Troy Von Balthazar – Knights Of Something (Vicious Circle)

Publié par le 17 avril 2016 dans Chroniques, Incontournables, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Troy Von Balthazar - Knights of Something - 72DPIChokebore n’est plus. C’est malheureux mais on finira bien par s’y faire. Troy Von Balthazar continue, lui, de tracer seul sa formidable carrière. Knights of Something est déjà le 4ème de cordée et c’est une énième preuve du bien fondé du revirement de l’auteur.

Revirement oui car TVB a indéniablement calmé le jeu avec des albums solo beaucoup plus reposés, moins rock, plus minimalistes (à l’exception du 2e, l’excellent How To Live On Nothing) mais pas nécessairement moins riches en émotion.

Car Troy ne triche jamais. Troy s’enferme dans sa chambre et se livre. Entièrement. Dans son plus simple appareil.

Enfin, pas complètement. Il dispose quand même du Tascam 388, qui n’est pas tout à fait le nec plus ultra du magneto d’enregistrement mais qui lui offre un son très lo-fi et nous offre à nous une relation brute, non tronquée avec un artiste à fleur de peau.

Au menu donc, murmures quasi indicibles, fragilité désarmante, simplicité et beauté excessive.

Qu’il alterne apaisement et électricité (« Surfer »), qu’il agrémente le tout de sons désuets qui semblent se retrouver là, par la grâce d’un choix improbable et pourtant si évident (la ravissante « Astrid »), le voile déployée par Troy nous enrobe et nous emprisonne dans son monde, où on pourrait être incroyablement triste mais où on est, avant tout, merveilleusement bien.

Bien que l’épure soit le maitre d’ordre, Troy Von Balthazar trouve toujours un petit truc qui fait la différence, en triturant ses pédales ou en ajoutant des sons de claviers délicats et absolument enchanteurs (« Thugs », « Touch Is Meat », « Manic High »). Ces deux dernières sont d’ailleurs d’une beauté effarante. On sait d’ores et déjà qu’on a gagné de nouveaux alliés contre le coup de blues, que nos nuits seront plus douces avec de telles merveilles à se mettre sous les esgourdes.

A l’instar d’un Lou Barlow à son meilleur (c’est à dire pas nécessairement son dernier) ou d’un Eels au sommet (certainement pas son dernier), mais surtout à l’image de lui-même tant l’œuvre est personnelle, Troy Von Balthazar nous offre énormément, avec si peu. Nul besoin d’artifice quelconque, le talent suffit. Une belle leçon de finesse dans un monde ravagé par les brutes. La sincérité ne se simule pas, elle s’offre telle quelle. Et cette offrande est à savourer sans modération.

JL

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