Sons of Frida – Tortuga (Zéro égal petit intérieur/En veux-tu ? En v’la !)

Publié par le 20 mars 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

tortugaCe quatuor venu de Paris sévit depuis 2004 et je m’en voudrais presque de les découvrir seulement maintenant. En même temps, je ne suis pas le seul responsable. Si on cessait de nous abreuver de soupe nauséabonde et de nous vendre à tout bout de champ « la nouvelle révélation » avec le premier tocard venu qui sait à peu près chanter, on passerait peut-être moins facilement à côté de groupes qui en valent vraiment la peine.

Vous l’avez compris, Sons of Frida fait partie de ceux-là. Un groupe qui a du vécu (déjà 4 albums derrière eux) et ça se sent. Le combo est bien aguerri, sûr de sa force et nous abreuve d’un rock noisy brutalement jouissif. Ça fait du bien de se prendre des bonnes beignes dans la face comme ça. Qui plus est quand ça vous tombe dessus de façon inattendue. Je ne sais pas si Bob Marley était un grand fan de rock bruitiste (j’en doute un peu) mais il chantait à juste raison « one good thing about music, when it hits you feel no pain. » Ben c’est ça là, ça frappe mais on n’a pas mal, on prend un max de plaisir. C’est plutôt les instruments qui morflent, malmenés comme ils sont.

Donc pour résumer un peu ce qu’on a dans cette galette : du gros riff abrasif, du chant au bord de la rupture, une batterie très post-punk… Une bonne recette me direz-vous et encore vous ne savez pas tout. Car là où c’est fort c’est dans la construction des morceaux jamais simpliste, toujours imprévisible. Non clairement ça sent la grosse maîtrise.

Un savoir-faire implacable pour nous tenir en haleine et nous scotcher au siège (« Agathe » et sa basse haletante façon Fugazi, son final avec les mots « my fingers are so dry » répétés à l’envi). On pense bien fort à Sonic Youth et ses péréginations sonores, forcément. Mais on est parfois aussi bien surpris comme quand débarque cette trompette traînante sur « Miranda ». La présence d’une trompette peut paraître incongrue de prime abord mais elle n’est pas là pour la déco et s’intègre parfaitement au reste. Et il faut bien le dire, ce morceau est monstrueux.

La trompette fait également des siennes en intro du morceau « Tibia » qui derrière se démerde tout seul avec ses riffs chargés aux amphètes qui nous torturent gentiment le cerveau.
L’intensité n’est jamais mise en défaut et on se délecte de ces longs passages instrumentaux souvent époustouflants. On regrettera seulement qu’il n’y ait que six titres. Car les 30 mn qui composent l’album défilent à la vitesse d’un train de marchandises.
C’est un morceau long de dix minutes, au titre improbable (« Teenage Mutant Crocodile Turtle »), qui vient clôturer l’opus. Il s’achève dans un final bien trippant où les larsens cohabitent de façon assez surréaliste avec une ambiance faussement jazzy.

Ces Messieurs n’ont pas peur de prendre des risques. Et à ce rythme-là le seul danger qu’ils courent est de voir une horde d’auditeurs impatients affluer tels des zombies à l’affût de leur prochaine livraison.

 

JL

 

Écoutez « Mirinda »

 

L’album sera disponible en version digitale le 1er avril sur toutes les plates-formes légales de téléchargement et de streaming (deezer, spotify, itunes, fnac, virgin, musicme, emusic…).

En version vinyle le 14 mai sur le site du label et chez les disquaires indépendants.

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