« Mint Car ») ou moins (« Round And Round And Round ») sympathique et plein de morceaux sans grand intérêt. Pas calamiteux donc, mais pas non plus la folie.

Bloodflowers (2000) : j’ai une relation particulière avec ce disque car c’est le premier que j’ai vraiment pu écouter à sa sortie (ouais, je suis moins vieux que vous bande de croutons) donc je l’aime beaucoup, figurez-vous. C’est un peu la grande chialade tout du long, ça tombe bien c’est comme ça que je le préfère mon Bobby (bon, ok je m’emmerde un brin sur la fin).

Join The Dots (2004) : une tonne de faces B et raretés. Quelques remixes douteux (les délires électro, ça colle moyen), la confirmation que les reprises, c’est pas trop leur truc… mais aussi des pépites à la pelle. Une préférence pour les deux premiers (BIZARREMENT) mais ce coffret est indispensable.

The Cure (2004) : j’ai toujours plus ou moins snobé ce disque donc c’était vraiment une (re ?)découverte pour moi. Cet album est globalement apprécié et cela semble assez justifié. En tout cas, rien que l’entrée en matière (lourde et saturée !) est surprenante. « Anniversary » et « Us Or Them » m’ont bien plu, superbe fin d’album avec « The Promise » et « Going Nowhere » (vous le sentez l’enthousiasme non feint, là ?) ! Bref, à réécouter.

4:13 Dream (2008) : j’en avais plutôt un bon souvenir mais je ne l’avais pas réécouté depuis… sa sortie. Rien qu’à regarder la tracklist, on a l’impression que tous ces morceaux existent déjà. Au début du disque, c’est plutôt sympa, ça accompagne gentiment. Puis, on vaque à nos occupations, à la 8 on se dit « tiens, c’est vrai j’avais mis un disque » et on fait alors plus attention à des morceaux comme « This, Here and Now, With You », et c’est pas une bonne idée. « The Scream » est cool tout de même ! Bref, à ne pas réécouter trop souvent.

Jonathan Lopez

The Cure en 20 titres piochés dans l’ensemble des disques cités ci-dessus (version Spotify et Youtube) :

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1 commentaire

  1. Merci pour ce refresh !
    En phase sur le niveau des albums, fabuleux la première vague, secondaire la seconde (je parle de disques pas de COVID)
    Et au fait monsieur Exit le tant attendu et annoncé nouvel album depuis 12 ans, il sort quand ?

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