Sound City (documentaire de Dave Grohl) & Real To Reel (BO)

Publié par le 16 mars 2013 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

soundc-soundcDave Grohl n’est plus à présenter, cela dit une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Batteur de Nirvana de 1990 à 1994, il fonde ensuite les Foo Fighters, où il troquera ses baguettes pour une guitare et un micro. Parallèlement, il multiplie les collaborations, rejoignant notamment Josh Homme (ex-Kyuss) au sein de Queens Of The Stone Age, sur l’enregistrement de Songs For The Deaf pour la partie batterie (il sera aussi sur leur prochain album), et de nombreux autres groupes dont Nine Inch Nails, Tenacious D, The Prodigy, pour ne citer qu’eux. Il forme également en 2009 le supergroupe Them Crooked Vultures, avec Josh Homme (encore lui) et John Paul Jones, ancien bassiste des Led Zep.

Avec un tel C.V. à son actif, le multi-instrumentaliste, chanteur et compositeur, Dave Grohl a plus que fait ses preuves dans le domaine de la musique. Et voilà que fin 2012, il annonce la sortie de son tout premier film/documentaire Sound City, qu’il réalise.

Projeté au festival indépendant Sundance courant janvier, il est sorti sous format DVD/Bluray le 11 Mars 2013, au même titre que sa bande originale intitulée Real To Reel.

Ce film est consacré au célèbre studio d’enregistrement Sound City situé à Los Angeles. Si comme moi vous en ignoriez l’existence jusque là, l’initiative de Dave aura donc porté ses fruits et permettra de rectifier le tir. Car il est clair que l’histoire de ce studio ne méritait pas de tomber dans l’oubli, vu le nombre incroyable de perles musicales qui en sont sorties.

Le documentaire retrace l’existence de Sound City depuis le début des années 70, ancien entrepôt du fabricant d’ampli VOX, devenu un lieu d’enregistrement de légende. Menacé à maintes reprises de fermeture suite à des difficultés financières, à l’arrivée de nouvelles technologies simplifiant l’enregistrement (notamment le logiciel Pro Tools), le studio sera contraint de mettre la clé sous la porte en 2011.

En 40 ans, ce studio a accueilli, des jeunes groupes devenus des stars incontournables. L’exemple le plus marquant est sans doute Nirvana pour l’enregistrement de Nevermind. Dave raconte que les 3 jours qu’il y a passé ont changé sa vie. On comprend vite pourquoi.

Il en sera de même pour Rage Against The Machine comme le raconte Tim Commerford (bassiste) et Brad Wilk (batteur), eux qui rentraient pour la toute 1ere fois dans un studio d’enregistrement. La notoriété acquise par Sound City au cours des années, due à cet environnement si propice au son, à ses méthodes d’enregistrement traditionnelles… Le nombre impressionnant de disques platines accrochés le long des murs, l’atmosphère particulière qui fait que l’on se sent comme chez soi, a vite attiré des musiciens et producteurs de renoms. De Tom Petty à Neil Young, de Metallica à Nine Inch Nails, de Johnny Cash à Pat Benatar en passant par Santana, Slipknot, ou plus récemment les Arctic Monkeys, et des producteurs tels Rick Rubin, je me rends compte qu’une bonne partie de ma discothèque contient des albums enregistrés dans ce lieu mythique. Un lieu unique immortalisé à jamais dans ce documentaire, habilement réalisé.

Ce film est scindé en deux parties : l’une sur l’histoire de Sound City, où les interventions d’artistes cités précédemment (et bien d’autres), ainsi que des employés (des secrétaires aux ingénieurs), s’entremêlent aux interviews menées par Dave Grohl, et à des images d’archives. Émouvant, plein d’humanité, bourré d’anecdotes, et de sincérité, Dave Grohl a réussi son coup, aussi habile derrière une caméra que derrière ses fûts, il n’a décidément pas fini de nous surprendre.

La deuxième partie est consacrée à la réalisation de la bande originale du film, car l’idée de tournée un documentaire est venue à Dave au moment où il rachetait des équipements et matériels de Sound City, lors de sa fermeture dont la célèbre et unique au monde console de mixage Neve. Après avoir équipé son propre studio (le 606) de ses nouvelles acquisitions, il invita des musiciens et amis ayant enregistré une ou plusieurs fois à Sound City à réaliser la bande son avec des techniques d’enregistrement similaires.

On entre au cœur et dans l’intimité des sessions d’enregistrement de Real To Reel, avec des compositions improvisées et arrangées sur le vif. Voir Dave Grohl, Krist Novoselic, et Pat Smear (qui avait rejoint Nirvana lors de la tournée d’In Utero) réunis, ça fait déjà quelque chose, mais quand Paul McCartney les rejoint, là on se dit que ce line-up vaut de l’or. Ils enregistrent le très satisfaisant et pêchu « Cut Me Some Slack ». Lee Ving du groupe punk Fear, s’éclate au chant sur « Your Wife Is Calling ».

Les sessions filmées de « You Can’t Fix This »,  de « If I Were Me » sont sublimes. On découvre ses artistes réunis pour la première fois autour d’un même projet, nouant leur talent et leur force de création. Le titre « Mantra » qui clôture l’album, et dont des images avaient été extraites pour réaliser le teaser du documentaire, fait évidemment son effet. Trent Reznor en chef d’orchestre, l’exigence de chacun devient naturel, Dave trouve que son jeu de batterie n’est pas suffisamment bon, et Trent dit qu’il n’a pas été super non plus derrière son synthétiseur, Josh Homme lui se contente d’assurer paisiblement la partie basse.

Si on retrouve l’ensemble des morceaux filmés sur le DVD dans la bande originale, on n’est pas au bout de nos surprises, Dave n’a vraiment pas fait les choses à moitié. Peter Hayes et Robert Levon Been ouvrent le bal, avec le titre « Heaven and All » et c’est bien l’esprit des Black Rebel Motorcycle Club qui en ressort. Chris Goss de Master of Reality, Tim Commerford et Brad Wilk de Rage Against the Machine, Corey Taylor de Slipknot, Rick Springfield, Josh Homme et Alain Johannes (Queens of the Stone Age, Them Crooked Vultures)… Une belle brochette de musiciens présents sur cette B.O. qui n’a de compilation que l’allure, car tout est inédit dans ce projet.

Il tenait à cœur à Dave Grohl de réaliser ce documentaire. Certes il connaît bien le sujet, car on est dans son domaine de prédilection, la musique mais cette première tentative est au dessus des attentes. Une très belle réussite. Ce documentaire a le mérite d’être captivant, émouvant, de ne jamais trainer en longueur, et rend un ultime hommage à un lieu qui a vu naître quelques-uns des plus grands albums de rock, et qui aurait pu, sans l’intervention de Grohl, tomber dans l’oubli total, hormis pour les personnes qui ont eu la chance d’y travailler. En somme, un film/documentaire et une bande originale, qui bénéficient d’un casting de choix, et ne laissera aucun amateur de musique de marbre.

 

JR

 

Regardez la bande-annonce de Sound City

 

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