The Breeders – Pod (4AD)

The Breeders – Pod (4AD)

Pour beaucoup, les Breeders c’est d’abord Last Splash. A ceux-là j’ai envie de répondre “oui, mais pas que.” OK Last Splash est un putain d’album et il contient le tube interplanétaire “Cannonball” que tout le monde connaît sans connaître. En soirée quand vous la passez, on vous demandera immanquablement “c’est quoi ça déjà ?“, vous répondrez du ton condescendant qui vous caractérise “les Breeders”, ce sur quoi votre interlocuteur repartira tout penaud et vous lancera un triste “ah ok” avant de se diriger vers le buffet pour reprendre du taboulé. L’interlocuteur en question fuira la confrontation de peur d’être humilié par votre science infuse mais se dira intérieurement “encore un groupe qui a sorti un bon tube et rien fait d’autre de sa carrière“. ET BEN NON CONNARD ! Réduire les Breeders à « Cannonball » c’est comme réduire les Pixies à « Where Is My Mind ? ». C’est un crime. Les réduire à Last Splash c’est déjà moins grave mais ça mérite tout de même sanction. Car avant, il y a eu Pod, messieurs dames, et il n’y a rien à jeter sur ce disque. Et puis, Pod est représentatif du son ninetiiiieees, le fameux, celui qu’on aime tant. Parce que c’est le premier Breeders, la première infidélité de Kim Deal envers ses “amis” les lutins*. Et parce qu’on aime Kim Deal. Surtout à cette époque. En 1990, quand paraît Pod, les Pixies qui ont sorti coup sur coup deux albums gigantesques (Surfer Rosa et Doolittle) ont besoin d’un break. Car Kim Deal prend de la place, et Frank Black n’a pas très envie qu’on lui pique la sienne. Il la trouve très bien derrière sa basse à venir chantonner les chœurs quand il lui demande. Il aime un peu moins quand ses fans lui disent que « Gigantic » (qu’elle a écrit et où elle assure le lead vocal) est le meilleur morceau de Pixies. Tout ce petit monde va donc souffler un coup dans son coin. Mais Kim veut faire de la musique. Elle rameute sa pote Tanya Donnelly des Throwing Muses, refile sa basse à Josephine Wiggs, et s’occupe cette fois comme une grande de la guitare, du chant et du songwriting. Elle rappelle par ailleurs MONSIEUR Steve Albini à la prod, comme pour Sufer Rosa. L’aventure Breeders commence. La voix lointaine de Kim, les doigts de Josephine caressant une adorable ligne de basse. Et le crescendo qui va bien. “Glorious”, première bombinette. La patte de Kim est partout, les fans de Pixies ne sont pas déboussolés (« Doe », « Hellbound » ou « Iris » ont clairement de faux-airs pixiens et sur « Opened » on jurerait qu’elle a réenfourché sa 4 cordes). On retrouve le triptyque qui tue : lenteur relative, mélancolie sous-jacente, explosion soudaine. Ce qui...

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Du nouveau chez Pixies en 2016… toujours sans Kim Deal

Du nouveau chez Pixies en 2016… toujours sans Kim Deal

  La réconciliation n’est pas pour tout de suite entre Kim Deal et ses ex-comparses. En revanche, les Pixies ont posté une vidéo avec des images de Frank Black, Joey Santiago (guitare), Dave Lovering (batterie) et Paz Lenchantin (basse, chœurs) en studio, le tout s’achevant par un évocateur “Pixies coming… 2016”. Il y n’a donc a priori pas de place au doute, sur la parution prochaine de nouveaux enregistrements. Reste à savoir si on aura droit à un nouvel album ou s’ils vont nous refaire le coup des 3 EP, réunis par la suite sur un album (le guère transcendant Indie Cindy).     Il ne serait guère surprenant qu’une tournée soit également annoncée, sachant que quelques dates sont déjà prévues dans des festivals européens, notamment aux vieilles charrues cet été.  ...

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Pixies – Indie Cindy (Pixiesmusic)

Pixies – Indie Cindy (Pixiesmusic)

Bon, je m’étais presque promis de ne pas en parler, sauf si l’envie venait, mais on lit tellement de bêtises sur ce dernier Pixies. A croire que peu de gens ont compris de quoi il retournait. Lui mettre 16/20, ou 1/10, c’est complètement absurde. Du coup, je me retrouve à endosser mon costume de prétentieux condescendant et je vais participer un peu à votre éducation musicale. Avant ça, je précise par honnêteté que moi aussi, je me suis fait avoir comme les autres. Bienvenue au cours de décryptage du professeur BCG. Aujourd’hui, le sujet portera sur Indie Cindy, le nouvel album des Pixies. Composé en réalité des 3 EP sortis depuis 2013, certains crient au génie, d’autres à l’arnaque. Ce que personne n’a compris, c’est que c’est exactement les deux. Mais peut-être pas comme vous le pensez. Revenons un peu en arrière. Après un démarrage plutôt satisfaisant pour un artiste indé, avec quelques tubes modestes à son actif, la carrière de Frank Black n’a jamais vraiment décollé. Pire, c’est sa rivale Kim Deal avec les Breeders qui a profité du statut culte et du succès d’estime des Pixies, SON groupe, pour trouver un plus large public. Jusqu’au jour où David Fincher a eu la brillante idée d’inclure “Where Is My Mind ?” dans son adaptation (brillante également) de Fight Club. Tout le monde se demande quelle est cette chanson, qui est ce groupe, et se charge de les placer à juste titre au rang des classiques (tout ça, JL vous l’a déjà bien expliqué ici). En 2004, quand les égos sont mis de côté et que le groupe se reforme, Frank Black peut enfin tirer matériellement profit de la légende qu’il a créée et gonfler son compte en banque. C’est mérité. Il comprend également vite que le nouvel album qu’il espère pouvoir sortir avec cette reformation n’est pas à l’ordre du jour et qu’il ne le sera peut-être jamais. L’album devra être rien de moins qu’excellent pour trouver son public, puisque les attentes sont trop lourdes, et Kim Deal n’a pas l’air très motivée pour mettre leurs forces en commun. Après avoir un peu capitalisé sur la reformation en remixant des titres, le gros Frankie qui reste un artiste de talent et prolifique a envie d’écrire, de composer, et il le fait à plusieurs reprises. Mais là encore, le public n’est pas au rendez-vous. Peu importe la qualité de ces disques, le public ne veut que des Pixies. On accélère jusqu’à 2013. Kim Deal a repris goût aux Breeders avec la tournée hommage à Last Splash et veut se mettre à écrire mais en solo. Elle décide donc de quitter les Pixies. Tout le monde les pense morts et...

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Pixies – EP3 (Pixiesmusic)

Pixies – EP3 (Pixiesmusic)

Et voilà, c’est fini. Après nous avoir fait patienter plus de 10 ans pour se reformer et presque 10 de plus pour ressortir quelque chose, les Pixies ont enfin pondu leur troisième et dernier EP avec un numéro derrière. Et première (mauvaise) surprise, le disque en question s’ouvre par “Bagboy”, le premier morceau à sortir après le départ de Kim Deal. On conclut donc cette série d’EP avec seulement trois morceaux inédits. La deuxième (mauvaise) surprise – mais peut-on vraiment parler de surprise quand on a écouté les deux EP précédents ? – c’est que “Bagboy” est sûrement le meilleur morceau de ce nouvel EP.  Sûrement, parce que j’hésite avec “Silver Snail” qui réussit au moins à tenir sur la longueur avec une ambiance éthérée pas désagréable. Car, pour ceux qui ne l’auraient pas écouté, “Bagboy” est (trop) longue. Le morceau aurait été excellent avec 2 minutes de moins, ce qui prouve que point trop n’en faut. “Ring The Bells” serait un mauvais morceau de Bossa Nova. Le genre de titres pas trop rythmé avec une petite mélodie sympa, type “Dig for Fire”. C’est surtout incontestablement l’un des morceaux de cette fournée qui réussit le moins à masquer son manque cruel de Kim Deal. Enfin, “Jaime Bravo” clôture l’EP sur un ton College Rock de circonstance. J’ai cru comprendre qu’il était le moins aimé des titres de ce dernier EP, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi. “Ring The Bells” ne me paraît pas plus folichon. Ceci dit, pour conclure l’EP et le futur album, si on doit faire du passéisme, ce n’est pas tellement moins bon que “The Navajo Knows”, qui avait surtout le mérite d’être barré. En fait, maintenant qu’on est venu à bout de ce que les Pixes* avaient à nous proposer, on peut prendre un peu de recul et se dire…se dire quoi, en fait? 1) Ce n’est pas si mal. Globalement, il y a quand même de vrais bons morceaux ou du moins de vraies bonnes idées sur l’ensemble de ces 3 disques. 2) Le meilleur EP était incontestablement le second. Avec le recul, même “Snakes” et “Greens And Blues” ne s’en sortaient pas si mal, elles auraient certainement brillé sur les autres et doivent leur impression de sans plus au fait qu’elles suivent deux excellents morceaux. 3) La force de ce troisième EP est aussi ce qu’on peut principalement lui reprocher : il n’y a rien de vraiment mauvais dessus, mais il n’y a rien de vraiment bon non plus. En fait, il navigue dans un niveau tout à fait acceptable, sans nous proposer de véritables raisons de se plaindre, mais sans nous donner non plus de véritables raisons de s’extasier. Et en...

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Pixies – EP2

Pixies – EP2

Si une sortie des Pixies ne provoque plus chez nous le même émoi que par le passé, s’il faut tourner la page de l’heure de gloire du groupe, dire adieu à Kim Deal (et aussi à Kim Shattuck qui n’aura pas fait long feu), il faut reconnaître qu’on est toujours curieux de voir ce que Franck Black a encore dans le bide quand il est entouré de ses acolytes préférés Santiago (guitare) et Lovering (batterie). Et puis merde, un Sebadoh l’an dernier -plutôt très bon-, un Pixies la même semaine qu’un Stephen Malkmus (chanteur de Pavement pour ceux qui suivent pas), ça donne lieu à un drôle de revival indie 90’s en 2013-2014 alors ne boudons pas notre plaisir. Pixies avait annoncé la couleur l’an dernier : 4 EP allaient sortir au fil des mois. Le premier, sans être totalement convaincant, évitait largement le marasme avec 2 très bons titres sur 4 (“Indie Cindy”, “What Goes Boom”), précédés du single “Bagboy” pas dégueu. Et là en fin de semaine dernière, surprise, ce fut au tour de l’EP2 de pointer le bout de son nez. Un EP2 qui démarre fort avec “Blue Eyed Hexe”, titre bien énervé avec  un riff saignant de Santiago, un cowbell pour bouger la tête et un final tout en bruit avec Franck Black qui hurle comme à ses plus belles heures en mode timbré qui pète son cable. Du bon, voire du très bon Pixies. “Magdalena” adoucit le ton avec son côté rêveur candide (le chant de Black, les choeurs sur le refrain). Un registre que le groupe maîtrise parfaitement. Du classique Pixies, efficace comme il faut. Deux titres de très bonne tenue mais malheureusement il y en a 4… Car, à mon grand regret, “Greens and Blues” et “Snakes” ne tiennent absolument pas la comparaison. Sur le premier, Santiago a beau envoyer du slide, le morceau est beaucoup trop évident, pour ne pas dire gnangnan. “Snakes” avait du potentiel mais se voit plombé par un refrain balourd. Dommage. On n’était pas loin de s’enflammer et finalement force est de reconnaitre que le constat est le même que sur l’EP précédent. Quand après 4 albums quasi parfaits, on sort 2 EP de 4 titres inégaux c’est qu’on n’est plus tout à fait le même groupe. Mais ça on le savait déjà.   JL...

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