Chelsea Light Moving – Chelsea Light Moving (Matador)

Publié par le 8 mars 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

Chelsea-Light-MovingtifLa séparation de Thurston Moore et Kim Gordon était un méchant coup dur pour les amateurs de rock alternatif. Sonic Youth qui bat de l’aile ça fout un coup, d’autant que leurs dernières livraisons étaient toujours aussi inspirées.

Heureusement Thurston et ses anciens acolytes continuent de faire du son dans leur coin. Après un dernier solo (Demolished Thoughts) remarquable, tout en délicatesse, montrant ainsi une nouvelle facette de son talent, le voilà dans un nouveau groupe aux côtés de Keith Wood (guitare), Samara Lubelski (basse) et John Moloney (batterie).

Et très vite, on se dit que ces gens-là sont sans doute très sympas mais qu’ils servent avant tout à accompagner Thurston Moore et pas à former un véritable quatuor en apportant chacun sa touche personnelle et ses idées de compos. Il paraît assez évident que Moore est le chef de file et dicte la marche à suivre.

On retrouve donc un son souvent assez proche de celui de Sonic Youth à savoir guitares dissonantes, désordonnées, envolées bruitistes et tout le toutim qui a fait la renommée de ce merveilleux guitariste, et qui, il faut bien le dire, nous avait manqué.
Mais dans l’ensemble malgré certains passages noisy fort plaisants (« Sleeping Where I Fall », « Burroughs » ou « Alighted » lorgnant vers des contrées métalleuses), il manque quelque chose pour qu’on s’enflamme pour de bon. Et ce petit quelque chose c’est sans doute une bonne dose d’inspiration et de créativité car on a vite le sentiment que l’ami Thurston n’a pas grand chose de neuf à nous proposer et tourne gentiment en rond.

L’album n’est pas mauvais mais il aurait pu être très bon et malheureusement pêche par son manque d’audace. « Communist Eyes », reprise du groupe punk The Germs qui clôture l’album, est assez symbolique de ce constat. Le titre n’apporte rien de plus que l’original et on ne peut s’empêcher de penser qu’il est là histoire de faire le nombre (9 morceaux sur l’album ça aurait fait léger). Alors ouais ça joue vite et fort mais ça prend pas.
Résultat on s’emmerde un peu par moments et on s’exalte finalement assez rarement. Le sens aiguisé de la mélodie de Thurston Moore parvient tout de même en de rares occasions à nous rappeler le bon vieux temps (« Frank O’Hara Hit ») mais c’est trop peu quand on sait de quoi il est capable. Et très vite on se dit que cet album sera vite oublié.

Alors Thurston, un petit conseil toi qui me lis souvent, retrousse-toi les manches et pour la prochaine fois prends ton temps pour écrire un vrai grand disque histoire de renforcer un peu plus ta légende. Ou alors prends exemple sur ce qu’ont fait tes copains de Dinosaur Jr (retour fracassant après un break salvateur), on te pardonnera sans peine et ce Chelsea Light Moving ne restera qu’une parenthèse sans grande importance.

 

JL

 

Écoutez « Frank O’Hara Hit »

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