Flora Hibberd – Mammoth

Il n’est pas exagéré de dire que l’on a attendu avec grande impatience le deuxième album de Flora Hibberd, après l’avoir vue déployer ses ailes au cours des dernières années. Mammoth sort ce 16 octobre sur 22Twenty/Redeye et il est pourtant au-delà de nos attentes enthousiastes.
Parmi les nombreux talents de Flora Hibberd, artiste londonienne installée à Paris, celui de bien savoir s’entourer : Mammoth (ce titre, déjà !) a été produit par Ben Lanz (entendu auprès de The National ou Beirut), dans son studio parisien mais aussi au studio Mini Pond d’Aaron Dessner au Pays basque. Outre la galaxie The National, chère à notre cœur, on retrouve, excusez du peu, Sufjan Stevens sur deux des titres de l’album (Ache et Perfect Ripples), mais aussi Kate Stables (This is the kit), Lonny, ou encore J.E. Sunde.
Et que dire du groupe qui l’accompagne ? Victor Claass à la guitare, binôme indispensable des premières heures, mais aussi Lucien Chatin à la batterie et Nils Sørensen à la basse, qui donnent ensemble une matérialité pleine de justesse à l’écriture de Flora Hibberd. C’est grâce à cette équipe rêvée que Mammoth peut déployer un son qui lui est propre, enrichi des influences de ses prédécesseurs mais toujours très original.
Les compositions, un timbre de voix si reconnaissable, l’énergie joyeuse et communicative de ses acolytes : Flora Hibberd réussit le rare équilibre entre l’élégance et la simplicité next door, sans pour autant sacrifier son authenticité ; jamais maniérée, nourrie de références artistiques et littéraires, toujours juste.
Plus indie et pop que Swirl, son album précédent, qui flirtait avec la country ou la folk, Mammoth, dès son premier single, le référencé « Shelley », annonce la mutation de sa chanteuse en perpétuelle recherche pour connecter passé et futur, ancrage et époque sur un fil.
L’album s’ouvre sur une bulle de son et les cuivres de « Bowling Ball », avant d’enchaîner sur « Silent Movie Baby », vrai tube en puissance comme « Mythic Figure » et sa ritournelle au clavier, ou « Mammoth », la merveilleuse chanson qui donne son titre à l’album. Comme « Ache » et son synthé rétro-futuriste, des morceaux faits pour la danse. Alternant ballades beaucoup moins folk que sur ses projets antérieurs et titres à l’énergie à la fois intemporelle et moderne, Mammoth est un disque énergique, électrique et déjà la bande-son de l’automne.
« Rendez-vous with a dream / I found a job and now I’m free », chante Flora Hibberd : nul doute pourtant qu’elle va être fort occupée ces prochains mois. Enfin dans la cour des grands avec cet album, on a hâte de la découvrir l’interpréter avec son groupe sur scène : une longue tournée en Europe et au Royaume-Uni est prévue, s’achevant par une date à la Gaîté Lyrique le 27 avril 2027.
Marie Garambois