Bandeau provisoire

Tramhaus – Blister

Posted by on 18 octobre 2026 in Chroniques, Toutes les chroniques

(Vicious Circle, 9 octobre 2026)

Post-punk.

Ce terme inauguré par Jon Savage dans Sounds dès la fin 1977 (avant même la séparation des Sex Pistols et la création de PiL par leur ex-chanteur John Lydon) servait au départ à désigner les tentatives de diversification d’un mouvement punk qui s’enlisait dans sa propre caricature. Dans les années 2000, il désignait un revival rock faisant fructifier l’héritage de Joy Division et des Chameleons pour les uns, de Talking Heads et de Gang of Four pour les autres. Si les Néerlandais de Tramhaus semblent revendiquer cette étiquette, ils se rapprochent plutôt musicalement de la vague « post-punk » plus radicale des années 2010, qui a éclos au Canada avec Preoccupations et Ought, au Royaume-Uni avec Idles, Protomartyr et Shame, en Irlande avec Fontaines D.C. et The Murder Capital, en Suède avec Viagra Boys ou à New-York avec Parquet Courts et plus récemment Bodega (pour ne citer que ceux dont les sonorités sont proches de celles du groupe qui nous intéresse ici).

Mes recherches documentaires poussées (merci Wikipédia) m’ont permis de découvrir cette définition amusante des groupes britanniques des années 2010 par Mark Beaumont du NME : « smart, modern guitar bands with a singer who sounds like someone having a psychotic episode in a debating society ». Cette définition s’applique particulièrement bien à Tramhaus. Dès leur premier EP, Rotterdam, en 2022, on sentait bien leurs affinités avec ce courant musical, mais aussi avec des groupes qui correspondent à cette définition sans avoir jamais été qualifiés de post-punk, comme Fugazi ou encore les Pixies.

Je ne sais pas si c’est cette étiquette post-punk qui m’a retenu, mais j’étais passé complètement à côté du premier album de ce groupe. Et c’est un argument purement mercantile (le rédac’ chef qui agite la possibilité de récupérer un CD) qui m’a décidé à écouter le deuxième. Bien m’en a pris. Car au-delà des étiquettes, j’ai découvert un très bon album de rock varié et entraînant (et même deux, puisque j’ai fini par me plonger dans le premier). J’y ai trouvé le bon équilibre entre mélodie et dissonance, entre violence et tension retenue, qui convient parfaitement à mes vieilles oreilles parfois un peu blasées. Un album qui contient d’excellents morceaux nerveux et tendus (« The Answer », « Rat Race », « I Was Never Alone ») ou plus lents et poisseux (« Sly (Like Ever) »), et qui se termine en apothéose avec « Swarm », le deuxième single extrait de ce nouvel album, dont l’alternance des ambiances me renvoie à Unwound (une de mes plus belles redécouvertes de ces derniers mois).

Comme disait l’autre, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Myfriendgoo

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