Interview – Sweat Like An Ape!

Publié par le 24 juin 2017 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Dans le flot continu de nouveautés que nous apporte la scène bordelaise, difficile de passer à côté de Sweat Like An Ape. A l’écoute de son deuxième album sorti chez Platinum Records on ressent immédiatement une capacité à séduire des publics avec des gouts différents. L’envie de poser quelques questions au chanteur, Sol Hess, fût-ce par email, nous est alors apparue comme une évidence.

 

« Lorsqu’un artiste s’épuise, c’est que son désir s’est ramolli et qu’il se résigne à ses habitudes, sans feu et sans joie. Nous, nous sommes gorgés de désir, de feu et de joie »

© Kami/About Light And Men

 

Salut Sweat Like an Ape!, comment définiriez-vous votre musique ?

Sol : Il se dit qu’on fait du post-punk dansant, et c’est sans doute ça : un rock à fleur de peau qui groove et qui cherche à atteindre un état de transe. Sur cette base on se laisse une belle part de liberté pour y intégrer tout ce qu’on a envie : afro, noise, free… en somme un festin joyeux qui se réserve le droit de faire appel à notre boulimie musicale.

 

Vous existez depuis 2013, avez deux LP et un EP à votre actif, avez fait pas mal de concerts, jouez dans d’autres formations, d’où tirez-vous cette énergie ?! Etes-vous hyperactifs ?

Sol : C’est vrai que la musique occupe une majeure partie des vies des membres du groupe. Et on  joue tous dans d’autres projets car on aime vraiment explorer d’autres pistes artistiques, et que malgré ce que certaines personnes pensent, ce n’est pas s’éparpiller que de jouer dans plusieurs groupes. Au contraire, on se rend vite compte que plus on sollicite son énergie artistique plus elle est inépuisable. Et même que chaque projet se retrouve nourri par cette diversité. Je crois qu’il y a une confusion assez populaire sur l’idée que l’inspiration est tarissable, or je suis convaincu que lorsqu’un artiste s’épuise, ce n’est pas forcément qu’il en a trop fait, c’est juste que son désir s’est ramolli et qu’il se résigne à ses habitudes, sans feu et sans joie. Nous, nous sommes gorgés de désir, de feu et de joie.

 

Ces compos qui donnent des envies de déhanchés, c’est intentionnel ou pas ?

Sol : Oui. Si tout se passe au mieux, le déhanché sera le préliminaire d’une transe endiablée, mais un déhanché langoureux est toujours un bon début.

 

Comment jugez-vous votre ville, Bordeaux, et comment la comparez-vous par rapport aux autres où vous avez pu aller ? 

Sol : Bordeaux est une belle ville pour un musicien, avec beaucoup de bons groupes, de structures, de labels, de disquaires… en ce sens une ville qui tire la vie musicale vers le haut. Et elle a sa belle part d’artistes en général : d’auteurs, de dessinateurs, de metteurs en scène… Il y a de quoi rester stimulé par des rencontres. Mais c’est évidemment le cas d’autres villes. Ce serait illégitime de ma part de comparer, il faut vivre dans une ville pour se rendre réellement compte de sa richesse. Surtout qu’une grande majorité de cette richesse vient d’un milieu alternatif, proportionnellement peu soutenu, et pas forcément très médiatisé. Il faut s’être donc réellement immergé dans la ville pour être tout à fait conscient de l’ampleur de son activité culturelle.

 

© Guendalina Flamini

 

Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs de concerts ?

Sol : On commence à avoir pas mal de meilleurs souvenirs de concerts. En général, ça ressemble à un show dans un lieu trop petit pour accueillir autant de monde, des gens dans un état de jubilation excessive, une chaleur devenue étouffante, les murs qui suintent et le sol recouvert de sueur…

J’ai un excellent souvenir de la fois où on a ouvert pour James Chance & the Contortions. C’était mon anniversaire et j’étais vraiment excité à l’idée de voir James Chance jouer. Ça se passait au Café de la Gare de Marmande : lorsqu’on est arrivé, il était en train de balancer avec son groupe devant quelques habitués du bar qui n’en avaient jamais entendu parler. Pendant qu’il testait son orgue, quelques-uns se permettaient même de marmonner ironiquement « Amen », tout ça entre-coupé des annonces de la gare… c’était assez surréaliste. Puis, le soir le bar s’est rempli de gens et James Chance a livré un concert absolument fabuleux. Il semblait complètement transporté et c’était contagieux. C’est un souvenir puissant pour moi car il a tout donné ce soir là dans ce Café de la Gare à Marmande. C’était organisé par une asso qui fait un super boulot de programmation et d’accueil, Staccato, à Miramont-de-Guyenne. Les belles équipes y sont souvent pour quelque-chose lors des meilleurs souvenirs…

Sinon le pire, c’était un concert devant cinq personnes, dont une qui soufflait à chaque début de morceau avant de se décider à remonter au bar. Heureusement, une fille a passé le concert entier à danser comme une forcenée. Apparemment c’était son anniversaire, et elle était aux anges. On la remercie du fond du cœur, elle a sauvé ce concert à elle seule !

 

Avec quels autres groupes aimez-vous partager la scène et avec qui aimeriez-vous la partager ?

Sol : Une de nos belles découvertes en tournée lors d’un partage de plateau, c’était Conger ! Conger ! à Marseille. On était vraiment impressionnés par leur prestation scénique, c’était beau à voir et à vivre.

Sinon, on prend beaucoup de plaisir à jouer avec nos copains québécois, Oromocto Diamond, ce qu’on a fait sur quelques dates sur notre dernière tournée… des grands moments de musique et de crétinerie, sur scène et dans le camion…

 

Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Sol : J’écoute beaucoup le nouvel album de Savon Tranchand, Symétrie, qui vient de sortir chez le Turc Mécanique. Pour moi, c’est un des plus beaux groupes français du moment, alliant à merveille absurde, folie à la fois drôle et néanmoins réellement inquiétante, et poésie.

Je nourris aussi une nouvelle passion pour Bardo Pond.

 

Un message à faire passer, une information, des dates à annoncer ?

Sol : Vous trouverez toutes nos dates sur les sites de nos bookers, Lagon Noir et Rockin Dogs et sur notre page facebook. Si vous voulez vous intéresser de plus près à nos autres projets évoqués, vous pouvez suivre notre collectif : Catulle & Ramón sur Facebook et Bandcamp.

 

Interview réalisée par Pedro

Merci à Sol. Le second album de Sweat Like An Ape!, Dance To The Ring In Our Ears, est disponible chez Platinum Records et tu peux te le procurer sur leur bandcamp.

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