Thurston Moore – The Best Day (Matador)

Publié par le 11 novembre 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

OLE-1062-Thurston-moore-The-best-dayAh quand même on a failli attendre. Voici donc 5 ans après The Eternal le nouvel album de Sonic Youth. Tout y est. Les mélodies biscornues sorties de la six-cordes de Thurston Moore (la remarquable ouverture « Speak To The Wild »), les passages bien noisy, les longues palabres guitaristiques…

Mais, mais ôtez-moi d’un doute, il est tout seul à chanter Thurston maintenant ? Il a pris le pouvoir pour de bon ? Attendez on m’aurait menti. Il s’agit d’un simple album de Thurston Moore ?

Avouez que l’illusion est troublante. Steve Shelley aux fûts, une nana à la basse qui figure au panthéon des reines du bruit (Debbie Googe, ex-My Bloody Valentine et Primal Scream), un second gratteux parfaitement en accord avec Thurston dans l’art de la digression guitaristique (James Sedwards, dont le CV a tout de même moins de gueule que la dame sus-citée, mais qui est pas tout à fait manchot). On s’y croirait.

Entouré de ses nouveaux acolytes, Thurston fait de nouveau parler la poudre après deux solos apaisés. Et se montre beaucoup plus convaincant qu’avec Chelsea Light Moving.

Qu’il est bon de retrouver ce guitariste génial si inspiré au sein d’un nouveau quatuor si complémentaire.

Moore l’a dit, chacun a apporté sa pierre à l’édifice mais c’est lui le maître à bord, lui qui prend les décisions. Même s’il ne l’avait pas précisé, on s’en serait douté.

Moore aime la répétition, les guitares qui viennent et reviennent, les mélodies qui restent ancrées malgré leur première approche complexe (« Forevermore » et ses 11 minutes). Nous aussi. Plus conventionnelles, « The Best Day » et « Germs Burn » remplissent parfaitement le contrat et équilibrent aussi l’album qui, garni uniquement de longs morceaux labyrinthiques, aurait été moins digeste. Grande réussite, l’instrumentale « Grace Lake » démarre comme une agréable virée bucolique avant de proposer une longue montée vertigineuse.

Thurston serait donc nostalgique de l’époque bénie. Nous aussi. Et il a ravivé là de très beaux souvenirs. Ce disque est une formidable thérapie pour soigner le traumatisme lié à la séparation de ce groupe de légende.

JL

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