Tuatara – Underworld (Sunyata)

Publié par le 3 août 2014 dans Chroniques | 1 commentaire

tuataraQui aurait cru qu’un jour je me lierais d’amitié avec un tel artiste. Monsieur Barrett Martin, ancien batteur de Screaming Trees et du supergroupe Mad Season, est depuis presque un an mon nouveau correspondant américain. Bien plus palpitant que celui que j’avais pendant l’école primaire…

C’est donc avec émotion que j’ai reçu, un mois et demi avant sa sortie, la version digitale d’Underworld, nouvel album de son groupe Tuatara. « I hope you will enjoy it » m’avait-il alors confié.

Entre compositions mystiques et tonalités exotiques, les albums de Tuatara sont toujours propices à l’évasion. Proposant d’ordinaire des albums instrumentaux, c’est avec surprise qu’on découvrait sur East of the sun/West of the Moon (double album sorti en 2007, quasiment introuvable en France), des collaborations avec de nombreux chanteurs dont Mark Eitzel, Gary Louris ou Victoria Williams. Les différents timbres de voix s’adaptaient parfaitement à cet univers aux influences venues des quatre coins du monde. L’année suivante, The Here And The Gone se contentait de la voix du poète Coleman Barks.

Après un break de six ans, dû notamment à l’avènement du supergroupe Walking Papers, retour aux origines avec un album 100% instrumental. Entouré de ses compagnons de longue date Peter Buck (REM), Justin Harwood (Luna and The Chills) et le saxophoniste Skerik (Critters Buggin), Martin a également convié Mike McCready (Pearl Jam) sur cet album. La bande de copains expérimente et nous propose un disque où l’invitation au voyage est omniprésente.

Le premier titre « Calling The Spirits » nous propulse d’emblée dans une ambiance chamanique. On se laisse encercler par les nombreux instruments qui donnent vie à ce morceau et nous suivront tout au long de notre escapade. Percussions de toutes sortes (vibraphones, marimbas, gamelan…) qui ne font que confirmer le côté aventureux de Barrett Martin, saxo enivrant, guitare McCreadienne… Entre mystère et évidence, les 20 titres ne peuvent laisser indifférents. On retrouve des morceaux Jazzy (« Ghosts Of The City », « The Skeleton Getdown »…), irrésistiblement mystiques (« Lost in Shinjuku », « At The Crossroad »), flirtant avec l’electro (« Beat Bass Blue ») ou la world music (« The Creeper », « El Brujo »). Mention spéciale pour les inclassables « She Dreams Of Snow », « Dueling Shamans » et « Even Demons Fall in Love ».

L’enregistrement de ce nouvel album a été réalisé à Seattle, Portland, New York, Santa Fe et Auckland en Nouvelle Zélande. Chacune de ces escales a très certainement contribué au résultat final de ce disque très varié.

Le perfectionnisme de Mr Martin, producteur de l’album, est omniprésent. Les instruments les plus classiques cohabitent parfaitement avec d’autres plus inhabituels. La captivante « Descension », morceau trip hop éthéré, constitue un très bel exemple de ce dosage réussi. Sans fioriture, Underworld est toutefois plein de surprises à tel point qu’à chaque écoute un nouveau morceau se révèle.

« The Real of Shames », notre destination finale, clôt cet album de façon divine.
Pour ceux qui ont apprécié l’escapade, le voyage se poursuivra fin 2014, début 2015 au cours d’une tournée européenne avec un passage obligé dans notre capitale. Barrett Martin adore Paris et c’est tant mieux car on a hâte de le féliciter de vive voix pour ce nouveau projet dont il peut être fier.

 

ET

 

Ecoutez l’album en streaming sur le site du LA Times.

1 commentaire

  1. Top ! Faut envoyer le lien de la chronique à Barrett. Comme cela il se mettra au français, votre correspondance sera ainsi bilingue 🙂 !
    Merci pour la chronique ET, et vivement les concerts !!

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