Marietta – Basement Dreams Are The Bedroom Cream (Born Bad)

Publié par le 10 juin 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

mariettaGuillaume Marietta est un grand enfant. Alors pour son premier véritable album en solo, celui qui officie par ailleurs chez les remarquables The Feeling Of Love, est retourné dans sa chambre, a ressorti son 4 pistes poussiéreux et a enregistré des chansons qui lui appartiennent.

Des chansons qui semblent sorties directement de son esprit bouillonnant, sans filtre, avec un esprit résolument lo-fi et du bidouillage en veux-tu en voilà.

Comme s’il était parti d’une base simple (guitare sèche, voix) et l’avait agrémentée progressivement. De collages divers, d’une touche de couleur par ci, d’un bruitage rigolo par là (son camarade de jeu Olivier Demaux de Cheveu lui a prêté main forte dans cet exercice).

En découlent de très chouettes pop songs, parfois assimilables à de la folk (« Father » façon Syd Barrett), souvent à quelque chose d’halluciné, difficilement identifiable (« Basement Dreams », « Somebody Else Is Leaving You Own Life »), et en tout cas jamais avare en arrangements bizarroïdes qui renforcent le caractère très personnel des compositions.

Il faut du temps pour comprendre tout ça, pour laisser Marietta nous grignoter le cerveau et s’y faire une petite place. Mais tout ceci finit par s’imposer le plus naturellement du monde.

En fin d’album, Marietta couronne le tout en reprenant avec réussite « Tiger Trap » de Beat Happening. Ce qui n’était pas une mince affaire.

Le grand enfant s’est bien amusé sur ce disque, et nous avec. Comme sur la pochette où il joue à nous faire peur (toujours dans un esprit bon enfant et accompagné d’ailleurs de sa fille en arrière-plan), il a glissé des voix de gosse genre film d’horreur enrobées de synthés inquiétants (« The NBA Conspiracy »), et les premiers mots qu’ils prononcent sur la très addictive « Chewing Your Bones » (« Chewing Your Bones, sucking your knees, you’re all alone ») semblent incarner les créatures qui ont peut-être alimenté ses cauchemars.

Qu’il se rassure, nous qui sommes grands, il en faudra plus pour hanter nos nuits. En revanche rien de tel que cette formidable galette pour squatter la platine un bon moment.

 

JL

 

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