Interview – Sons Of Frida

Publié par le 7 avril 2013 dans Interviews, Toutes les interviews | 0 commentaire

 

sonsof 2Leur 4ème opus, Tortuga, nous avait mis sur le cul. Il nous tardait donc d’interviewer les Sons Of Frida pour en savoir plus sur eux et leur musique. Entretien autour d’une bière avec deux rejetons de Frida : Emmanuel Boeuf (guitare – chant) et Clément Matheron (basse).

 

Bon pour commencer la question con mais incontournable : comment s’est formé le groupe ?
Emmanuel : En gros on existe depuis 2004. On a sorti un petit EP de 2, 3 titres fait à l’arrache à la maison. Après on a sorti un album qui s’appelait Toboggan dans un studio de 15 mètres carré, enregistré tout en live avec un mix qui a duré 5 minutes. Le bassiste à l’époque qui s’appelait Judge, qui était de Cherbourg est retourné sur Cherbourg donc on a changé on a eu Geoff qui est resté 2 ans et là on a fait un album qui s’appelait The White Face of Allison K. où pareil on avait tout fait nous-mêmes. On avait pris le garage de la mère du batteur pendant trois jours. Elle était ravie. Là on a fait du piste à piste et c’était rigolo car on a appris en même temps à enregistrer ce qu’on ne savait absolument pas faire. La prise de son de batterie a duré un jour et demi alors que normalement ça prend une heure… Et après Geof est parti pour jouer dans la diagonale des fous et Clément est arrivé.
Clément : Moi je cherchais un groupe en allant sur Paris et eux je les connaissais parce que j’étais assez fan de toute la scène post-rock parisienne. Y avait 5, 6 groupes qui tournaient tous ensemble qui étaient super soudés et je les connaissais un peu tous j’étais allé les voir en concert et j’ai vu qu’ils cherchaient un bassiste donc je me suis dit « c’est cool je vais me mettre à la basse et je vais y aller ». Ils venaient de sortir leur album précédent, on a fait des concerts etc puis les deux derniers albums. Ça fait 4 ans maintenant.
Emmanuel : Ouais c’est toi qui a duré le plus longtemps.

 

On vous compare souvent à Sonic Youth, Fugazi… À force ça vous gonfle ou c’est des références que vous revendiquez ?
Clément : Ba y a pire comme référence.
Emmanuel : Oui j’ai même envie de dire que je suis assez fier.
Clément : Manu c’est le plus grand fan de Sonic Youth du monde. Et on peut pas le réfuter dans les sons de guitare on entend que t’as appris de la guitare en écoutant Sonic Youth.
Emmanuel : Je regardais le listing des pédales de Sonic Youth j’ai pris les mêmes. J’ai viré la moitié parce que je savais pas m’en servir. (Rires) Mais on assume totalement la comparaison.
Clément : Et c’est cool parce qu’au début ils (Sons of Frida ndlr) étaient plus dans la scène post-rock donc y avait plus de comparaisons là-dessus. Et là depuis quelque temps on nous compare plus à des trucs rentre dedans et moi personnellement ça me plait pas mal. Et Sonic Youth c’est LA référence.
Emmanuel : On a un peu changé depuis que Clem est arrivé. Avant le bassiste était plus « cool », gros fan de Radiohead. À son audition Clem a branché une disto et fait des notes de bourrin trop biens et donc on est partis sur des trucs beaucoup plus speed, beaucoup plus bourrins.
Clément : Avant j’étais hyper pop, post-rock. Radiohead c’était mon groupe culte j’ai acheté une guitare le jour où j’ai acheté OK Computer. Et je venais de découvrir Shellac, j’ai pris une claque énorme j’me suis dit « putain c’est un groupe post-rock mais ils font quand même du bruit avec des gros larsens partout. Ça serait ptet pas mal d’essayer de se lancer dans un truc comme ça. » Et la basse à la Shellac c’est facile tu vas au médiator comme un bourrin sur trois notes donc on a testé et ça a plu.

 

D’autres influences ?
Clément : Moi au départ c’était vraiment Radiohead. À l’époque j’ai découvert Radiohead, Placebo et (j’en ai un petit peu honte maintenant) le premier Muse. Muse, Placebo c’est très vite parti, je suis resté sur Radiohead à fond. Et après j’ai découvert via Radiohead des groupes post-rock comme Sigur Rós.
Emmanuel : Plein de choses. Moi qui suis plus vieux je me suis mis à la guitare avec Nirvana. En 91 j’ai entendu ça j’me suis dit « ouah trop bien j’veux une guitare !« . Et après Sonic Youth, Fugazi, toute cette scène noise. Et j’étais aussi un gros fan de U2. Mais on reste quand même très influencé par toute cette scène noise américaine, My Bloody Valentine aussi.

 

Pour les compos vous avez une méthode attitrée ? Chacun arrive avec ses idées ?
Emmanuel : Pas vraiment de méthode. On arrive au studio, on appuie sur Rec, on joue et on voit ce que ça donne, on improvise, on improvise.
Clément : Y a beaucoup de déchets mais des fois y a juste un riff, une phrase de 30 secondes qui va nous plaire et on se base dessus pour construire un morceau.
Emmanuel : Sur les morceaux de Tortuga, par exemple la moitié a été faite en répèt’.
Clément : C’est pour ça qu’on est un peu lents. Entre Tortuga et le précédent on a mis deux ans donc six nouveaux morceaux en deux ans.
Emmanuel : Ouais on est un peu des feignasses. On bosse pas chez nous. On préfère jouer à la Xbox et regarder des séries. (Rires)

 

Vous parliez de vos premiers enregistrements un peu à l’arrache. Vous avez beaucoup évolué par rapport à ça ? Vous êtes devenus plus carrés qu’avant ?
Emmanuel : Plus carré non. Car on a toujours eu des structures bien définies. Mais niveau production plus le groupe vieillit, plus on avance. Là on était chez DGD pour les prises de son des deux derniers albums et le mix c’est Julien du groupe Unison qui s’en est occupé.
Clément : Sur l’album d’avant c’est l’ingé son qui s’était chargé du mix. Mais il était pas trop dans le trip noise, plutôt blues, jazz, etc. Du coup on était beaucoup derrière lui mais au bout du compte t’obtiens un truc hyper propre, sans parti pris. C’était pas intéressant pour lui et pour nous.
Emmanuel : Là on s’est carrément pas occupés du mix. Julien a tout fait tout seul et il a fait un boulot de malade.
Clément : Ouais on est super contents. D’ailleurs j’en profite pour lui faire de la pub. Son album est super bien et ça le brancherait bien de faire des mix pour d’autres groupes donc les personnes intéressées peuvent lui envoyer un petit message.

 

Comment va se dérouler la distribution de l’album ?
Emmanuel : Notre label Zéro Egal Petit Intérieur va s’occuper de la distribution physique dans les magasins. Le deuxième label En veux-tu ? en v’la ! s’occupe surtout des concerts. Ils ont organisé un peu plus de 200 concerts depuis 2011 donc eux vont surtout s’occuper de la distribution lors des concerts. Ensuite nous aussi on distribue sur notre site internet sonsoffrida.bigcartel.com et en numérique par Believe. Et on va faire tous les magasins de Paris voir s’ils veulent le distribuer.
Clément : Pour la première fois on aura un coup de main des labels. Avant on faisait tout tout seul et la promo ça nous fait chier.

 

Vous sortez l’album sur support vinyle, pas en CD. Pourquoi ce choix ?
Emmanuel : C’est une préférence. On a envie déjà pour nous d’avoir un vinyle. Pour le trip de l’avoir en vinyle et puis la démarche est cool. Nous on est des gros acheteurs de vinyle. C’est vrai que les CD ils finissent dans une cave on les écoute plus avec le mp3. Maintenant c’est soit sur mon ipod soit sur ma platine vinyle. C’est un vrai parti pris. L’objet est beau. On en a pressé 250 en édition limitée.
Clément : Si on en vend plus tant mieux. On devrait en vendre un peu plus que des CD. On en a pas mal discuté, on n’était pas tous d’accord là-dessus. Et on s’est dit « voilà on se fait plaisir, on le fait une fois et on verra ce qui se passe. »

 

Niveau thunes, ça se passe comment ? Vous avez chacun un boulot à côté ?
Emmanuel : Moi non. Je suis rentier. On est tous blindés  grâce aux ventes de disques ! Je suis en train de me faire construire ma piscine ! (Rires)
Clément : Le procès contre Napster nous a bien rapporté ! Non on bosse tous à côté. La musique c’est un hobby donc ça nous coûte des sous. Tout ce qu’on gagne sur les concerts et les ventes on les fout dans une caisse et dès qu’on sort un album on sort tout ce qu’on a et faut compléter un peu car c’est jamais assez. Pour l’instant…
Emmanuel : En France c’est un peu difficile. En termes de ventes de disque, c’est super dur. Rien que sur un MP3 qui est vendu 99 centimes, on touche 9 centimes… Les royalties depuis qu’on est en vente en MP3 nous ont rapporté 25 euros…
Clément : Elle est loin l’époque où on était naïfs et on croyait pouvoir en vivre. On fait ça pour nous. Si ça plait à des gens c’est hyper cool. Y a quand même une grosse partie d’ego, t’as envie de plaire et de partager.

 

Vous avez collaboré récemment avec Rome Buyce Night sur l’EP Orchestra. Ce genre de projets ça vous branche particulièrement ? Vous aimeriez réitérer à l’avenir ?
Emmanuel : Ouais c’était super intéressant à faire. Ca fait des années qu’on se connait. Et pour Orchestra on s’est dit au départ « pourquoi on ferait pas un split ? ». On voulait reprendre un morceau d’eux, eux en reprendre un de nous et en fait on s’est dit « pourquoi on jouerait pas ensemble? » Et ça a été génial. Une super expérience. On ne fonctionne pas du tout de la même façon, eux sont dans l’improvisation et nous pas du tout (à part au départ). Et on a bien réussi à fusionner. Ça s’est fait comme ça en trois répèt’.
Clément : Ça a quand même été douloureux. Le mix a pris un temps fou. C’est sorti un an après.

 

Y a des sorties récentes qui vous ont particulièrement plu ?
Emmanuel : Le dernier My Bloody Valentine. Death Grips aussi m’a bien scotché.
Clément : Le nouveau Ventura j’ai pas encore fini de l’écouter mais je pense que je vais pas mal accrocher. Le dernier m’avait tué déjà. Le ChooChooShoeShoot aussi, un groupe français de Nantes, très années 90. Pas de basse, c’est guitare, baryton, batterie et une chanteuse. Un peu à la Bellini et les groupes de noise italien. C’est hyper cool, hyper bien foutu.

 

Vous tournez en ce moment ?
Clément : On a un super concert là. C’est en veux tu ? En v’la ! qui organise. On fait notre release party le 14 mai aux instants chavirés avec Vampilia (dont le batteur de Ruins), et Nadja. Donc grosse pression !
Emmanuel : Putain on va jouer avec Nadja quoi !
Clément : Et Vampilia c’est des oufs, ils sont 11 sur scène, c’est des tarés. Et ils ouvrent pour nous !
Emmanuel : Depuis qu’on sait ça on chie partout ! (Rires)
Clément : On arrive même à l’heure en répèt’.

 

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour l’avenir ?
Clément : Vendre tous nos disques. (Rires)
Emmanuel : Ouais ça prend de la place dans la cave.
Clément : Et qu’on se chie pas dessus pour le concert le 14. Que ça continue à bien se passer, on a plein de supers bons retours donc si on peut avoir les mêmes retours en concert, avoir des gens qui ont écouté, qui sont pas des potes à nous et qui viennent nous voir en concert et apprécient, ça ferait vraiment plaisir.

 

Entretien réalisé par JL & JR.

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